Céréaliste : le premier bar pour les « céréales killer » s’installe à Paris

Après la version anglaise à succès le Cereal Killer Cafe à Londres, le premier bar à céréales français, Céréaliste, a ouvert ses portes à Paris jeudi 17 mars, près du centre Georges Pompidou. Retour en enfance.

Ici, on peut consommer sans modération. Sur les étagères, l’alcool a laissé place à des paquets de céréales multicolores. Fondé par cinq entrepreneurs, le bar Céréaliste propose de vous faire lever du lit pour venir déguster les céréales de votre enfance.

Sur place ou à emporter, pas moins de 30 sortes de céréales sont proposées. Avoine. Maïs. Blé. Il y en a pour tous les goûts ou presque. Des marques connues (Frosties Smacks) à des moins connues (Lucky charms Apple jacks Froot loops) vont s’inviter dans votre petit-déjeuner. Vous pourrez ajouter sept types de lait (soja, amande, noisette…) et choisir un topping (chocolat, fraise, caramel, chantilly…) pour garnir les céréales, oui ça fait toujours plaisir !

Et en supplément, pour les plus gourmands, un extra pour accompagner le tout comme des morceaux de fraises, de bananes, des m&m’s, des copeaux de noix de coco et plein d’autres encore. Entre 5€ et 6€ le bol en moyenne, le petit-déjeuner aura un léger goût de luxe tout de même.

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Exemple d’assortiments. Crédits photos: Céréaliste Facebook

Si le concept est inédit, le décor (minimaliste) reste encore à faire. Les murs blancs, les étagères en bois et les quelques chaises attendent d’accueillir œuvres de street-art et écran de télévision. « Des dessins animés seront diffusés à la télévision pour rester à fond dans l’ambiance. On veut créer un second chez-soi » promet Jean-Charles, l’un des cinq entrepreneurs.

Un décor pour l’instant simpliste qui n’a pas effrayé les dizaines de personnes venues le premier après-midi. Comme Sophie, 19 ans, assise avec une amie, qui a profité de ses deux heures de pause pour faire le déplacement. « J’ai appris l’ouverture du bar sur Facebook et je n’ai pas hésité. » Visiblement séduite par son bol de reese’s puffs au caramel, elle pense déjà à la prochaine fois. « Je serais curieuse d’y aller un jour à l’ouverture à huit heures. Peut être que je pourrais voir des gens en pyjama, mal réveillés et décoiffés. L’ambiance peut être sympa à cette heure-ci. »

Ils pourront compter sur des habitués comme Sophie pour voir développer leurs futurs projets. « Si le concept prend bien, on développera nos services comme un buffet à volonté ou une sorte de brunch avec beaucoup de céréales » raconte Jean-Charles, qui sait déjà comment faire évoluer le bar sans aucun mal.

En attendant, le bar à céréales propose également une petite épicerie américaine avec céréales, boissons et bonbons américains. Il faudra là encore mettre la main au porte-monnaie avec un prix affiché de 3,50€ pour le simple sachet de m&m’s au beurre de cacahuètes.

Un phénomène qui prend de l’ampleur

Si l’avenir du Céréaliste est encore incertain, à Londres, le bar à céréales anglais le Cereal Killer Cafe connaît le succès depuis son ouverture en décembre 2014. Une entrée en matière remarquée puisque l’établissement, situé dans le quartier de Shoreditch, a essuyé de nombreuses polémiques, les commerçants étant accusés de participer à une forme d’élitisme sociale en proposant des bols pour 4 livres dans un quartier populaire.

A noter qu’il existe également une version américaine, le Kith Treats à Brooklyn, l’équivalent du Céréaliste outre-atlantique.

En France, les cinq entrepreneurs et amis réunis sous le collectif Louis Cochon avaient en réalité déjà tenté l’expérience du bar à céréales mais sous la forme d’un pop-up store, un magasin éphémère, le temps de quatre jours à Paris. Ils ont donc décidé de se lancer dans l’aventure sur le long terme des « bars à » en vogue dans la capitale. « On trouve maintenant des bars à chips, des bars à insectes et même des bars à nuggets. Avec nos céréales à l’américaine, on veut surfer sur la vague des épiceries américaines en ligne comme my american market » explique Enzo, l’un des vendeurs et entrepreneurs.

Le bar Céréaliste s’inscrit donc dans la lignée de ces bars spécialisés et décalés. Cuillère à la main, c’est l’occasion de s’autoriser à être un peu nostalgique.

A vos bols, prêts, feu, dévorez.

Alexis AMELINE

652  mots

Publications envisagées :  le  Parisien  rubrique Culture & Loisirs (sous rub. Sorties) ou  le bonbon.fr

Crédits photos : page facebook Céréaliste

Adresse : 38 Rue Quincampoix, 75004 Paris
Lundi : 8h-19h
Mardi : 8h-19h
Mercredi : 8h-19h
Jeudi : 8h-19h
Vendredi : 8h-19h
Samedi : 10h30-19h
Dimanche : 10h30-19h

 

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MADRID : UNE CULTURE DES BARS, DU PARTAGE ET DE LA LIBERTE

La capitale espagnole ne connaît pas le sommeil. La vie s’y écoule sur un rythme différent que celui de la « ville lumière ».

« Métro, boulot, dodo » ne se traduit pas en espagnol. Là-bas, « il y a une vie après le travail » se réjouit Elsa. Pour cette étudiante de 25 ans, partie en Erasmus dans la capitale castillane en 2011, Madrid est une ville qui ne dort pas… et ne chôme pas. Contrairement aux idées reçues, les espagnols ne travaillent pas moins, ils ont « une appréhension différente du temps ». Comme à Paris, la journée de travail standard commence à 9h et se termine à 20h, mais les madrilènes ne se ruent pas dans les métros se réfugier chez eux dès 19h, manger à 20h, se coucher à 22h. « C’est un peu déstabilisant au départ de suivre le rythme, mais le plus intéressant c’est de suivre les locaux » avoue l’étudiante parisienne qui a fui les soirées Erasmus. Les repas se partagent loin des appartements respectifs. Dans un bar autour d’un verre, les tapas agrémentent la table et les conversations. Puis, les jeunes madrilènes partageront une bouteille, le botellón, sur un trottoir, un banc, une pelouse… La nuit sera longue. « Quand tu sors, tu ne penses jamais à quand tu vas rentrer » ajoute Elsa. L’angoisse du dernier métro ne plane pas à Madrid : « Le 4/5 heures du matin là-bas, c’est notre minuit à nous ». Le dimanche matin les noctambules écument le grand marché aux puces du Rastro au sud de la Plaza Mayor. Un entre-deux étourdissant, « une impression de vivre deux jours au lieu d’un ».

Outre cette culture du partage, le centre-ville de Madrid semble plus humain que Paris la tentaculaire. « Tout le monde se déplace à pied dans le cœur de la ville ». Le flâneur nocturne dérive entre les façades médiévales, dans l’intimité des rues étroites, de bars en bars, d’atmosphère en atmosphère. Lavapiés, Malasaña, Chueca, la Latina, « chaque quartier a son âme ». Elsa vivait en colocation dans le quartier de la Latina, à deux pas de la Plaza del Sol, au-dessus des théâtres, restaurants, et bars habités de rires, de musique et de tintements de vaisselle éternels. Elle ne trouve pas de comparaison avec Paris. Ici, la ville accueille, emporte le citadin jusque de l’autre côté de la nuit. « Les gens sont dehors ».

Depuis la fin de la dictature franquiste en 1975, un air de liberté et d’excès souffle sur la capitale, berceau de la Movida, « notre Mai 68 à nous ». Bien que le catholicisme reste la religion d’Etat, le rigorisme moral est absent. Le mariage homosexuel a d’ailleurs été adopté bien plus tôt qu’en France, en 2005. Si la Movida a été entérinée par la génération des années 50, l’énergie festive continue d’inspirer la jeune génération. « Je suis arrivée à Madrid au début de la crise. Il y avait 50% de chômage chez les jeunes » explique Elsa. Les conséquences de la dépression économique européenne blessent l’Espagne plus profondément que la France. La dette espagnole a atteint 92,2% du PIB en septembre 2013. Les  jeunes, privés d’emploi, ont été les premiers à prendre les rues pour manifester leur opposition à un système décadent. « La crise est plus grave là-bas, mais il n’y a pas de morosité ambiante. La fête est un moyen de se dire qu’il n’y a pas que le travail dans la vie » analyse l’étudiante. Madrid, c’est d’abord des rues qui appartiennent à ses habitants.

Orianne Hidalgo-Laurier

M2 Journalisme Culturel

La folie des bars à thèmes

Vous recherchez un endroit qui sorte de l’ordinaire pour boire un verre ou pour manger un morceau? Vous voulez une alternative aux traditionnels cafés et restaurants? La Ville Lumière regorge de lieux hétéroclites qui séduiront aussi bien les adolescents que les seniors. Tour d’horizon des dernières nouveautés en terme de bars à thèmes.

En septembre dernier les habitants du Marais ont accueilli un voisin un peu particulier : «Le Café des Chats». Le concept, né en 2004 dans les contrées nippones sous le nom de «Neko Café», est de se détendre autour d’une tasse de thé (ou de café) tout en profitant de la présence de chats. En France, c’est Margaux Gandelon qui a repris cette idée pour créer un lieu «calme, apaisant, détendant et confortable» selon ses mots. IMG_3891

Marine Derumez, qui y travaille m’a confiée que «de nombreuses associations de défense aux animaux se sont insurgés à l’ouverture du café mais nous leur avons expliqué que notre priorité est le bien-être des chats donc nous n’avons plus de problème» avant d’ajouter qu’au Printemps 2014 aura lieu l’ouverture du deuxième « Café des Chats » dans le VIIIe arrondissement. Preuve donc du franc succès de ce café d’un nouveau genre. IMG_3904

Cependant la France reste encore novice dans l’ouverture de bars animaliers puisque les japonais jouissent déjà de bars à chouettes ainsi que des bars à oiseaux entre autres.

Plus récemment, depuis mi-octobre, le bar «Le Festin Nu» situé dans le XVIIIe a décidé d’enrichir sa carte en proposant de déguster des insectes. Au menu: des sauterelles, punaises, criquets ou encore des scorpions tout droit venus de Thaïlande. Elie Daviron, le patron du bar est aussi celui qui se cache derrière cette idée originale et dépaysante. insectes-festin-nu_4406638festin-nu-vers-a-soie_4409920
Ce dernier souhaitait «proposer aux clients une nouvelle expérience gustative et gastronomique». Toutefois, le créateur du premier bar à insectes de France tient à préciser que son bar continuera à offrir des produits plus traditionnels notamment pour les plus réticents à la dégustation de bestioles.

Il y a un mois c’est un bar éphémère à l’effigie de la célèbre poupée Barbie qui a pris place pendant deux semaines dans le VIIe arrondissement de Paris; l’objectif étant de promouvoir la poupée et ses produits dérivés grâce a des ateliers pour les enfants, des expositions et des cocktails pour les plus grands. 5887658-8770488
L’engouement des clients pour ces nouveaux bars s’explique par la recherche d’expériences toujours plus originales et insolites. C’est le cas de Mathilde Meunier, étudiante en Cinéma de 20 ans, toujours à l’affût des dernières nouveautés en terme de lieux singuliers : «la multiplication de ces bars permet de passer un bon moment avec ses amis dans des endroits inhabituels, parfois drôles ou ludiques et ça change des bars et cafés traditionnels» m’a t’elle confiée.

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Son bar préféré est d’ailleurs plutôt ludique puisque « La Lucha Libre » est un restaurant/bar situé dans le Ve ou l’on peut se battre déguisés en sumo sur un vrai ring de catch entre deux cocktails ou entre deux bouchées de burger.

Vous l’aurez compris, si vous vivez sur Paris et que vous cherchez un endroit inhabituel pour boire ou manger ce n’est pas ce qui manque ! Si vous préférez un lieu plutôt calme tentez le « Café des Chats », « Le Festin Nu » pour un menu dépaysant ou encore « La Lucha Libre » pour un endroit divertissant. Enfin si vous cherchez à extérioriser par les mots, vous pouvez vous rendre au « Casa Pocho » à Valence en Espagne où la norme est d’insulter le serveur pour passer commande (les insultes les plus originales sont d’ailleurs récompensées par une bière et des tapas offerts!). Le concept n’a pas encore été repris en France mais ça ne saurait tarder.

Gabrielle Lourenço

Photo à la Une, photo 1 et photo 2 : Gabrielle Lourenço

Photos 3 et 4 

Photo 5

Photo 6

Publié dans L’Express