J’ai lavé mon linge en sirotant des cocktails

Paris, ne manque pas de bars ou cafés aux concepts originaux. Il est désormais possible de caresser des chats en buvant son chocolat chaud, de boire son coca-cola dans un biberon ou de trinquer en jouant au ping-pong. Cette semaine, j’ai testé : un bar à cocktail laverie !

Lassée des milliers de chaussettes qui jonchent le sol de mon minuscule studio, des t-shirts en boule planqués derrière le canapé et des jeans suspendus à toutes les chaises, je me décide enfin à accomplir l’incroyable : me rendre dans un lavomatic pour faire ma première lessive. En tant que feignasse qui se respecte et n’ayant trouvé aucune laverie proche de chez moi dans le 5eme arrondissement, je me motive pour trouver un endroit original ou je ne passerai pas bêtement 2 heures à regarder tourner mon linge dans le tambour de la machine. Cela tombe bien, il y a quelques jours une amie m’a parlé d’un nouveau coin sympa dans le 10ème : le Lavomatic.

Un bar dissimulé derrière une laverie

Vue de l’extérieur au 30 rue René Boulanger tout semble normal, une laverie tout ce qu’il y a de plus banale. Les machines accolées les unes aux autres me dépriment d’avance. Soudain, un inconnu pousse une petite porte blanche coincée derrière un des appareils. Intriguée, curieuse, je me glisse rapidement à l’intérieur avant qu’elle ne se referme. Des escaliers me dirigent au 1er étage dans un surprenant séjour. Des couleurs pop, une décoration originale, attirent mon regard. Je viens d’accéder au bar à cocktail secret du Lavomatic.

Lavomatic 2

Ambiance cosy : balançoire en guise de chaise, coussins en Kilim. Tout semble pensé pour se sentir comme chez soi. Marie m’accueille avec un grand sourire. C’est son repère et elle en est fière. Elle me propose un des nombreux cocktails au nom énigmatique. « Un conseil choisissez le Dexomatic » me lance t-elle joyeusement. « C’est la boisson préférée de nos habitués ». Un savant mélange de betterave, cassis, liqueur d’artichaut, gin, citron et pamplemousse pour 9 euros. J’hésite, pour finalement choisir un des vins naturels présentés sur la carte à 4 euros seulement.

Laver son linge en sirotant un cocktail

D’ailleurs, ce n’est pas le choix qui manque ici : bière artisanale, vins bio et même petits plats réalisés sur place pour les gourmands (entre 6 et 8 euros). Elle m’explique brièvement le concept du lieu. « Tout le monde déteste les laveries. Nous voulions offrir un endroit où chacun pourrait se détendre et boire un verre pendant que, à l’étage du dessous, son linge sale termine tranquillement d’être nettoyé ».

Ouvert depuis début septembre par trois jeunes avides de faire de nouvelles: Marie, Yohan et Tacos, le Lavomatic séduit par son originalité. Un endroit très prisé en cette fin de soirée. Une quinzaine de personne est présente. Comme le Moonshiner ou encore La Mezcaleria avant lui, l’idée séduit de nombreux jeunes. « La plupart sont étudiants, ils viennent entre amis pour passer le temps et lié l’utile à l’agréable comme on dit ». L’occasion pour chacun d’entre eux, comme pour moi, de transformer cette corvée en petit moment de détente.

Jordie.b

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Un burger made in Asia

Ni résolument nouveau spot à burger mais encore moins un asiatique traditionnel, Siseng est la nouvelle adresse hybride fraîchement installé quai de Jemmapes. Paysage pourtant déjà saturé, cette néo-cantine fait une entrée fracassante dans le quartier. Grandes tables en bois, tabourets hauts, luminaires suspendus, murs en briquettes rouges et comptoir à cocktails dans le fond : l’alchimie est immédiate. Un cadre brute, intimiste et chaleureux pour un nouveau concept d’Asian Food Bar crée par Stephen Siseng : entre cuisine fusion et bar à cocktail, il nous explique avoir voulu lier les deux activités en même temps.

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Dans l’assiette des plats aux influences du Sud-Est de l’Asie, on retrouve le très célèbre bo-bun, des « black bean noodles », un bento ou encore un « tom kah kaï » (soupe de lait de coco, poulet sauté, citronnelle, galanga, piment et champignons). S’y ajoute de la finger food à l’asiatique avec des springrolls (poulet au saté, boulette de poulet ou poitrine de porc mariné au cumin), des croquettes de boeuf au curry rouge et au crevettes, ou encore des cromesquis de risotto au lait de coco et citronnelle.

DSC_0026Mais la star de la carte n’est autre que le bao-burger. Un burger à l’asiatique qui comme le stipule le menu : « met tout le monde d’accord » : avec un bun façon brioche chinoise traditionnelle. Au choix un « bao-burger kaï » au poulet mariné et pané à la japonaise, sauce basilic/lait de coco, poivrons rouges confis, coleslaw maison et basilic frais, ou le « bao-burger 5 épices » au steack de bœuf mariné aux 5 épices, sauce tamarin caramélisé, tempura d’oignons, oignons confits, roquette et épinard. Côté accompagnement le choix s’effectue entre des frites de patates douce, des tempura de légumes (aubergine, potiron, haricot et champignon) ou une salade de poulet, mangue, menthe et oignon rouge.

Originaire des rues de Taïwan ce petit pain vapeur (gua bao) garni de porc braisé, cacahuète et chou a déjà été pris pour cible par de bon nombre de chefs étrangers. De New-Yorks à Londres en passant par Sydney, cette petite brioche n’est plus à présenter. La grande nouveauté est la découpe de ce petit pain rond afin de transformer la brioche en bun à burger. De Tawïan à l’Amérique en un coup de couteau Stephan Siseng l’a bien compris avec sa création original du bao-burger . « J’ai voulu créer quelques choses de différents que ce que l’on pouvait trouver à Paris ».

Bingo ! Un ovni culinaire d’étonnant qui reprend les codes du burger made in US pour y ajouter des saveurs nippones. Un pain vapeur moelleux, juste sucré comme il faut, une garniture bien présente, un équilibre sucré/salé quasi parfait et une explosion de saveurs en bouche : Surprenant et vraiment renversant ! On regretterait même qu’il n’y en ait que deux à la carte…

Formule Bao Burger le midi à 15€, 10€ le burger seul, entre 4€ et 6€ les accompagnements. Plats 7-12 €, cocktails 9-13 €, boissons 3,50 à 25 €.

Siseng  82 quai de Jemmapes – Du mardi au jeudi de 12h à 15h30 puis de 18h30 à 23h, le vendredi de 12h à 15h30 puis de 18h30 à 02h, le samedi en continu de 12h à 02h et le dimanche en continu de 12h à 23h. Fermeture le lundi.

Victoria Maujoin

Source image : personnelle

Publication envisagée : time out paris, lefooding, parisburger, Elle, Glamour, Grazia, My little Paris,

Budapest, une capitale d’hier et d’aujourd’hui

Il y a 10 ans c’était Londres, puis Berlin, et Dubrovnik il y a quelques mois encore… C’est indéniable, la « coolitude » migre, et l’Europe de l’Est devient « THE place to be ». A ce rythme, qui vous dit que le prochain eldorado des jeunes parisiens branchés n’est pas Budapest ? Si la route vous semble encore longue avant que la Capitale hongroise devienne le point de ralliement des hipsters français, laissez vous bercer par les souvenirs de Fanny Malek, qui en revient; Son avis pourrait bien être prophétique…!

Les rues de Budapest, un voyage au fil de l’Histoire

Formée en 1873 de la réunion des villes de Pest et de Obuda, la cité danubienne est aujourd’hui riche d’une histoire millénaire aussi splendide que douloureuse. De cette opposition émerge une ville dont l’image évolue radicalement au gré des trajets sur les banquettes en cuire éventrées des « vieux tramways déglingués ». Dans le dédale des rues de la ville, « le touriste est un porteur d’histoire ». Aux abords du somptueux parlement hongrois néogothique de 1885, il est un magnat de l’Empire Austro-Hongrois qui vogue sur les bords de Danube, au cœur d’une ville riche, belle, cosmopolite et prospère. Puis le décor change brusquement, et avec l’Histoire le touriste devient alors cet ouvrier hongrois que le régime communiste oppresse. Ici, en plein cœur de la Mitteleuropa blessée par les guerres, meurtrie par le nazisme et appauvrie par le communisme, Budapest l’impériale n’est plus. Les immeubles sont criblés de balles, le ciel est gris. S’il sera impossible d’oublier cette histoire et d’échapper à son héritage pendant votre séjour, sachez que l’entrée du pays dans l’Union Européenne en 2004 à déjà profondément radoucit l’atmosphère glacée des années 90, mais dans tous les cas, si l’ambiance parfois glacée de la ville venait à vous peser, ne vous faites pas de soucis… dirigez-vous vers les bains !

Au bord des rives du Danube, le Parlement hongrois s'étire majestueusement sur plus de 300 mètres.

Sur les bords du Danube, le Parlement hongrois s’étire majestueusement sur plus de 300 mètres. © Creative Commons

Les Bains… ou quand la Turquie s’invite dans votre voyage !

Quoi de mieux pour récupérer d’une journée à incarner l’histoire hongroise, que de finir son après-midi à se prélasser dans un bon bain…? Institution centenaire, les bains sont « l’attraction principale de Budapest ». Et la encore, rien n’est du au hasard, puisque l’histoire y est pour beaucoup! Aussi compliquée qu’ai pu être l’occupation Ottomane de la Hongrie, entre le 16ème et le 17ème siècle, c’est à cette époque que remonte l’origine des bains hongrois, comme le démontrent les superbes bains de Rudas. Dans ces thermes, construits en 1550 aux pieds du Gellért-Hegy, vous pourrez passer de bassin en bassin, dans une eau naturellement chaude, et pour ceux qui y croient… aux vertus médicinales. Dans d’autres parties de la ville, vous pourrez continuer à profiter de cette tradition, dans des bassins de l’époque de votre choix, puisque leur utilisation est demeurée très populaire du temps de l’Empire-Austro Hongrois, et l’est restée tout au long du 20ème siècle. Parmi les complexes les plus célèbres, les bains de Szechenyi, construits en 1913, sont encore aujourd’hui très réputés pour leur eau riche en calcium, en sodium et en hydrocarbonate. Reposés ? Alors il est certainement temps de laisser place à la fête désormais… et si vous n’étiez pas encore convaincus, Budapest devrait finir par vous séduire !

En plein coeur de Budapest, les bains de Rudas sont un des plus anciens souvenirs de l'occupation Ottomane du pays, au 16ème siècle.

En plein coeur de Budapest, les bains de Rudas sont un des plus anciens souvenirs de l’occupation Ottomane du pays, au 16ème siècle.© Creative Commons

Des fastes de l’Opéra aux sous-sols de l’underground hongrois

Pour les plus calmes d’entre vous, une soirée à l’Opéra s’impose. Non seulement cet endroit est « un des plus beaux bâtiments du pays, et un des plus somptueux opéras du monde », mais il est surtout un lieu qui vous permettra encore une fois de prendre la mesure de la richesse musicale historique de la Hongrie. Construit en 1880 par Miklos Ybl, et décoré par les plus grands artistes du moment (Károly Lotz, Bertalan SzékelyMór Thanm  et Alajos Strobl), l’Opéra de Vienne à vu défiler Puccini et Gustave Mahler sous le fameux lustre de 3 tonnes qui orne la salle de concert, et accueil encore aujourd’hui certains des plus grands artistes d’Opéra de la planète.

Au plafond de la salle de concert de l'Opéra de Budapest, un lustre de 3 tonnes...!

Au plafond de la salle de concert de l’Opéra de Budapest, un lustre de 3 tonnes…! © Creative Commons

Et pour les plus jeunes? Pas d’inquiétude! Après votre tour aux bains, partez arpenter les bar et restaurants de la ville. « Froide en apparence, la ville étonne par sa convivialité une fois la nuit tombée ». Non seulement les amoureux de bonnes chaires se régaleront, notamment au Zeller Bistrot, antre bobo/tradi ou la gastronomie hongroise est remise aux goûts du jour et accompagnée d’une carte de vins débordante, mais en plus, les fêtards trouveront aussi leur compte! Le 20 Août, jour de la fête nationale hongroise, s’avère est « un soir particulièrement propice pour faire la fête ». Après avoir assisté au feu d’artifice tiré sur le Danube, vous pourrez vous diriger vers le Morison, une boite représentante de « l’underground budapestois ». La bas, vous retrouverez ce qui a fait le succès des nuits berlinoises en buvant des bières dans ce lieu aux allures d’immeuble désaffecté où trône un vieil ascenseur industriel pour atteindre les sous-sols. Au programme : pop hongroise, rencontres, et parfois quelques excès… sans le moindre sentiment d’insécurité, bref, le bonheur !

JCB

La folie des bars à thèmes

Vous recherchez un endroit qui sorte de l’ordinaire pour boire un verre ou pour manger un morceau? Vous voulez une alternative aux traditionnels cafés et restaurants? La Ville Lumière regorge de lieux hétéroclites qui séduiront aussi bien les adolescents que les seniors. Tour d’horizon des dernières nouveautés en terme de bars à thèmes.

En septembre dernier les habitants du Marais ont accueilli un voisin un peu particulier : «Le Café des Chats». Le concept, né en 2004 dans les contrées nippones sous le nom de «Neko Café», est de se détendre autour d’une tasse de thé (ou de café) tout en profitant de la présence de chats. En France, c’est Margaux Gandelon qui a repris cette idée pour créer un lieu «calme, apaisant, détendant et confortable» selon ses mots. IMG_3891

Marine Derumez, qui y travaille m’a confiée que «de nombreuses associations de défense aux animaux se sont insurgés à l’ouverture du café mais nous leur avons expliqué que notre priorité est le bien-être des chats donc nous n’avons plus de problème» avant d’ajouter qu’au Printemps 2014 aura lieu l’ouverture du deuxième « Café des Chats » dans le VIIIe arrondissement. Preuve donc du franc succès de ce café d’un nouveau genre. IMG_3904

Cependant la France reste encore novice dans l’ouverture de bars animaliers puisque les japonais jouissent déjà de bars à chouettes ainsi que des bars à oiseaux entre autres.

Plus récemment, depuis mi-octobre, le bar «Le Festin Nu» situé dans le XVIIIe a décidé d’enrichir sa carte en proposant de déguster des insectes. Au menu: des sauterelles, punaises, criquets ou encore des scorpions tout droit venus de Thaïlande. Elie Daviron, le patron du bar est aussi celui qui se cache derrière cette idée originale et dépaysante. insectes-festin-nu_4406638festin-nu-vers-a-soie_4409920
Ce dernier souhaitait «proposer aux clients une nouvelle expérience gustative et gastronomique». Toutefois, le créateur du premier bar à insectes de France tient à préciser que son bar continuera à offrir des produits plus traditionnels notamment pour les plus réticents à la dégustation de bestioles.

Il y a un mois c’est un bar éphémère à l’effigie de la célèbre poupée Barbie qui a pris place pendant deux semaines dans le VIIe arrondissement de Paris; l’objectif étant de promouvoir la poupée et ses produits dérivés grâce a des ateliers pour les enfants, des expositions et des cocktails pour les plus grands. 5887658-8770488
L’engouement des clients pour ces nouveaux bars s’explique par la recherche d’expériences toujours plus originales et insolites. C’est le cas de Mathilde Meunier, étudiante en Cinéma de 20 ans, toujours à l’affût des dernières nouveautés en terme de lieux singuliers : «la multiplication de ces bars permet de passer un bon moment avec ses amis dans des endroits inhabituels, parfois drôles ou ludiques et ça change des bars et cafés traditionnels» m’a t’elle confiée.

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Son bar préféré est d’ailleurs plutôt ludique puisque « La Lucha Libre » est un restaurant/bar situé dans le Ve ou l’on peut se battre déguisés en sumo sur un vrai ring de catch entre deux cocktails ou entre deux bouchées de burger.

Vous l’aurez compris, si vous vivez sur Paris et que vous cherchez un endroit inhabituel pour boire ou manger ce n’est pas ce qui manque ! Si vous préférez un lieu plutôt calme tentez le « Café des Chats », « Le Festin Nu » pour un menu dépaysant ou encore « La Lucha Libre » pour un endroit divertissant. Enfin si vous cherchez à extérioriser par les mots, vous pouvez vous rendre au « Casa Pocho » à Valence en Espagne où la norme est d’insulter le serveur pour passer commande (les insultes les plus originales sont d’ailleurs récompensées par une bière et des tapas offerts!). Le concept n’a pas encore été repris en France mais ça ne saurait tarder.

Gabrielle Lourenço

Photo à la Une, photo 1 et photo 2 : Gabrielle Lourenço

Photos 3 et 4 

Photo 5

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Publié dans L’Express