« Fais gaffe il y a les contrôleurs … Mais chut … Il ne faut pas le dire … »

Depuis quelques temps déjà, afin d’éviter les sanctions ou procès verbaux dans les transports, les fraudeurs s’entraident en signalant la présence de contrôleurs sur les réseaux ferrés et dans les bus notamment. Par le biais d’applications comme Check My Metro ou Un ticket, les resquilleurs localisent les agents de contrôle et permettent aux autres fraudeurs de se munir d’un ticket, ou de prendre un autre chemin.

Le 9 mars dernier, l’Assemblée a validé le projet de loi qui interdit « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, tout message de nature à signaler la présence de contrôleurs ou d’agents de sécurité employés ou missionnés par un exploitant de transport public de voyageurs. » Ce projet de loi, désormais ratifié, (Proposition de loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique, et contre les actes terroristes dans les transports) viserait à combattre la fraude, mais aussi à aider la lutte anti-terroriste, ou en tout cas à empêcher d’éventuels terroristes d’utiliser les signalements de contrôleurs à leurs fins. Bien qu’assez difficile à évaluer, l’intérêt de cette mesure dans la lutte anti-terroriste est donc explicitement souligné dans le titre du projet de loi. En cas de transgression, ce dernier prévoit une peine maximale de deux mois de prison et de 3.750€ d’amende pour le contrevenant. En outre, cette sanction s’avère donc être plus sévère que celle encourue pour la fraude elle-même (amende de 80€).

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Les lourdes peines prévues pourraient bien dissuader les nombreux « signaleurs » d’avertir leurs camarades, et par extension, de frauder. Selon les mots du texte de loi, un message, sur une plateforme telle que Check My Metro, ou même un simple texto avertissant de la présence de contrôleurs, seraient punissables d’une peine de prison. Cette légère disproportion, pour ce délit mineur à première vue, a été relevée et dénoncée par certains hommes politiques, dont François Bonhomme (rapporteur au Sénat – Les Républicains) : « C’est la peine encourue pour agression sexuelle, signale-t-il dans l’hémicycle, Il ne semble pas justifié d’ériger en délit le fait de signaler la présence de contrôleurs effectuant un contrôle ». D’un autre côté de l’Assemblée, selon la plupart des autres parlementaires, la nouvelle mesure répond surtout à des enjeux économiques indéniables : « Nous avons décidé de lutter contre la fraude, rappelle Gilles Savary, député du PS. On s’aperçoit qu’aujourd’hui, cela coûte plus de 500 millions d’euros aux contribuables. »

Si cela permettra sûrement de punir les associations de fraudeurs, et dans le même temps de récolter un peu de fonds supplémentaires dans les caisses de l’Etat, ce projet, désormais concrétisé, compte aussi beaucoup de détracteurs. En effet, certains internautes et journalistes-citoyens s’indignent déjà sur la disproportion et l’atteinte à la liberté d’expression que constituerait cette loi. Parmi d’autres réactions d’internautes sur les forums ; « Complètement idiot. Une amende serait totalement adaptée à ce type de petit délit… » ou encore « On ne se rapproche plus de la dictature, on y est! ». Benjamin Suchar, créateur de Check My Metro, s’y est également ouvertement opposé sur l’antenne de LCI : « C’est une loi complètement disproportionné et liberticide. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme on commence à mettre tout et n’importe quoi… et on fait des lois qui vont vers la sécurité au détriment de notre liberté. » Même si ces propos restent discutables, difficile de nier la tendance sécuritariste du gouvernement, entérinée par la loi Cazeneuve, puis, par l’instauration et la prolongation de l’état d’urgence.

Quant à l’utilité financière de cette réforme, elle pourrait également être remise en question, ou en tout cas recontextualisée. En réalité, il s’avère que la RATP n’a fait qu’augmenter ses tarifs, ainsi que son bénéfice net ces dernières années. Par ailleurs, le préjudice de la fraude s’élève plus exactement à 366 millions d’euros (stats RATP-SNCF) et ne connaît pas de hausse particulière. Et cela n’empêche pas la RATP, entreprise vendant un service public, et ne visant donc pas l’accroissement du bénéfice, de culminer à 302 millions d’euros de bénéfice pour l’année 2015 (298 millions en 2014).

Jordan Philippy

700 mots tout pile (selon word, comme prévu, sans le chapeau)

« Site d’information à contre-courant », Communiqués et Bilans financiers RATP-SNCF-STIF, Interventions politiques (TV : LCI – BFM ), Communiqués Assemblée Nationale et Sénat.

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Facebook, ou quand l’utilisateur devient immortel

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Sa photo de couverture est mise à jour régulièrement. Sa photo de profil modifiée hier affiche une jeune femme souriante, entourée, heureuse. Les messages sur son murs sont nombreux et tous très récents. Pourtant, Cassandra, 25 ans, s’est éteinte le 14 janvier 2015. Son compte Facebook est devenu un moyen pour ses proches de se recueillir, depuis que, le jeudi 12 février 2015, le réseau social a finalisé la mise à jour de son système.

Cette dernière permet aux utilisateurs du réseau social de léguer leur compte à une personne de leur choix. C’est Hubert, son meilleur ami, qui a hérité du compte de Cassandra. La nouvelle fonctionnalité proposée par le groupe lui permet ainsi de publier, via le compte de la personne défunte converti en une page commémorative, des hommages, des photographies ou encore de modifier l’image de couverture.

Cette nouveauté s’inscrit dans un contexte au sein duquel l’ampleur des réseaux sociaux et de Facebook notamment n’est plus à démontrer; tout comme son implication dans la vie privée de ses utilisateurs. Ainsi, dès 2010, un sondage publié sur le site de l’American Academy of Matrimonial Lawyers, composé de 1600 avocats américains spécialisés dans les divorces, avançait que 81% des meilleurs avocats en affaires matrimoniales des États-Unis utilisaient les réseaux sociaux pour épaissir leurs dossiers. 66% d’entre eux ont déclaré que Facebook était leur principale source d’information. Dans le même temps, Facebook est passé de 620 millions d’utilisateurs à travers le monde en 2010 à 1,39 milliard au 31 décembre 2014, montrant ainsi l’impact actuel que peut avoir le réseau social sur la vie privée et les questions de société.

L’utilisateur est-il conscient qu’il a recours à un outil qui se propose finalement d’avoir un rôle à jouer sur sa vie familiale, sentimentale, et finalement même sur sa mort ? Facebook va-t-il trop loin avec cette mise à jour, ou n’est-ce finalement que le paroxysme de la logique d’accompagnement de vie que jouent les réseaux sociaux aujourd’hui, Facebook pour la vie quotidienne, Twitter pour l’actualité et Linkedin pour la vie professionnelle pour ne citer qu’eux ?

Nous avons décidé de donner la parole à certains de ces utilisateurs, d’âge, de sexe et de situation sociale différents.

Pour Guillaume, 30 ans, ingénieur, Facebook a un rôle social très important, voire trop: « tu peux avoir 1000 amis sur Facebook, qui voient tout ce que tu penses, tout ce que tu fais; même les gens que tu ne connais pas peuvent se faire une idée de toi! ». Au contraire, Omaïma, 20 ans, étudiante, pense que Facebook est un moyen de garder le contact et de s’organiser avec ses amis. Pour d’autres, c’est un moyen de garder contact avec des proches aux quatre coins du monde: ainsi, Camélia, 50 ans, professeur des Écoles, considère que « Facebook a un rôle important quand il y a la distance […] Je n’ai pas les gens que je côtoie au quotidien en amis. »

Malgré le rôle social que chacun reconnaît à Facebook, la nouvelle fonctionnalité post-mortem proposée fait débat.

Jessica, 33 ans, seconde de rayon, considère cette nouveauté comme « absurde » : en effet, elle précise : « Je mets peu d’informations sur Facebook. Elles ne me représentent pas vraiment: si il m’arrivait quelque chose, il n’y aurait rien de mieux que le contact humain pour se souvenir de moi ». Au contraire, Elio, 20 ans, étudiant et Talal, médecin de 60 ans, pensent que « cette fonctionnalité est intéressante et permet de garder en mémoire cette personne de manière plus efficace qu’avant la création de Facebook ». Omaïma, quant à elle, avance que c’est un « moyen pour ceux qui ne savent pas comment s’y prendre de rendre hommage au défunt ».

Cette mise à jour présente un paradoxe entre la volonté de faciliter la communication inter-individuelle à laquelle Facebook s’était promis et le fait qu’elle propose aujourd’hui de la poursuivre en l’absence de la personne. Camélia résume cela ainsi: « pour moi, la priorité n’est pas dans le prolongement de ma communication avec les autres après ma mort ».

Edouard Richet

Source photographie: Pixabay.com

Publications visées: Le Monde ou Le Parisien

Society : Une nouvelle étoile dans la galaxie So Press

25 novembre 2014. Alors que l’hiver commence à pointer le bout de son nez, engourdissant peu à peu les trottoirs du onzième arrondissement parisien, la rue de la croix Faubin, elle, semble animée. Festive même. Oui, les rires des quelques joyeux lurons installés à l’entrée du 7-9, à deux pas du Père-Lachaise, font écho. Une entrée sans véritable porte, et dans laquelle les luminaires larges et ronds n’ont pas tous été disposés.

La panoplie So Press

La panoplie So Press

Mais l’important est ailleurs. Au vrai, il se trouve plus loin, au centre de l’open space des nouveaux locaux de la rédaction So Press, mère de pas moins de cinq magazines, tous plus fous les uns que les autres. Doolittle, pour les jeunes parents, So Film, pour les accros au cinéma, Pédale ! pour les mordus de vélo et So Foot Junior, ou So Foot, pour les dingues de football.

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Un open space pas comme les autres

 

Barbe, famille et accouchement

Un lieu de travail au sein duquel le seul et unique bureau individuel est occupé par le créateur de cette famille. Franck Annese, un barbu à casquette de 35 ans. L’homme, diplômé de l’ESSEC, est assisté depuis toujours par ses plus fidèles amis, Marc Beaugé et Stéphane Régy, 35 ans également et rédacteurs en chef de So Foot et So Film. Un joli trio qui veut désormais marcher sur la presse tout court. Pour preuve, le 06 mars 2015, So Press accouchera d’un autre mioche. Encore. Son nom ? Society. Un quinzomadaire de société qui parlera « politique, économie, culture, sciences, sport » écrit par des types qui veulent désormais « raconter le monde ».

Une envie qui ne date d’ailleurs pas d’hier : « Cela faisait longtemps qu’on avait envie de faire un quinzomadaire de société avec Marc (Beaugé) et Stéphane (Régy). On voyait beaucoup de choses autour de nous qui ne prenaient corps dans aucun autre magazine. On avait envie de parler de tous ces sujets qui nous interpellaient mais qui ne trouvaient pas écho dans la presse française qui est un peu engoncée dans de vieux modèles et de vieilles routines » dégaine Franck Annese, enfoncé dans un des vieux canapés de la rédaction.

« quand on fait un magazine, ça sent le plaisir, on s’amuse à le faire »

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Une partie de ping-pong entre deux articles

« On fait des fanzines qui marchent »

Pourtant, dans une presse de société où Le Monde, Le Point et autres cadors font la loi, la  « So sphère », elle, n’a pas peur. Mieux encore, elle a trouvé la recette qui plait à ses lecteurs. Celle des « Trois H » : Humour, humain, histoire. Un secret de fabrication qui opère depuis 11 ans déjà : « Quand on fait un magazine, ça sent le plaisir, on s’amuse à le faire. Il y a beaucoup plus de liberté que dans la plupart des autres magazines car on n’obéit à aucune règle pré-dictée. On fait des fanzines qui marchent » confie Stéphane Régy avec passion.

Un canard à 1 400 000 euros tout de même, pour lequel tout le monde pourra mettre la main à la patte, selon Marc Beaugé : « On a la réputation de donner sa chance à tout le monde. En revanche, le niveau d’exigence sera encore plus élevé que sur nos autres magazines. On n’a pas envie de publier des papiers qui ne soient pas à la hauteur. Mais ce n’est qu’une question de travail, et généralement, le travail ne nous fait pas trop peur. » Le projet est lancé.

 

Par Maxime Nadjarian, à Paris, le 28 novembre 2014

Photographies : Maxime Nadjarian

Publications envisagées : Le Figaro / Libération

Le tatouage s’encre dans notre société

La culture tatouage et 300 des ses représentants, parmi les meilleurs tatoueurs du monde s’exposeront lors du mondial du tatouage en mars prochain à la grande Halle de la Villette. Le tatouage depuis son origine est un marqueur social fort, à l’instar de la culture Maori ou le tatouage s’affiche sur le visage des guerriers. Dans nos sociétés, jusqu’au années 2000 le tatouage était un symbole de mauvaise vie. Aujourd’hui son image change petit à petit.

« On voit un effet de mode » pour Fanny Demichelis, 20 ans étudiante en graphisme. Certain symbole se multiplie sur les peaux comme le symbole infini ces dernier temps. Certain font le choix de se faire tatouer le même tatouage que leur idole, une manière de rendre hommage, de montrer son admiration ou pour pour Terence Collard, 28 ans professeur d’allemand « par mimétisme, montrer son appartenance au groupe ».

Photo : Roberel

Le tatouage est présent sur les sportifs, les pop stars, qui en font la promotion silencieuse et le banalise. Son esthétisme quitte les corps pour les produits commerciaux, l’image du tatouage fait vendre, Diesel commercialise un dérivé de son parfum Only the Brave, sous le nom Only the Brave Tattoo, jouant sur l’image sulfureuse d’autrefois. Il devient même la « star » de téléréalité comme Miami Ink ou Ink Master. les tatoueurs deviennent des célébrités comme des « rock star », à l’image de Kat Von D ou Tin-Tin en France.

Le tatouage fascine, attire. L ‘exposition du Quai Branly à été un succès, il fallait faire parfois la queue plus d’une heure pour accéder à l’exposition. La billetterie pour le Mondiale du tatouage vient d’ouvrir pour l’édition 2015. Un mondiale qui l’année dernière à réuni 300 tatoueur du monde entier et plus de 27000 visiteurs, record d’affluence de la Grande Halle de la Villette et celui du nombre d’entrées au niveau mondial.

Ce mondial représente pour les amateurs la possibilité de rencontrer de grands artistes reconnus et de se faire tatouer par des artistes inaccessibles en temps normal, ou simplement de voir leurs oeuvres ou de découvrir de nouveaux artistes. Le mondial offre aussi aux néophytes la possibilité de découvrir cette culture. Une réunion bercé par une programmation musicale promise comme « toujours plus exceptionnelle » sur le site officiel du mondial.

Si l’image du tatouage fait peau neuve, elle ne devient pas anodine. Ses codes sociaux et symboliques évoluent mais restent présentes et possèdent autant d’importance que l’aspect esthétique, comme l’explique Emeline Coulon, 20 ans étudiante en communication « on fait un tatouage qui veux dire quelque chose pour nous mais il doit aussi être beau pour qu’on puisse le montrer ».

Si le tatouage n’inscrit plus sur la peau l’appartenance à un groupe ou notre place dans ce groupe, pour Fanny Demichelis «les tatoués forment une communauté, on partage une expérience, on en discute ». Cette « communauté » représentait en 2010 un français sur dix selon l’IFOP. Une pratique beaucoup plus présente chez les 18-35 ans ou ils sont 30% à être tatoués, pour Emeline Coulon on peut parfois y voir comme « un rite de passage une manière de dire « maintenant je suis adulte, je peux faire ce que je veux avec mon corps » », d’autre y voit une appropriation du corps.

Photo : Roberel

Aujourd’hui ce n’est plus le regard des autres qui freine les gens dans le passage à l’acte du tatouage mais son coté permanent. Pour Fanny Demichelis il faut réfléchir avant de se faire tatouer, « pour l’endroit, certain milieux professionnels restent retissant à l’idée du tatouage, il faut donc qu’il ne soit pas trop voyant dans ce cas. Mais surtout sur ce qu’il veut dire pour nous il s’agit de quelque chose de permanent. Tatouage et mode sont deux concept antinomiques, l’un est permanent l’autre finit toujours par changer ».

Le tatouage est devenu un art de plus en accepté, moins clivant. Quand on comptait 15 salon de tatouage en France en 1982 Il y en a entre 3 500 et 4 000 en France actuellement. Il possède ses courants, ses grands artistes. Et il s’expose à la grande Halle de la Villette les 6, 7, et 8 mars 2015, la billetterie est déjà ouverte.

Maëva WORMSER

Photos : Roberel ( http://www.roberel.com )

Publication : Metro News, ELLE, webzine Madmoizelle

Entre burlesque et transformisme : Portrait d’une artiste qui n’a pas froid aux yeux !

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Léa Bare, artiste multidisciplinaire, s’épanouit dans la comédie, la danse, et le burlesque. Engagée, elle n’hésite pas à faire transparaitre ses prises de position au sujet de problématiques comme le féminisme et la question du genre, dans ses créations et performance artistiques.

       Les arts du spectacle n’ont pas toujours été une évidence pour Léa Bare. Comédienne-danseuse et performeuse burlesque. Lycéenne, elle voulait devenir styliste designer. Fascinée par le monde de la mode, elle intègre après son bac général, l’ENSAD. Une expérience qui marquera un tournant dans sa vie d’étudiante ; « En fait ils ne parlaient que business : argent, bénéfice… J’étais complètement désillusionnéJ’ai pris conscience que ce n’était pas fait pour moi » explique-t-elle. A cette époque elle n’avait pas vraiment idée de ce que pouvait être le théâtre. Elle intégra une petite troupe et prit des cours d’art dramatique à coté. Ceci en continuant à créer des robes et des costumes pour des évènements. Très vite, elle ressentit le besoin de se consacrer au théâtre, de s’exprimer avec son corps et plus seulement par le biais de ses costumes ; « Je me suis dit qu’il fallait que je me mette en scène moi ! Je me suis rendue compte qu’être sur les planches c’était tellement mieux. Et au fur et à mesure je me suis éloignée de mes dessins tout en continuant de faire de l’art plastique pour moi, pour mon plaisir » confit-elle.

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PRETTY PROPAGANDA : MY FUNNY VALENTINE – Mercredi 12 février 2014

    « A la base je pensais que le burlesque était une pratique féministe »

            Etudiante à l’Université Paris 3 en Master, Léa est comédienne dans plusieurs compagnies, metteur en scène et chorégraphe. A coté de ça, il y a le burlesque, une passion à part entière dans laquelle elle retrouve aussi son goût pour les costumes, « Il y a vraiment une compétition du costume en burlesque. J’y consacre beaucoup de temps, des heures ». Léa a commencé par prendre des cours à l’Ecole des Filles de Joie à raison de huit heures de danse par semaine, des cours de théâtre ainsi que des cours d’effeuillage. A la différence du Strip-Tease, le burlesque est une performance théâtrale ; « Le Strip-Tease appelle vraiment le désir, il y a un peu de ça dans le burlesque mais c’est surtout pour faire rire et faire décomplexer la femme » explique-t-elle. Comme le souligne Léa, le burlesque ne veut censurer personne, « le burlesque c’est remettre en question les stéréotypes établis de la femme». 

Il est vrai que nous vivons dans une société où l’image envahit tous les aspects de notre quotidien. Les références à la sexualité deviennent omniprésentes dans l’espace public : à la télévision, à la radio, sur Internet ect. C’est dans ce contexte que l’on voit réapparaitre des mouvements comme le féminisme, plaidant contre le diktat des médias et la pression des campagnes publicitaires qui conditionnent l’image de la femme. « A la base je pensais que le burlesque était une pratique féministe » indique t-elle avant d’ajouter, « C’était un acte un peu révolutionnaire, voir même politique de me mettre nue sur la scène théâtrale ». Une des politiques du burlesque est en effet de montrer des corps sexy, nus, mais des corps différents, « hors norme ». Il faut tout de même nuancer cette position car on est encore loin d’une libération totale et décomplexée du corps. Selon Léa, les filles s’imposent toujours la même chose, « Alors que les gens en général demandent complètement autre chose, ils demandent à voir de la cellulite, des grosses fesses » affirme t-elle, « On ne cherche pas la minauderie, mais aujourd’hui les codes du burlesque sont souvent détournés et mal interprétés ».

Léa est maintenant diplômée de l’Ecole des Filles de joie où elle retourne pour travailler et animer des cours de danse. Elle commence à être connu dans ce milieu et participe à des revues dans des cabarets à l’étranger : A Londres et Berlin principalement mais aussi au Danemark. 

« Drag King : Découvrez l’homme qui est en vous »

 

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Kabaret Kings – Portrait – Les Petites Gouttes – 05.04.14.

          Léa a participé au premier atelier Drag King qui a eu lieu à Paris en décembre 2013. Cet atelier, animé par Louise de Ville (performeuse Queer et burlesque originaire du Texas) était intitulé : « Atelier Drag King ; découvrez l’homme qui est en vous ». Lors de cette rencontre, Léa a pu apprendre les règles de base du transformisme comme le « Bandage », une technique qui consiste à se bander les seins pour cacher les formes.

« Aujourd’hui je me détache un peu du burlesque et je me concentre dans les créations « Queer », c’est à dire des créations « transgenre » comme le Drag King ». En effet, curieuse de tenter de nouvelles expériences, Léa s’est rapprochée de la communauté « Queer », « Les gender-studies m’intéressent particulièrement ainsi que les questions autour de l’identité sexuelle » explique-t-elle. Etant d’abord comédienne, le Drag King lui a permis d’aborder le jeu d’une autre façon ; «  J’ai pris conscience qu’on pouvait être sur scène l’exacte opposé de ce qu’on est dans la vie, principalement grâce à un travail en amont sur son corps. On peut être une femme extrêmement pulpeuse et jouer un homme. Tout est possible ! C’est ce qui m’a fasciné ». Cette expérience a fait évoluer sa conception du théâtre mais aussi plus généralement sa vision sur l’identité homme/femme ; « C’est une approche très intéressante pour moi en tant que comédienne mais aussi en tant que femme. » confit-elle. Elle dit d’ailleurs se sentir « rassurée », « Je me suis toujours dit que j’étais entre l’homme et la femme » confit-elle amusée. Proche de ces questions autour du genre, il était important pour Léa de réutiliser les codes propres du Drag King au sein de ses numéros burlesques. Elle a donc décidé de créer un duo d’effeuillage inspiré de performance Drag King, qui, avec plus d’une dizaine de représentations, est un de ses shows ayant rencontré le plus de succès.

            Etre performeuse burlesque et performeuse « Queer » lui permet de vivre des expériences enrichissantes qui viennent nourrir ses autres projets artistiques ; « Faire du burlesque c’est une activité complémentaire à comédienne-danseuse, on ne peut pas en faire son métier, c’est important de le préciser » ajoute Léa Bare avant de conclure en souriant, « c’est un caprice en fait ! ».

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Atelier Drag Kings animé par Louis de Ville, organisé au Kat’s Club à Paris, le 25.01.14

 DAMPT Marie Charline

Publications visées : magazines féminins, magazines culturels

1_Photo par Hervé PHOTOGRAFF

2 et 3_Photos par Gilles Rammant – Photographe (http://www.gillesrammant.com/)

 

 

 

Sylvain March

Gagner sa vie grâce à internet ??

Sylvain March

Trader indépendant

Passionné depuis très longtemps par la bourse, Nicolas Sylvain, trader indépendant qui fait des ravages depuis quelques années sur Internet, nous livre les secrets de son parcours et nous montre finalement qu’être indépendant financièrement grâce aux activités boursières est à la portée de tous. C’est un trader professionnel qui a appris à ces propres dépens et qui aujourd’hui, formateur et gérant du site en-bourse.fr, nous montre que se lancer en tant qu’auto-entrepreneur est loin de n’être qu’un chemin du combattant. C’est un mélange de passion, d’aventures professionnelles et d’ouverture sur le monde.

En tant qu’indépendant, Sylvain March a eu un parcours totalement atypique, qu’il dit « revendiquer car celui lui a apporté la faculté de penser de manière originale et non formatée ».

Après un IUT informatique et un DEUG de psychologie, il s’est orienté vers une carrière de prestataire de services informatiques, notamment pour les salles de marchés.

« J’étais déjà accro à la bourse, et je cherchais un moyen d’accéder professionnellement à ce milieu, alors que je n’avais pas de diplômes de finance. J’ai donc appris sur le tas, mais mon passage chez les pros m’a également beaucoup appris. Ne voyant pas de possibilité d’évoluer vers une carrière de trader institutionnel, les économies aidant, je me suis lancé comme trader indépendant tout en voyageant à temps plein autour du monde, pendant 1an et demi environ ».

Sylvain, grâce à sa nouvelle vocation a eu la chance de pouvoir apprendre tout en voyageant de part le monde – concilier travail et plaisir n’est donc pas finalement une chose si difficile.

Si l’on veut échapper à la dictature des professions « classiques », métro-boulot-dodo, au delà du fruit à récolter, il y a évidemment un prix à payer : savoir être flexible, réactif et surtout créatif.

« Je n’ai rien inventé, c’était dans l’air. En 2010, le blogging commercial explosait sur internet, c’était partout et tout le monde voulait se lancer. Quand on passe ses journées sur le web comme moi, on ne pouvait pas ne pas le voir. J’ai trouvé que peu de blogs francophones sur la bourse proposaient un cursus de formation intéressant, a lors que le concept cartonnait aux US, mais aussi en France dans d’autres niches. Ayant (et étant toujours) moi-même un élève par internet, j’ai eu envie de partager mon expérience et mon histoire »

Avec un peu d’expériences, un peu de recherches et de patience, on peut parvenir assez rapidement à un résultat

« En environ 1 mois, j’ai commencé avec quelques articles, mais aussi l’écriture de mon premier livre autoédité, car je souhaitais proposer une offre commerciale très rapidement après le lancement »

Cependant quand on est indépendant et qu’on vit dans un pays de droits et « d’imposition » (rires), on se pose évidemment la question de comment payer ses impôts si les revenus sont la plupart du temps irréguliers.

« Je suis occasionnellement à l’étranger, mais ma résidence fiscale est en France, je paye donc mes impôts en France. Il faut faire un choix, soit vous vivez en France et payez en France, soit vivez ailleurs et payez ailleurs. L’absence de régularité des revenus d’un entrepreneur n’est pas lié à la fiscalité française, mais à la nature de l’activité, qu’il faut accepter et gérer en conséquence (c’est-à-dire mettre de côté durant les périodes fastes) »

Une fois le cap de la réalisation du projet réussi, il n’est pas difficile de se faire une publicité gratuite grâce aux journaux sur internet, si le projet est très bien construit et pertinent.

« J’ai toujours été contacté par les journaux, je n’ai jamais fait de démarches en ce sens autre que tout faire pour être remarquable et remarqué, en diffusant un travail de qualité de la manière la plus large possible (réseaux sociaux, etc) »

Et pour finir, avoir un projet en ligne n’exclue pas le fait d’avoir d’autres « arcs à son actif ». Plus on est créatif, plus les sources de revenus sont conséquentes, et plus confortable notre compte bancaire est (rires).

« J’y consacrais la moitié de mon temps d’activité au début, aujourd’hui j’y consacre les 2/3. Ce qui me permet d’atteindre largement mes objectifs financiers. Puis j’ai d’autres revenus notamment dans l’immobilier locatif »

Remercions énormément l’interview que nous a consacré Sylvain malgré son « crazy schedule » car maintenant on est tous au courant qu’avec beaucoup de patience et de passion, rien n’est inaccessible. Concilier travail, indépendance et plaisir est à la portée de tous !

Lonlonyo AMOUZOU

Photographie personnelle de Sylvain March

Publication : Le Monde

 

La cigarette 2.0 : vers une progression dans la lutte contre le tabagisme ?

Avec presque deux millions d’utilisateurs quotidien en France, la cigarette électronique fait aujourd’hui de plus en plus d’adeptes. Réelle solution ou simple gadget à la mode, quel avenir pour la cigarette électronique ?

Selon les dernières recherches de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), publiés dans Les Echos, la cigarette électronique aurait fait reculer le tabagisme de 7,6%, recul qui n’avait pas été noté depuis la hausse des prix de 2003. Son usage réduirait “la quantité moyenne consommée par chaque fumeur” et serait à l’ origine “d’une partie de la baisse des ventes observées en 2013” expliquent les chercheurs de l’Observatoire.

Toutefois le boom de la cigarette électronique n’expliquerait pas à elle seule cette diminution. L’OFDT stipule que l’augmentation progressive des prix serait aussi un facteur influent. Alors que le prix des cigarettes classiques avoisine les 7€, la cigarette électronique elle s’affiche à un prix d’environ 50 à 70€ pour l’achat de l’appareil, puis de 4€ par recharge. De quoi tenter une partie des consommateurs.

 

Les "vapoteurs" sont aujourd'hui de plus en plus nombreux.

Les « vapoteurs » sont aujourd’hui de plus en plus nombreux.

Des consommateurs aux avis partagés :

« J’étais au départ très content de la cigarette électronique » – raconte Béranger, fumeur quotidien de 35 ans « très vite, je suis passé de 20 à seulement 2 vraies cigarette par jour ! » Mais rapidement, se fait ressentir un manque. « Cela doit sans doute venir de ma volonté de vraiment vouloir arrêter mais c’est quand même différent, et moi [ça] –la cigarette classique-  me manquait ». Il est aujourd’hui estimé que la cigarette électronique ne provoque aucun risque comparable au fumage passif. Il faut malgré tout noter le manque de recherche scientifique et de recul à ce sujet. « Je sais que fumer c’est mal, on connait tous les conséquences. Même si la cigarette électronique n’est pas considéré comme dangereuse, je ne suis pas sûr que les nouveaux composant chimiques ne sont pas tout aussi nocif pour la santé sur le long terme ».

Aurélie, 22 ans a fumé la cigarette électronique pour la première fois il y a deux ans  « J’ai pris ça comme un jouet, c’était marrant et plutôt bien fait ! Mais ça ne donne pas le même goût ni les mêmes effets que la cigarette. Quand des personnes fument à côté de toi, t’as qu’une seule envie c’est de leur demander une clope ! » Pas convaincue non plus des effets positifs pour arrêter de fumer, elle a repris la cigarette classique au bout de quelques semaines seulement – « en plus ça me piquait la gorge ! Si on veut arrêter ce n’est pas grâce à ce genre de petit objet car au final c’est juste un prétexte pour continuer ! Arrêter c’est une question de volonté ! »

Effet de mode ou réelle méthode pour combattre le tabagisme, la cigarette électronique est-elle vraiment efficace ? Et quels seront les conséquences d’ici une dizaine d’année ?

Des effets encore peu étudié :

Effet positif de la cigarette électronique : le nettoyage des rues!

Effet positif de la cigarette électronique : le nettoyage des rues!

Du côté des non-fumeurs, la cigarette des temps moderne est bien plus agréable au quotidien du fait qu’elle ne laisse pas d’odeur mais, L’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) mets en garde contre l’éventuelle incitation à fumer que peut représenter l’objet. Créant le buzz chez les jeunes, une partie des 15-16 ans a ainsi commencé à « vapoter ». De quoi inquiéter les spécialistes qui craignent que ce ne soit qu’une initiation au vrai tabagisme.
Pour les fumeurs, l’AFSSAPS tout en restant prudente, avance que « à ce jour, aucun effet indésirable ou cas d’intoxication en lien avec la présence de ces solvants dans les cigarettes électroniques n’a été rapporté. »
Bie qu’étant un cas isolé, ces propos pourraient être remis en cause avec la triste histoire d’un chien intoxiqué après avoir ingérer une recharge de cigarette électronique en Grande Bretagne…

 

 

Lotte Koerhuis, n°21109236

Publication visée : Webmagazine, L’Express : rubrique société.