Pourquoi devient-on végétarien ?

Si vous avez un peu d'argent et que vous voulez manger une entrecôte saignante, n'allez surtout
pas dîner au Plaza Athénée. Alain Ducasse, le chef du restaurant triplement étoilé au Guide
Michelin a décidé de retirer la viande de sa carte. Un choix audacieux, confirmant une curiosité
croissante pour le régime végétarien depuis quelques années. Les végétariens représentent 
aujourd'hui 3% environ de la population française.Si ce régime reste marginal, le rapport du
ministère de la santé sur la dénutrition montre qu'un régime sans viande bien maîtrisé n'est pas
nocif pour la santé. Mais au-delà de l'argument sanitaire, d'autres raisons poussent souvent les
végétariens à changer leur alimentation. 

D'après un sondage OpinionWay datant de 2012, 75% des adeptes du végétarisme le sont 
pour ne pas faire souffrir les animaux. Pour le docteur Massimo Nespolo, coordinateur du
comité scientifique de l'Association des Végétariens de France, ce phénomène peut aussi 
s'expliquer par  l'élevage intensif moderne : « Les animaux utilisés comme nourriture passent
leur vie dans des cages et sont tués à la chaîne dans des conditions abominables. »
Des conditions dénoncées par les consommateurs et médiatisées : en 2012, l'affaire de la
viande de cheval présente dans plusieurs marques de surgelés avait levé le voile sur une 
industrie agro-alimentaire peu contrôlée. Plus récemment la ferme des mille vaches en 
Picardie avait soulevé de nouvelles questions concernant le traitement des animaux.
Massimo Nespolo s'interroge aussi sur les raisons qui nous poussent à consommer certaines
espèces et pas d'autres : « On caresse un chat mais on mange  un cochon, pourquoi? »

Pour d'autres, ne pas manger de viande est un démarche écologique :
En 2006, un rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization) révèle que l'élevage 
serait responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre, soit un peu plus que les 
transports. Les végétariens pointent aussi du doigt la place prédominante donnée à l'élevage
dans l'industrie agro-alimentaire. Le même rapport de la FAO montre qu'un tiers des terres
cultivables de la planète sont utilisées à produire l'alimentation des animaux d'élevage. 
« Transformer des protéines végétales en protéines animales signifie en gaspiller une bonne
partie » d'après Massimo Nespolo. « Pour produire un kilogramme de protéines animales
il faut trois à dix kilogrammes des protéines végétales. » Un gaspillage non négligeable alors
que 850 millions de personnes sont touchées par la faim dans le monde. 

Mais le végétarisme étant encore peu commun en France, certains végétariens se sentent 
marginalisés. 60% estiment que leur régime nuit à leur vie sociale. Pas facile de recevoir des
invités à manger quand ceux-ci sont habitués à manger fréquemment de la viande. 
Les végétariens peuvent en revanche désormais inviter à manger des amis au Plaza Athénée
l'excellence des produits et la qualité de la cuisine compensera largement le manque de viande. 
 

Prix du repas : 380 euros par personne, tout de même.


Maxime Linéatte

. 
Publicités

Expo « Août 1914. Tous en guerre ! » : La Grande Guerre, vécue par les civils.

Affiche publicitaire/Crédit: Archives Nationales

Affiche publicitaire/Crédit: Archives Nationales

A l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, les Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine proposent, du 19 septembre 2014 au 22 janvier 2015, une exposition commémorative abordant cet évènement sous un angle inhabituel, délaissant volontairement les guerres de tranchées pour s’intéresser à l’implication et l’organisation civile.

Le bruit sourd des canons, la terre mêlée de sang, les cris déchirants… Il y a de fortes chances pour que vous vous soyez déjà projetés au cœur d’un champ de bataille, lors d’un cours d’histoire, ou au détour d’une exposition. Et pour cause, l’histoire s’est toujours intéressée aux héros, et à ce titre aux soldats qui vécurent l’horreur des tranchées. Ce qui se passe loin du front passe donc souvent au second plan. Afin de commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale, les Archives Nationales organisent cet automne une exposition qui se détourne de cette approche militaire classique, afin de se concentrer sur le quotidien des Français qui sont restés loin du front, et ont vécu la Guerre depuis l’ « arrière ».

Chronologiquement parlant, l’exposition couvre une période assez courte, depuis l’entrée en guerre de la France et sa mobilisation générale jusqu’à la bataille victorieuse de la Marne et le fameux « épisode des taxis », soit trente-six jours du 2 août au 7 septembre 1914. Cette reconstitution des premiers jours de la guerre vécue de l’extérieur a été rendue possible non seulement par les nombreux documents inédits issus des collections des Archives Nationales, mais aussi par ceux fournis par une trentaine de généreux prêteurs, permettant d’étoffer une exposition qui nous en apprend donc plus sur la façon dont les Français ont adapté leur vie quotidienne à ce conflit aussi soudain que démesuré, et sur la gestion de cette crise alors sans précédent sur le territoire français, à tous points de vue : comment s’organiser sur le plan social, comment maintenir tant bien que mal l’économie et la finance, comment gérer les industries, mais aussi s’occuper des soldats blessés et convalescents de retour du front… Autant de préoccupations nouvelles pour les civils, dont les documents de cette exposition témoignent.

Une exposition vivante

Le visiteur découvre ainsi pêle-mêle des cartes postales, des photos de familles, des correspondances, des rapports de préfets au ministre de l’Intérieur, des traités, des documents de lois, des avis du gouvernement, mais aussi des petites annonces tirées de journaux, voire des publicités, ainsi que quelques films d’époque. Autant de documents qui apportent un éclairage nouveau sur la vie des civils, qui permettent de comprendre que la guerre ne fut pas seulement une affaire militaire, et que la mobilisation civile, dans un contexte d’union sacrée, fut déterminante à l’heure de démarrer cette guerre.

En parallèle à cette exposition, le comité d’organisation, composé notamment des conservatrices en chef des Archives Nationales Isabelle Chave, Michèle Conchon et Roseline Salmon, propose différents programmes, entre visites guidées, ateliers pédagogiques à thèmes, et surtout un cycle d’initiation à la recherche d’archives en cinq sessions, s’adressant aux archivistes en herbe comme aux confirmés, permettant à ceux qui le désirent de pousser la recherche et la découverte encore plus loin. Cette activité autour de l’exposition contribue à la rendre vivante, et apporte la preuve que celle-ci s’adresse autant aux curieux soucieux d’effectuer leur devoir de mémoire qu’aux professionnels de l’histoire capables d’apporter leur pierre à l’édifice.

Informations pratiques
Archives nationales
59, rue Guynemer
93380 Pierrefitte-sur-Seine
Métro ligne 13, Saint-Denis université.

Du lundi au vendredi de 9h00 à 16h30, parfois le samedi de 9h00 à 16h30
Entrée libre et gratuite

Geoffrey BERG
Publication visée: Presse généraliste parisienne (Métro, 20 minutes…)

Diglee, ou la montée en flèche d’une fille Gaga

Maureen Wingrove, connue sur la toile sous le pseudo de Diglee a publié ce 12 novembre un coffret de cartes postales qui lui permet, une fois encore, de progressivement passer du monde du web à celui de l’édition.

Cartes postales

Les cartes postales crées par Diglee

Maureen a étudié le dessin à l’école Emile-Cohl à Lyon, où elle rêvait de devenir illustratrice. En 2007, elle décide d’ouvrir son premier blog sur lequel elle partage ses propres dessins. Très vite, elle en fait un journal où elle raconte ses histoires de fille. Son auto-dérision et sa sincérité lui confèrent rapidement une certaine notoriété parmi les blogueurs : les filles se reconnaissent en elle, les garçons aussi, à leur manière. A travers ses dessins, la jeune Diglee se révèle tour à tour drôle, passionnée, déçue, en colère. Le blog devient un lieu d’échange et de partage. Elle explique elle-même que « le blog BD, c’était quand même une mine d’or : un nouveau mode d’expression, un terrain investi par les femmes, chose nouvelle dans la BD. C’était inédit et une chance en or de percer. » Son style féminin ultra rose et plein d’humour touche des maisons d’édition qui lui proposent des projets jeunesse, qu’elle accepte.

Et c’est en 2011 qu’elle se fait éditer, pour la première fois seule. Elle publie son Autobiographie d’une fille Gaga chez Marabout où elle mêle posts de son blog et planches inédites, toujours dans le même style, «  appelé « girly » par les commerciaux » comme elle dit. Elle enchaîne les publications avec un deuxième tome autobiographique, Confessions d’une Glitter Addict (2012, chez Marabout) et Forever Bitch (2013, chez Delcourt).

On connaissait la Diglee extravertie, qui ose se moquer d’elle, mais c’est aujourd’hui une autre facette d’elle-même qu’elle nous propose. Ce coffret de cartes postales à l’effigie de ses idoles féminines, qui l’ont inspirée prouve que Maureen, puisque c’est ainsi qu’elle signe ses post désormais, laissant de côté son pseudonyme Diglee, tend à présenter un autre aspect de sa personnalité au travers duquel elle espère que le lecteur pourra s’épanouir et se découvrir comme elle en a eu elle-même l’expérience. « [Elles] m’ont tant appris à devenir femme » explique la blogueuse. On retrouve les portraits de Virginia Woolf, Mata Hari, Frida Kalho, Simone de Beauvoir ou encore Marchesa Casati.

« Dans la vie j’ai toujours été un peu schizo : la supra sensible la tête dans mes livres, grand mère avant l’heure à mater en replay les documentaires d’Arte, et le troubadour qui raconte des histoires graveleuses ou se moque de son double menton sur les photos. Cette dualité, je la vis très bien, et je suis heureuse de pouvoir lui donner une forme professionnelle, d’emmener mes lecteurs avec moi dans mes deux univers. » Voilà ce que Maureen révèle lorsque la blogueuse parle d’elle-même.

Elle prévoit d’écrire un second tome de Forever Bitch, mais c’est son nouveau projet BD qui prime, Anna, dont la sortie est prévue en 2015. La dessinatrice raconte l’origine du projet : « C’est parti de la découverte aux puces d’une boîte de cartes postales de 1920 à 1925 ayant appartenu à une jeune femme appelée Anna, et qu’on avait censurées en collant des enveloppes au dos de chacune » Diglee décide alors de recréer l’histoire de cette femme des années 20, d’imaginer sa vie, ses aventures. Et c’est dans un style beaucoup plus mâture et sensible qu’elle établit les planches et le scénario avec un ami journaliste, Pa Ming.

Anna.

Planche du projet Anna, trouvée sur le blog de Diglee

Elle rapporte : « Aujourd’hui, à travers ce projet, je me pose vraiment la question de la place de la femme, de la liberté professionnelle, amoureuse, sexuelle. C’est finalement très lié à mon combat aujourd’hui pour l’égalité des sexes. » Car oui, Diglee, c’est aussi une jeune femme qui se dresse pour la cause féministe, et qui lutte activement contre l’inégalité hommes-femmes et le harcèlement de rue. Elle a d’ailleurs dédié un long post à ce sujet qui n’a pas manqué de provoqué de nombreuses réactions, pas uniquement chez femmes, et c’est là un point fort de son combat.

Harcèlement de rue.

Première vignette du post sur le harcèlement de rue, récupéré sur le blog de Diglee

Quand on lui demande ce qu’il en pense, Paul Manour, 27 ans répond un peu honteusement : « Je savais que ça existait, mais j’avais tendance à penser que les filles exagéraient, qu’elles jouaient les mijorées. Mais en fait je me rends compte que ça craint vraiment. Et je pense que grâce à des BD comme celles-là ou le Projet Crocodiles on peut sensibiliser d’autres mecs comme moi et leur faire prendre conscience de la situation. »

Diglee fait rire et inspire, comme a ri et été inspirée auparavant. C’est l’histoire qui se répète, et de nouvelles causes à défendre qui naissent.

Accès vers son blog : Diglee.com

Sources : Le blogueuse Diglee et Paul Manour, jeune homme âgé de 27 ans.

Publications envisagées : MadmoiZelle, les Inrockuptibles rubrique web, Marie-Claire rubrique société

Romane Guigue

Chocolate Factory de McCarthy: les derrières bien ficelés du marché de l’art contemporain

En octobre dernier l’installation d’un plug gonflable vert, énorme, place Vendôme, avait suscité de vives réactions de la part des parisiens. Cette oeuvre jouant sur l’ambiguïté de forme entre sapin de Noël et plug anal n’avait pas plus à tout le monde. Le lendemain de son installation l’artiste McCarthy s’était fait agresser et fut contraint de la désinstaller. Depuis, les discours sur l’installation se sont succédés dans la presse montrant une séparation entre les différentes réactions du public allant d’« ignominies pour les uns à opération marketing pour les autres » selon l’Express et laissant la question du coup de communication en suspens.

Depuis l’agression, l’exposition de McCarthy Chocolate Factory a repris le même plug gonflable allant s’installer cette fois à l’entrée de la Monnaie de Paris. La Chocolate Factory est une exposition déconcertante dans laquelle des hommes et des femmes habillés en lutin de Noël produisent des figurines en chocolat. 500 figurines sont fabriquées par jour, s’empilent sur d’immenses étagères avec bientôt 28000 figurines fabriquées.

Mais ce n’est pas tout, par la suite, lorsque l’on rentre dans la succursale, le bruit et la pénombre du lieu donnent quelque peu des allures d’asile, impression renforcée par les cris d’agonies et le grincement strident du stylo de l’artiste réalisant une performance vidéo. Le choc étant visuel, sonore mais aussi olfactif avec l’odeur de chocolat noir onirique et enfantin.

Si le choc est important, en 2014 ce genre d’installation ne surprend plus suffisamment pour attirer. Selon Alexane, jeune étudiante en L3 de médiation culturelle spécialisée en musée et exposition à la Sorbonne Nouvelle il existe un lien évident entre art et argent « le marché de l’art est aujourd’hui découpé en deux, avec d’un coté un petit marché, fréquenté par des gens cultivés mais qui ont des moyens limités et de l’autre un marché international au réseau fermé, réservé aux hyper riches et qui concerne surtout l’art contemporain. »

Dans ce contexte l’installation d’art contemporain « Tree » place Vendôme pourrait faire écho à un autre type d’installation, celui de la valise géante Louis Vuitton sur la place rouge de Moscou. De la même façon elle fut retirée quelques jours après sa mise en place suite aux réactions négatives de la population, à la différence près qu’il ne s’agissait pas, dans ce cas, d’une installation artistique mais d’une campagne de communication aux fins lucratives.

Mais ce serait se hâter de faire un rapprochement aussi direct, Paula, médiatrice culturelle aux actions pédagogiques de l’exposition, qui a rencontré McCarthy, remet en doute l’idée de provocation à des fins lucratives: « L’artiste, honnêtement, il n’en savait rien, il a été extrêmement surpris, il se repositionne par rapport à ça. McCarthy ce n’est pas de la provoc il fait une sorte d’art burlesque qui dénonce la société de consommation et ne s’attendait pas à ce que ça suscite des réactions extrêmes. Il a placé cette œuvre sur la place Vendôme suite à une invitation de la FIAC*, ce n’est pas lui qui a choisi. »

Ainsi, si il n’est pas certain que l’artiste ait été conscient des réactions qu’auraient pu susciter cette installation, la FIAC qui réunit chaque année des acheteurs du monde entier est plus connue pour ses coups médiatiques. Son ouverture s’est d’ailleurs fait remarquer cette année par la rencontre organisée entre le premier ministre Manuel Valls et l’ancienne escort-girl Zahia. Quelques photos ont été prises permettant de faire le buzz et de garantir une plus grande visibilité de la foire dans les médias.

Dans un contexte où le marché de l’art est de plus en plus préoccupé par les questions économiques, certaines dérives peuvent survenir, pouvant même aller peut-être aujourd’hui jusqu’à l’agression de certains artistes.

 

Leccia Lilian

*Foire Internationale d’Art Contemporain

Crédit photo: Flickr Creative Commons de C-Monster

Publication: Fastncurious.fr, Stratégies, Influencia

La Cité des Sciences en pleine puberté

Exit la bonne vieille éducation sexuelle à l’école, désormais, on apprend à embrasser grâce à l’ « essoreuse à langues », et on découvre la fécondation à travers le « Rallye des spermatos ».

Capture d’écran 2014-11-28 à 18.49.30

L’affiche de l’exposition.

Ciblant toujours les 9-14 ans, l’exposition s’ouvre à de toutes nouvelles perspectives. Avec la prise en compte du développement des technologies, d’Internet et des réseaux sociaux, elle tend toujours à vouloir répondre aux grandes questions des enfants sur le sexe, tout en gardant son côté ludique et décalé.

  « Je n’aime pas en parler, mais ici, ça me dérange moins »

Pour Camille Reyboz, responsable de l’information presse pour l’exposition, celle-ci se veut délibérément amusante, « afin que les jeunes visiteurs abordent sans réticence cette exposition dont le sujet n’est pas comme les autres. »

A travers quarante petits ateliers, enfants et parents découvrent les notions de base de l’éducation sexuelle telles que l’amour, la puberté, les relations sexuelles, la procréation et la prévention, mais sans oublier des thèmes importants de nos jours comme le respect, l’égalité des sexes et le droit à la différence.

Légère, « Zizi Sexuel l’expo » ne se veut pas vide de contenus pour autant. Avec l’aide de scientifiques et de professeurs de l’Education Nationale, l’exposition apporte de véritables savoirs sur des sujets qui sont souvent très tabous chez les jeunes. « Je n’aime pas en parler, mais ici, ça me dérange moins » lance Théo, 11 ans.

 Le zizi sexuel ne plaît pas à tout le monde.

Inspirée par « Le guide du Zizi Sexuel » de Zep et Hélène Bruller, l’exposition n’est pourtant pas du goût de tout le monde, à l’instar de l’association « SOS Education ».

En effet, cette organisation est à la tête d’une pétition, lancée le jour de l’ouverture de l’exposition, et symboliquement baptisée « Non au zizi sexuel ». A ce jour, elle a recueilli plus de 40’000 signatures.

Comme on peut le lire sur le site internet de l’association, « certaines représentations et mises en scènes sexuellement explicites peuvent être de nature à choquer les enfants les plus jeunes. ».

Ces réactions ne sont pas sans rappeler les débats sur le genre et la place de celui-ci dans l’éducation, qui ont secoués le début de cette année en France. Toujours selon les revendications de SOS Education, il est nécessaire « d’informer préalablement les parents du contenu de cette exposition (…) et de donner aux parents le droit de s’opposer à ce que leurs enfants s’y rendent. ».

D’une manière ou d’une autre, « Zizi Sexuel l’expo » amène à parler, pour briser les tabous sur la sexualité et les différences, qui ponctuent encore les cours de récréation.

Crédit photo :  http://www.cite-sciences.fr/fr/accueil/

VALENTE Dylan, 21203019.

Publication visée :  http://www.expointhecity.com

Comment devient-on directeur d’un restaurant?

     Pierre-Baptiste Butel, 23 ans, est devenu il y a deux semaines directeur de La Mangerie, restaurant de tapas très apprécié par les parisiens, situé en plein coeur du Marais.

1939496_779338292079133_2003424297_n     Pierre-Baptiste n’a pourtant suivi aucune formation dans la restauration. Après un bac S, il a effectué deux années en école de comptabilité, et ne possède do
nc pas de diplôme de l’enseignement supérieur. Il a découvert le concept de La Mangerie il y a deux ans, et y est devenu chuteur, c’est-à-dire chargé de faire respecter le silence devant le restaurant. Quelques mois plus tard, Serge, le fondateur de La Mangerie, le fait rentrer comme serveur, où il deviendra ensuite responsable de salle. Mais l’ascension ne s’est pas arrêtée là, car lorsque Serge a commencé à envisager la possibilité d’ouvrir de nouveaux restaurants, il a pensé à Pierre-Baptiste pour devenir directeur de l’un des établissements.

     Cette décision se trouve selon Pierre-Baptiste dans la continuité des choses, de part son implication dans le restaurant et son sérieux. Il est aussi important de préciser que La Mangerie est essentiellement basée autour du rapport au client, celui-ci devant se sentir accueilli comme chez lui et accompagné tout au long de la soirée. Les clients aiment en effet à être connus et reconnus, car ils savent qu’ils seront bien accueillis. Cette connaissance des clients, que Pierre-Baptiste avait pu acquérir au cours de ces deux dernières années, était donc une condition essentielle pour que ce dernier puisse reprendre le flambeau.

     La restauration n’était pourtant pas dans les projets de Pierre-Baptiste. Ingénieux et plein d’initiatives, il se destinait plutôt à un avenir d’entrepreneuriat, ayant déjà fondé sa société de nettoyage de scooters. Ce concept a pourtant cédé le pas à la carrière de Pierre-Baptiste dans la restauration, carrière dans laquelle il a voulu progresser dès qu’il l’a découverte. Si il ne sait pas si il compte passer sa vie dans cette voie, il sait pourtant qu’elle marquera désormais sa vie professionnelle.

     Quand on lui demande cependant s’il regrette de ne pas avoir suivi de formation dans ce domaine, il déclare pourtant que selon lui cela n’était pas indispensable. En effet, la restauration est d’après lui un métier qui s’apprend sur le terrain, en tout cas pour les petits restaurants, le monde du luxe nécessitant plus probablement une formation spécifique. Cependant, il en apprend tous les jours et découvre régulièrement à gérer de nouvelles responsabilités. De plus, il expliquait que même avec une formation, chaque entreprise avait ses spécificités auxquelles il faut s’adapter. 

     Il n’est pourtant pas toujours facile de reprendre le flambeau de la main de celui qui l’a créé. En effet, le concept de La Mangerie dépend au départ énormément de la personnalité flamboyante et chaleureuse de Serge. Comme le résume Pierre-Baptiste: « C’est un peu comme habiter chez lui, et devoir faire avec ses meubles ». Il était donc nécessaire pour les deux hommes de bien se connaitre et de s’apprécier, pour arriver à conserver la clientèle originelle tout en en fidélisa10414606_813624685317160_7259888589738352746_nnt une nouvelle.

     Pour avoir justement la possibilité de s’approprier entièrement les lieux et de reprendre au mieux la gestion, Pierre-Baptiste ne compte pas les heures passées au restaurant. Il reconnait que c’est un métier assez contraignant, qui peut affecter la vie personnelle. L’apport de ce métier est cependant important, Pierre-Baptiste ayant par exemple l’occasion de faire de nombreuses rencontres, et de profiter chaque jour d’une nouvelle soirée.

     De plus en plus de personnes se lancent ainsi dans la restauration sans forcement y avoir été formé, ce qui permet un renouveau des concepts et des pratiques très enrichissant.

Sources images:

Mathilde ILLARET

Publications: journaux d’entrepreneuriats, de restauration ou de lifestyle.

Le festival du film d’ARTE se décline sur grand écran

Tous les deux ans, ARTE organise un festival de film qu’elle a coproduit. Après un premier évènement diffusé seulement à l’antenne en 2010, la chaîne a présenté durant un week-end des films au cinéma Etoile Lilas en 2012. Cette année, la programmation s’étend sur une semaine au Luminor hôtel de Ville à Paris. Agnès Buiche Moreno, attachée de presse à ARTE Cinéma, précise : « le distributeur François Yon qui a repris l’exploitation du Luminor en collaboration avec Bertrand Bonello nous a fait la proposition, à la fin de l’été, de diffuser nos films. Sa programmation est tout à fait en accord avec le cinéma que nous défendons ». En effet, depuis quatre ans, le Festival du film d’ARTE met en avant le cinéma d’auteur et permet à la chaîne de diffuser ses meilleures coproductions, de promouvoir la culture et de soutenir une certaine éthique.

Au programme, 28 films dont certains sont accompagnés de débats et de rencontres avec les réalisateurs. A l’étage, des spectateurs participent au brunch en présence de Céline Sciamma, auteur de Tomboy et de La naissance des pieuvres et de Bertrand Bonello, réalisateur de L’Apollonide. L’esprit convivial développé par les organisateurs, rapproche les spectateurs du monde du cinéma. Maria et Violetta, deux étudiantes Erasmus sont enchantées d’y participer : « Nous avons découvert la chaîne de télévision ARTE dès notre arrivée en France. Nous aimons certains réalisateurs français comme Céline Sciamma. Nous apprécions beaucoup la langue française. Dans Tomboy, nous y avons retrouvé une part de sérénité. Il y a quelque chose de beau et de raffiné ». Corentin, stagiaire en alternance à ARTE Cinéma mentionne : « ici, plusieurs genres cinématographiques ont voulu être mis en évidence ». En effet, drames, comédies, films sociétaux et historiques se partagent l’écran. Un cinéma et des réalisateurs européens sont particulièrement représentés. Notamment, selon Agnès Buiche Moreno « ceux qui nous sont fidèles et dont nous avons produit le travail sur plusieurs années ». « C’est aussi une manière d’aller à la rencontre du public et de la même façon nous voulons que celui-ci porte un regard différent sur le cinéma » rajoute Corentin. « Nous souhaitons avant tout montrer au public la qualité et la diversité du cinéma d’auteur et fidéliser les spectateurs. Leur montrer que ARTE n’est plus cette chaîne « intello » et que grâce à elle, des films plus fragiles se produisent et qu’ils peuvent rencontrer leur public ».

Les soirées consacrées aux avants premières débutées par Pasolini d’Abel Ferrara se poursuivent ce soir avec Snow therapy. Un court film d’animation précède la séance. Hélène Vayssières, la responsable des courts et moyens métrages d’ARTE France a sélectionné de récentes réalisations produites par la chaîne. La salle, composée de petits groupes d’amis, est pleine à craquer. Le présentateur accueille les spectateurs en toute simplicité puis présente le film avec passion. Il remercie la participation de chacun pour la bonne ambiance du festival. En cours de séance en effet, la salle réagit par des murmures et certaines scènes déclenchent parfois un fou rire général. Parmi les spectateurs, se côtoient étudiants et retraités, français et européens. Ainsi, la diversité culturelle renforce cette image souhaitée par la chaîne.

La salle unique du Luminor prolonge à la sortie une ambiance aussi animée que le brunch. Les spectateurs partagent réactions et ressentis des scènes. Les commentaires vont bon train et animent tardivement la rue. Puis, les spectateurs se dispersent, les yeux remplis d’images et d’émotions.

Marion Pericaud

Publications envisagées : La Monde Culture – Libération – Télérama

Photographies: http://www.arte.tv

Montage : Marion Pericaud