Last Train, ou comment avoir un train d’avance sur la musique rock aujourd’hui

Aucun album à leur actif, ni même de prévu prochainement, et pourtant, tous les festivals se les arrachent. Cela va faire près de deux ans qu’ils enchaînent les concerts sans chômer, aussi bien en France qu’à l’international. Récemment en première partie de Johnny Hallyday à l’AccorHotels Arena, ils ouvriront également pour Muse cet été aux Arènes de Nîmes.Mais comment en sont-ils arrivés là ? Ça, c’est la grande question, d’autant plus qu’ils ne sont même pas parisiens.

Jean-Noël, Antoine, Julien et Tim n’étaient alors que des collégiens lorsqu’ils ont décidé de fonder ensemble le groupe Last Train, en 2005. S’ils ne se souviennent plus vraiment d’où leur est venue l’idée de ce nom singulier, ils ont cependant créé le groupe pour « kiffer » et « se faire plaisir » comme ils le disent eux-mêmes.

A cette époque, ils puisaient d’ailleurs leur inspiration dans un peu tout ce qu’ils écoutaient et produisaient alors une sorte de véritable brainstorming musical, sans réelle direction mais pourvu du peps nécessaire et de la fougue de leur jeunesse. En 2013, ils remportent ainsi le concours « Tremplin SFR Jeunes Talents » et jouent au festival « Le Printemps de Bourges » qui les propulse au devant de la scène française. En 2014, ils enchaînent alors une tournée de concerts dans toute la France et se décident à sortir un EP 5 titres aussi détonnant qu’impressionnant, intitulé « The Holy Family ».

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Prenant peu à peu leur marque dans le monde pourtant difficile de la musique, les Last Train décident de s’émanciper totalement et montent leur propre label, « Cold Fame Records », qu’ils inaugurent en janvier 2015. Ce sont eux qui s’occupent de tout: la promo, les clips, la production, jusqu’à l’organisation de leurs tournées dans les moindres détails.

Comme le dit Tim, le bassiste, ils ont voulu faire leurs preuves et montrer ce qu’ils savaient faire: « Au début, lorsque nous n’étions pas encore très reconnus, on faisait déjà tout ça, et on s’est rendu compte que ça nous plaisait plutôt bien, alors on a créé le label pour être au centre de toutes les décisions mais aussi pour pouvoir s’occuper d’autres groupes ». Comme le rajoute Jean-Noël, le chanteur, « ce choix a vraiment été longuement réfléchi, ce n’était pas une décision à prendre à la légère car ça nous donne vraiment beaucoup de travail mais au moins on est complètement indépendant et libre de faire ce dont on a réellement envie. » Un choix plutôt judicieux donc, car ça marche plutôt bien pour eux !

À tout juste la vingtaine, le quatuor tient donc les rênes d’un groupe très prometteur. Ambitieux sans être prétentieux, un brin timide même, ils redonnent un véritable coup de fouet aux jeunes groupes de la scène française actuelle.

Comme beaucoup d’autres musiciens français, ils ont d’ailleurs fait le choix de mettre la langue de Molière au placard et de chanter exclusivement en anglais, qui « sonne vraiment mieux » selon eux. Comme le dit Antoine, le batteur, « les paroles c’est plutôt secondaire en fait, parce qu’on compose toujours l’instrumental avant et ensuite on écrit la chanson ».

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Cependant, ils ont trouvé le moyen de se démarquer des autres groupes, grâce au grain de voix « rugeux », mais pourtant des plus agréables, de Jean-Noël, qui fait tout le charme et l’unicité de leurs mélodies.

Dans la lignée de Black Rebel Motorcycle Club ou encore Band Of Skulls, parfois même aussi envoûtant que les Doors, Last Train sait comment faire vibrer son public dans un dynamisme fulgurant et un son brut qui tendait pourtant à disparaître. Leur secret, c’est la scène. Le live. C’est l’ambiance brûlante, l’émotion partagée avec le public, l’adrénaline procurée par la foule en délire. Sur les planches, rien à dire, ils savent ce qu’ils veulent !

Après une Maroquinerie à guichet fermé le 10 Mars dernier, ils joueront ce lundi 4 Avril au Festival Chorus à La Défense. Après un été sur les routes pour leur tournée internationale « The Holy Family », que vous pouvez retrouver ici, ils termineront l’année en beauté avec trois dates parisiennes. C’est donc le moment d’aller les voir, avant qu’ils ne remplissent des salles comme l’AccorHotels Arena à eux-seuls. Ces gars-là ne sont décidément pas près de s’arrêter ! Et c’est tant mieux.

Courtois Melody

697 mots

Crédit photos article: Yann Orhan  &  crédit photo image à la une: Bobby Allin
Source: Tim Gerard, Jean-Noël Scherrer, Antoine Bashung, Julien Peultier (Last Train)

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Publications envisagées: Les Inrockuptibles, Rock & Folk

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Josman et la construction de ses « Echecs Positifs »

Respect, partage et dépassement de soi, voilà les trois grandes valeurs de la culture Hip Hop. Une chose est sûre, c’est que Josman y est attaché. Il a commencé à rapper à l’âge de 15 ans, il a aujourd’hui 22 ans et le rap devient un art qu’il prend de plus en plus au sérieux. Ce sérieux s’exprime à travers la création de son premier EP commercialisé, « Echecs Positifs« , qui sera disponible en Janvier 2015.

Josman

Josman lors du tournage du clip « BOSS »

Dans sa chambre, l’ordinateur constamment allumé, des onglets ouverts se multipliaient. Il a dévoré des heures de vidéoclips des plus grandes icônes du rap français ou américains, allant de Lil Wayne à Lunatic. Une envie se fait sentir, Josman ne veut plus être un simple spectateur, il veut à présent apporter sa pierre à l’édifice du rap français. La province l’étouffe, un allé simple direction la capitale est réservé.

Après son titre de champion End Of The Weak Paris (événement international d’improvisation), la notoriété de Josman s’accroit, à tel point qu’il attire l’attention de Vladimir Boudnikoff, gérant du label Studio Vova. Les portes du label s’ouvre à lui et lui offre de nombreuses opportunités comme par exemple un studio d’enregistrement et des vidéoclips de qualité professionnelles ou bien une visibilité à la télévision sur la chaine Ofive TV. Cette chance redéfinit les objectifs du rappeur, le rap n’est plus un jeu, c’est une profession et c’est cette prise de conscience qui va l’amener à la création de son premier EP commercialisé. Le projet s’appelle « Echecs Positifs », sa diffusion est prévue pour Janvier 2015. C’est donc l’occasion de rencontrer Josman afin d’obtenir plus de détails sur la construction musicale de son premier effort.

« J’ai du essuyer des échecs dans la musique et dans d’autres domaines pour en arriver là. Ce sont mes Echecs Positifs »

Des Echecs Positifs diversifiés

Avant d’être un produit commercial, Echecs Positifs représente avant tout une évolution musicale. Le rap de Josman ne se résume plus à un simple son lancé sur le vaste paysage d’Internet. Ce projet composé de neuf titres peut être comparé à une construction, à la fois identitaire et musicale. L’artiste affirme : « ce projet est une continuité de ma personne ».

Il est vrai que dans le titre BOSS, où Josman se présente comme le renouveau du rap français et dans le titre Mon Âme, morceau composé autour d’une relation amoureuse, on retrouve une « âme commune », un « grain » comme le défini lui même le rappeur. Et ce malgré deux thèmes totalement opposés. Cette diversité de thèmes et d’ambiance sonore est voulue, c’est même l’axe principal sur lequel s’est basé Josman pour construire ce projet : « Je ne veux pas être placé dans une case spécifique de rap », une qualité également reconnue chez le rappeur américain Kendrick Lamar.

Cover de l'EP "Echecs Positifs"

Cover de l’EP « Echecs Positifs »

Ouvrir son esprit pour évoluer

En terme de musicalité, on ressent cette diversité dans le choix des instrumentales notamment avec des influences TRAP ou expérimentales. Pour Echecs Positifs, Josman a fait appel à plusieurs compositeurs où chacun apporte une ambiance musicale qui lui est propre. On retrouve notamment Machynist (présent sur l’album de Niro), Salopardo, Sotto, Magnetik et Josman lui même. Cette variété apporte une multitude de couleurs, de saveurs musicales et vient également traduire l’ouverture d’esprit du rappeur. Influencé par Ty Dolla $ign ou bien Drake, Josman ose les refrains « chantés », il fait la musique qu’il aime entendre et met en avant son désir « d’accepter et de contribuer à l’évolution du rap sans rester dans la nostalgie de l’âge d’or ».

Avec plus de maturité artistique et de professionnalisme, Josman compte sur ce premier projet pour apporter un rap plus sérieux avec des textes profonds et une musicalité diversifiée spécifique. Même si sa musique représente un amour personnel, l’artiste espère toucher sa génération et les amoureux de poésie rythmée à travers sa sincérité.

Marius Gonzalez

Photographies : Vladimir Boudnikoff

Publications envisagées : Booska P / Ofive / Be Street 

Guy Dessut : « Kraftwerk irradie tout mon être »

Rencontre avec Guy Dessut, fan de Kraftwerk, les pionniers de la musique électronique, qui ont investi du 6 au 14 novembre la Fondation Louis Vuitton. Ce toulousain de 51 ans nous fait partager sa passion, qui l’a notamment poussé, un jour, à frapper à la porte d’un membre du groupe.

Guy Dessut, passionné par Kraftwerk.

Guy Dessut, fan de Kraftwerk.

Nous sommes en 1975. Guy vient d’avoir 12 ans. Alors qu’il est en cure dans la station thermale de Luchon, il entend au loin une mélodie. Intrigué par ces sons inhabituels, il découvre qu’ils proviennent du logement d’à côté. Fenêtres ouvertes, son voisin passe à fond le même titre en boucle, toute la journée. Radioactivity de Kraftwerk. C’est pour lui un véritable choc musical, il raconte : « J’écoutais quelque chose que je n’avais jamais entendu. C’était un son différent avec des sonorités très froides, glaciales. Ce qui m’a tout de suite plu, c’est l’aspect désespéré de la musique ». Débutent alors quarante années de passion…

En 1982, à l’âge de 19 ans, il se rend à Düsseldorf, où les deux membres fondateurs, Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter se sont rencontrés. Ce voyage en Allemagne lui permet de comprendre ce que Kraftwerk voulait exprimer dans sa musique. Une industrialisation de la société allemande, avec ses villes froides, éclairées par la lumière des néons. Arrivé là-bas, il obtient grâce à l’office du tourisme local, l’adresse du domicile de Hütter, il se souvient : « il habitait dans la Tiergartenstraße. Je me suis rendu devant sa maison, j’ai frappé à sa porte en espérant le rencontrer, malheureusement en vain ».

Au fil du temps, Guy a acheté les vinyles, accumulé les reprises et autres disques pirates. Il a également conservé les revues faisant référence au quartet. Chez lui, on retrouve un magazine Rock&Folck de 1981, qu’il relit de temps en temps avec nostalgie. Dans les années 80, ce type de mensuel était l’unique moyen de s’informer sur d’éventuels concerts, à une époque où les réseaux sociaux et internet n’existaient pas.

Le spectateur

Plus que quelques minutes à tenir. La scène s’éclaire enfin. Quatre hommes apparaissent derrières leurs machines, quasi-immobiles. Devant 300 personnes, ils enchainent les morceaux avec précision. En cette année 1981, Guy voit pour la première fois les quatre musiciens, qui font étape à Toulouse. De cette soirée, il retient le rappel « exceptionnel », où chaque musicien joue côte à côte avec un mannequin à son effigie. Puis il y aura Sónar, en 1998, le festival de musiques électroniques de Barcelone. En 2002, il est également présent lors de leur passage dans la capitale parisienne, à la Citée de la Musique. Et plus récemment aux festivals des Nuits Sonores, le 1er juin dernier à Lyon.

Kraftwerk en concert à Tokyo en 2013.

Kraftwerk en concert à Tokyo en 2013.

Cette passion pour le groupe, Guy n’a pas cherché à la transmettre. Mais sa famille l’accompagne de temps en temps : «  Mon fils de 20 ans est venu plusieurs fois. Il n’apprécie pas autant que moi. Mais il est quand même sorti du show bouche bée ! ».

Une pièce de musée

La Fondation Louis Vuitton, située à Paris au cœur du bois de Boulogne, a accueillie pour 8 soirées la formation allemande. Elle dispose de 11 700 m2 dédié à la création artistique et à la culture. Kraftwerk, dont l’œuvre va au delà de la musique, a trouvé ici un endroit à sa mesure. Chaque soir, un album différent. Guy, qui ne pouvait manquer ce rendez-vous sous aucun prétexte, a donc choisit The Mix, qu’il qualifie comme étant « le plus fédérateur de leur répertoire ». A la sortie de la salle, il livre ses impressions : « le public, intergénérationnel, était dans un état hypnotique. Les 2h15 sont passées à une vitesse folle ». Malgré l’absence de ses titres préférés, Electric Café et Les Mannequins, il ressort « un son parfait et une set-list très équilibré ». Une preuve encore que c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe.

Yann Baudic, le 28 novembre 2014, Paris

 Sources des photos : 1ère photo – Yann Baudic, 2ème photo – Takahiro Kyono/Flickr Creative Commons            Publications envisagées : Les Inrockuptibles, Tsugi

Un Premier single pour une nouvelle vie – Vincent Rossi

Après neuf mois de travail acharné, Avalanche alias Vincent Rossi, ancien étudiant de physique de 21 ans, a sorti son tout premier single, « Les Aviateurs », le 10 novembre dernier. Si depuis toujours les inspirations et sources musicales de ce jeune chanteur français sont soul, hip hop et r’n’b (Erykah Badu, Justin Timberlake, Beyonce) ou encore rock (Coldplay), c’est un titre et un album particulièrement électro que Vincent nous fait découvrir. « La plus grande difficulté est de faire la différence entre ce que l’on aime et ce que l’on peut faire ». En effet, après plusieurs tentatives de compositions Vincent s’est très vite rendu compte que sa voix, profonde et pleine de respiration, collait plus à un style électro que soul. L’électro représente aussi pour lui un style de musique grâce auquel tout est possible n’ayant aucunes contraintes.

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Si Vincent a choisi le pseudonyme assez particulier qu’est Avalanche, c’est qu’il ne souhaitait pas faire comme les autres artistes et avoir une identité classique avec un prénom et un nom. Avalanche représente pour lui l’idée d’un concept, d’une marque. A l’image de Docteur Jekyll et Mister Hyde, Avalanche est l’alter ego de Vincent Rossi, qui lui permet de sortir de sa timidité et d’oser faire des choses qu’il ne ferait pas en temps normal comme « danser avec un manteau de fourrure sur une colline et nager dans la mer tout habillé sous le regard des touristes », ce qu’il a fait pour son premier clip réalisé par un jeune réalisateur de 19 ans, Jeoffrey Lecomte.

« Les Aviateurs » est le premier single tiré de l’album intitulé « L’homme de la pluie », album concept où chaque chanson nous raconte l’histoire d’un homme découvrant pour la première fois la société et décidant de s’offrir à elle. C’est un album à la fois personnel, l’homme de la pluie représentant le chanteur lui-même, mais à portée universelle auquel tout individu peut s’identifier, ayant pour principale caractéristique la quête d’identité.

 Auteur de ses propres chansons et porté par une écriture spontanée, le jeune artiste confie que l’idée du titre « Les Aviateurs » lui est venue « comme ça ».  C’est un artiste qui écrit peu mais vite à l’image d’un de ses prochain titre « Je veux danser », qu’il a écrit en cinq minutes dans le métro et sur le bloc-notes de son téléphone. Pour son premier album, Avalanche réutilise des chansons qu’il a écrites dans son adolescence.

Ancien étudiant de physique, Vincent a toujours voulu faire et vivre de sa musique. Dès ses 5 ans, il s’enregistrait chanter sur des cassettes. Sa mère, ancienne chanteuse et principal soutien, lui a toujours fait partager et découvrir la musique ainsi que des artistes tels que Lynda Lemay, d’où son amour pour les chansons à textes.

Mais la vie du jeune adolescent écrivant des textes et faisant de la musique dans sa chambre a basculé lors de sa rencontre avec Maureen Angot, ancienne candidate de l’émission populaire Star Academy, qu’il a rencontré en 2008. Cette rencontre a été plus que primordiale pour le jeune homme car, en le prenant sous son aile, Maureen lui a permis d’entrer dans le monde de la musique et d’avoir ses premières expériences musicales. Maureen représente un véritable soutien pour le jeune artiste qui confie que « sans cette rencontre, les choses n’auraient peut-être pas été les mêmes ».

 Avalanche met sa plume au service d’artistes féminines, telles que Maureen Angot ou Juliette Katz, attiré par la force et la sensualité qu’elles dégagent. Une seconde vocation pour le jeune artiste.

Un deuxième album, plus sensuel et une série de concert sont en cours de préparation. Avalanche sera en concert le 19 décembre au Watt et en février au Favela Chic.

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Mallaury CARBETI

Publication : Les Inrocks

Sources photos : Lenny Guetta (première photo) et Clémence Paradis (deuxième photo)

Clara Brenier, la jeunesse qui enchante.

La musique est au cœur de sa vie. A 25 ans, Clara a décidé de fonder et de diriger son propre ensemble vocal.

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Un parcours de musicienne

Clara Brenier est une passionnée. Après quinze années d’études de piano au conservatoire, elle termine actuellement un Master de musicologie à la Sorbonne, qui porte sur la musique de film de Jean Wiener.

Cette année, elle a choisi d’ajouter une corde à son arc, et d’intégrer la classe de direction de chœur de Caroline Gaulon au Conservatoire de Cergy-Pontoise. La théorie et la pratique de la musique ne vont pas l’un sans l’autre. D’ailleurs, Clara explique : « La plupart des instrumentistes s’intéressent à la pratique musicale, et une majorité de musicologues ne s’intéresse qu’à la musicologie sans prendre en compte la technique. Je pense que les deux sont indissociables. On ne peut pas être un bon instrumentiste sans s’intéresser à la musicologie et vice versa ».

La direction est un rêve d’enfance puisque Clara raconte amusée : « A l’âge de six ans, j’écoutais des cassettes en boucle en mimant la gestuelle des chefs d’orchestre. Le crayon à papier remplaçait la baguette ». Les cours de chœur école qu’elle suit une fois par mois au conservatoire ne lui suffisent pas. Clara souhaite pouvoir s’entraîner régulièrement, elle créée donc sa propre chorale « Les Oréades » en novembre 2013.

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Une chorale originale

Les chefs de chœurs sont très recherchés en région parisienne, donc Clara a commencé par consulter des annonces sur des sites spécialisés. Cependant, les offres proposaient surtout des chorales d’enfants ou de retraités, souvent trop éloignées de Paris. Ce n’était pas en accord avec son projet. Elle entreprend de former une chorale d’un bon niveau, mais aussi ouverte aux amateurs pour « Créer une jeunesse dans l’univers des chorales ».

Clara Brenier a dû se renseigner sur les formalités administratives nécessaires à la création d’une association. Une fois la présidente, la secrétaire et la trésorière trouvées, la base des Oréades était formée. Les annonces n’ont pas du tout fonctionné pour le recrutement de choristes, c’est grâce à son réseau qu’elle a pu constituer un groupe de choristes motivés qui ont eux-mêmes recruté des personnes de leur entourage.

Pour être efficaces, les chanteurs doivent se sentir bien, la chef de chœur précise: « Mes répétitions sont organisées. On commence toujours par un travail sur le corps, pour que le chanteur réussisse à se détendre complètement et à oublier les tensions extérieures. Mais pour BIEN chanter, il faut re-tonifier le corps car chanter c’est comme faire du sport… Après la répétition, les choristes ressortent plus souriants et détendus ». Aujourd’hui, la chorale est composée de musiciens et d’amateurs. Ils arrivent à avancer au même rythme soutenu qui est imposé par la fréquence des concerts. Cela est rendu possible grâce à Clara Brenier qui soutient et accompagne de très près les amateurs en leur envoyant des fichiers audio pour simplifier leur compréhension, en prenant plus de temps pour eux, etc.

L’objectif de la chorale est de se produire en concert le plus souvent possible (en moyenne quatre fois par an) pour se faire connaitre et fidéliser le public, mais aussi créer un lien entre les choristes. Ainsi un premier concert a eu lieu en décembre, puis un deuxième en mars, au profit de l’association Lud’éveil, qui intervient auprès d’enfants autistes. Lors de ce concert, le nombre d’entrées a doublé, et la chorale est passée de dix à quinze choristes.

Le succès de ces concerts est en partie expliqué par les choix de la chef de chœur. Pour chaque concert, les pièces vocales et les pièces instrumentales interprétées par les choristes s’articulent autour d’un thème (« les compositeurs français, de la Renaissance à nos jours» et « Le voyage » par exemple). Clara souhaite exploiter toutes les qualités de ses chanteurs : « J’ai des musiciens, autant en profiter ». Les pièces instrumentales ajoutées aux chants participent à l’originalité de cette chorale.

Le répertoire est essentiellement classique, mais Clara s’intéresse à tous les genres de musiques, en particulier la musique rythmique qui parfois inclue des claps de mains. De ce fait, une attention particulière est portée à la mise en scène et aux déplacements, ce qui ravit le public. Afin d’être professionnelle mais accessible et chaleureuse, la chorale organise des rencontres avec le public autour d’un verre après chacun de ses concerts.

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Des débuts mouvementés

Comme tout nouveau projet, la chorale a rencontré des obstacles. La principale difficulté a été de trouver un lieu de répétition sans avoir de budget. Au début de l’année, la chorale répétait chez l’une des choristes, et c’est grâce aux bénéfices des concerts que la chorale peut désormais assurer des répétitions hebdomadaires dans un centre culturel situé au cœur de Paris.

La volonté d’être et de rester un petit ensemble vocal a quelques inconvénients. Clara concède: « Après le premier concert, trois choristes ont dû nous quitter pour se consacrer à leurs études ». Un coup dur pour Les Oréades. Comment continuer à faire des concerts quand il n’y a pas de voix d’hommes ? Mais grâce à l’engagement des membres de la chorale qui ont recruté d’eux-mêmes, il y a eu plus de choristes qu’au début. Néanmoins, Clara s’inquiète pour l’année prochaine « Je sais déjà que certains choristes déménagent ou partent vivre à l’étranger, c’est un problème majeur qui remet continuellement en question l’avenir de la chorale ». Mais elle reste optimiste : « Il y a une réelle demande, les concerts marchent, la chorale rencontre un succès auprès du public ».

Cet optimisme la mène à toujours préparer de nouveaux projets

Le prochain concert de la chorale Les Oréades aura lieu fin mai, puis un autre en juin lors de la fête de la musique. Clara explique « Il est important de soutenir cet événement. Nous chanterons dans une rue de Paris pour aller à la rencontre d’un nouveau public qui n’est pas nécessairement habitué aux salles de concerts ». La chorale nourrit de grandes ambitions autour de projets sociaux : des concerts dans des hôpitaux (prévus en octobre), pour des personnes défavorisées, voire dans des maisons de retraite. « La musique à un rôle social à jouer, comme dit le compositeur Luciano Berio : «la musique ne peut apaiser les guerres, ni diminuer le prix du pain», mais selon moi, elle a une fonction essentielle dans notre société, elle peut adoucir les difficultés de la vie, aider au quotidien, et divertir ».

Même si elle n’arrêtera jamais le piano, la jeune femme pleine d’énergie s’implique à 100% dans ce projet, comme dans tout ce qu’elle entreprend, parce qu’elle avoue qu’une carrière dans la direction ne lui déplairait pas, bien au contraire!

Sarah LAZES

crédits photo: Sarah Lazes

Type de publication : Cadences, La lettre du musicien, Diapason (revues musicales)

Anarchie à la Cité de la Musique

PARIS – Du 15 octobre au 19 janvier, les parisiens vont pouvoir découvrir les secrets et non-dits du mouvement Punk dans une exposition à la Cité de la Musique. Cette exposition retrace en image et en musique toute l’évolution de l’Europe punk des années 70. Comme toutes les expositions de la Cité de la Musique, Europunk est divisée en deux parties. La première, la plus importante, est logée dans une salle au rez-de-chaussée du musée. Le visiteur est tout de suite plongé dans l’ambiance punk des 70’s : les murs noirs, les décorations roses et flashys et le célébrissime hymne punk « Anarchy in the UK » des Sex Pistols tourne en boucle en fond sonore. A peine entré dans cette salle, on peut déjà remarquer que l’anarchie n’est pas que le thème de cette exposition : les pièces présentées au visiteur sont disposées de manière aléatoire, ce qui ne permet pas une visite optimale, encore plus un jour d’affluence. Mais cette disposition permet surtout de s’imprégner de l’ambiance dès le début. Les Sex Pistols sont à l’honneur dans cette première partie de l’exposition : affiches de concerts, vinyles de leurs albums et vêtements portés par le chanteur, Johnny Rotten, sont mis en avant. Et cette mise en valeur n’est pas anodine, ce sont eux qui ont en grande partie influencé le mouvement. Si on voulait connaître l’histoire de ce groupe mythique c’est parfait, mais malheureusement on trouve très peu de mise en contexte de la vague punk en général (une seule frise chronologique où se mélangent tous les évènements de la décennie) ni d’informations sur d’autres groupes pourtant célèbres. C’est d’ailleurs ce qu’a remarqué Nicolas, un étudiant et fan de rock de 20 ans : « L’exposition est intéressante mais je suis cependant déçu car il n’y a qu’un panneau consacré aux Clash alors qu’ils représentent quand même une bonne partie de la musique Punk ».

Après avoir découvert l’univers de Rotten et sa bande, le visiteur progresse et découvre la suite de cet étage dont une partie importante est consacrée au collectif d’arts visuels français Bazooka, auteur de nombreuses pochettes des groupes de punk de l’époque et de fanzines comme Bulletin Périodique. L’effet visuel est percutant : couleurs flashys, dessins inattendus, textes choc tout en restant humoristiques, une agréable surprise dans cette période où le « Made in France » est si populaire. Mais c’est dans la deuxième partie de l’exposition que l’art visuel punk est le plus mis en valeur grâce à une frise de photographies du collectif « Belle journée en perspective ». Ces photos présentent en effet toute la vague de contestations de l’époque, des musiciens en coulisse aux syndicalistes français en passant par les punks à chien des rues de Londres. C’est Gérard, un ancien punk rencontré à la Cité de la Musique, qui en parle le mieux : « J’ai grandi avec le punk et ces photos sont supers car elles représentent la réalité du mouvement, sans les clichés que les médias d’aujourd’hui peuvent y ajouter. Le punk c’est sale, c’est le ras-le-bol, mais c’est surtout sincère. ».

Europunk est donc une exposition frappante qui permet au visiteur de pénétrer dans la réalité du mouvement punk. Tout y est, la décoration (vieilles télévisions qui grésillent empilées les unes sur les autres), la musique d’ambiance, et même un côté ludique : le visiteur peut lui-même créer son badge punk pour garder un souvenir de l’exposition… S’il n’a pas déjà cédé à la tentation des nombreux vinyles  disponibles à la boutique, bien sûr.

Affiche de l'exposition représentant la célèbre affiche du titre "God save the Queen" des Sex Pistols.

Affiche de l’exposition représentant la célèbre image du titre « God save the Queen » des Sex Pistols.

Mathilde Guihard, n°21200626

Source photo : Site de la Cité de la Musique

Publication visée : Presse culturelle Parisienne.

LA K-POP, L’ÉMERGENCE D’UN NOUVEAU MONDE

 La K-pop à Paris Manga, le début d’une conquête musicale.

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     Paris Manga, une exposition sur la culture asiatique, a fait son grand retour le 5 et 6 octobre dernier à la Porte de Versailles. De nombreux visiteurs ont été accueillis avec l’apparition de nouveautés, telles que la « K-pop », qui aujourd’hui cartonne auprès du jeune public.

     Alors que la K-pop était quasi voire inexistante dans les éditions précédentes, c’est dans cette 16ème édition où des stands qui lui sont entièrement dédiés apparaissent. Mais qu’est-ce que la K-pop ? De l’anglais « Korean Pop », autrement dit la pop coréenne, c’est le nouveau phénomène mondial. Mais si c’était un genre inconnu hier, l’apparition de Psy avec son tube phare « Gangnam Style » en 2012 a battu le record planétaire de vues sur Youtube en franchissant la barre du milliard. Cet engouement a divulgué un nouveau visage à la musique asiatique.

     En effet, des stands de K-pop se sont imposés à Paris Manga et font descendre du podium la J-music, ou Japanese Music, avec l’installation de scènes dédiées aux jeunes danseurs dévoilant leur talent sous les airs de leurs musiques préférées, ainsi que des écrans géants diffusant les clips. Nous avons pu aussi retrouver des magazines, CD, DVD, posters, pour le plus grand plaisir des « K-popiens », des fans principalement âgés entre 15 et 25 ans.

     Après avoir conquis les pays d’Asie, la K-pop prend aujourd’hui son essor à travers le monde entier. La recette d’un tel succès ? Des chanteurs au look impeccable et des chorégraphies travaillées au millimètre près, le rendu doit être parfait et faire rêver l’audience. « Un univers haut en couleur, des artistes doués dans plusieurs disciplines  pratiquant le chant, la danse, des instruments de musique… En plus, ils restent à l’écoute de leurs fans et apportent une bonne ambiance. » déclare Emma Pellerin, une fan présente au salon. L’image des chanteurs, aussi considérés comme des « idoles », est très soignée. Ces derniers suivent des programmes stricts et sont parfois privés de beaucoup de choses, certains n’ont pas le droit de fumer ni d’avoir de relations sexuelles par exemple.  Ils doivent renvoyer un idéal.

     Les chansons quant à elles, sont rythmées sous des influences pop, de rap et de hip-hop. C’est une musique novatrice  « Parce que ça change de ce que l’on entend tous les jours ! Il y a beaucoup de styles différents ; il y en a pour tous les goûts ! » affirme Vincent Bouvier. Les groupes sont majoritairement des boys-band ou girls-band, mais beaucoup parmi eux ont aussi des carrières solos.

     Si ces artistes atteignent un tel niveau de perfection, c’est parce qu’ils sont préalablement entraînés, en général entre 2 et 4 ans, avant de débuter. La compétition entre les différents groupes est rude et les idoles doivent s’entrainer avec acharnement pour ne pas finir sur le banc de touche. Des conditions parfois difficiles et qui font polémiques en Asie, montrées du doigt par des chanteurs jugés trop jeunes (Lee Taemin du groupe SHINee par exemple, a fait ses débuts à l’âge de 14 ans). La K-pop est une vraie industrie musicale à la conquête des marchés étrangers. Des concerts sont de plus en plus nombreux dans les pays occidentaux, et la France n’y échappe pas.

     Nous retiendrons les groupes les plus connus : BIGBANG, 2NE1, Super Junior, EXO, SHINee, T-ARA, SNSD… Ces noms ne vous disent peut-être rien, et pourtant, ils envahiront nos écrans demain !

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2NE1 posant pour Bean Pole

Un petit aperçu d’un groupe de K-pop qui monte, EXO, avec leur chanson intitulée « Growl ». Une première version de clip basée sur la danse (il existe trois versions différentes). Particularité du groupe : il est divisé en deux sous-parties avec EXO-K pour la Corée et EXO-M pour la Chine. – http://www.youtube.com/watch?v=I3dezFzsNss

étudiant : Elise Tari

sources images :

•  http://www.parismanga.fr/

• http://nonaellin.blogspot.fr/2010/11/2ne1-for-bean-pole-jeans-winter-2010.html