Le Café Curieux : une caverne d’Ali Baba à Paris

 

Une fois la porte poussée, vous entrerez dans un lieu qui ne ressemble à aucun autre mais qui paraît pourtant si familier. La curiosité est un vilain défaut ? Ici, l’adage n’a pas lieu d’être.

En plus de trouver de quoi se sustenter, le café propose par centaines (non loin sans exagérer), des objets en tout genre : allant du livre de recettes de cuisine, à la lampe de chevet, en passant pIB7A4479ar les chaises sur lesquelles les visiteurs s’assoient pour prendre un thé ou café. Tout est à vendre, même les tables ! Il s’agit là d’une brocante permanente et qui n’a de cesse de se transformer.

Pourquoi est-ce un lieu si familier ? Par l’ambiance toute particulière qui s’en dégage. C’est comme si l’on se retrouvait chez sa grand-mère ou sa tante à prendre le thé. On y trouve de vieilles tasses en porcelaine (cf Dolores Ombrage dans Harry Potter en beaucoup moins terrifiant) mais aussi plusieurs marqueurs du temps, comme ce journal d’août 1949, un sac de grande marque datant des années 60, ou encore des ouvrages aux pages jaunies.

Malgré tout cela, le patron, Antoine ne ressemble pas vraiment à une grand-mère. Après des études en art, ce photographe décide de reprendre les lieux en main et d’y installer les bureaux de son collectif « Le Garage ». Cet endroit qui appartient à sa famille était au début du siècle dernier, une brasserie où les tanneurs du quartier venaient prendre un verre pour décompresser. De cette époque  il ne reste que le monte-charge (logo du collectif), qui confère à la pièce un charme et une authenticité touchante, ainsi que l’ambiance familiale si particulière aux troquets des coins de rue. Quant au sol, c’est une fresque géométrique réalisée par un ami (Alexis Masurelle) qui orne l’espace à merveille.

L’autre particularité du Café Curieux, c’est le choix, et surtout les prix : café à 1€, pâtisseries maison à 2€ IB7A4438(souvent réalisées par la maman d’Antoine), jus de fruits frais à 3€, et cerise sur le gâteau, pour 2.50€, le thé (ou plutôt la théière).

L’ensemble des produits servis viennent du quartier. On retrouve également cette idée avec les Paniers Bio du Val de Loire. Le café fait office de point de dépôt, où les abonnés des paniers peuvent y récupérer leur commande chaque semaine. (Plus de précisions en suivant le lien en bas de l’article).

Les objets chinés proviennent de brocantes, comme celles qui ont parfois lieu rue Mouffetard, ou bien des Puces de St Ouen. Petite précision : dans le café, tout a été chiné, y compris le bar. Le seul objet non chiné c’est le réfrigérateur !

En plus de découvrir des objets insolites (comme une bouteille de bière japonaise, vestige d’un événement historique) vous pourrez admirer les œuvres d’artistes qui viennent occasionnellement exposer au café.

Le Café Curieux accueille également un samedi sur deux l’association « Réfugiés Bienvenue », qui permet à des demandeurs d’asile ou bien des réfugiés de passer un agréable moment dans ce cadre unique.

Antoine imagine de plus en plus l’avenir du café, notamment avec l’idée d’une pause salé ou des expositions artistiques plus fréquentes, avec en bonus des cours de dessin.

Finalement, le café est une œuvre d’art qui est en perpétuelle évolution. .

Petite anecdote, l’objet préféré d’Antoine : « des dés truqués que j’ai offerts à uIB7A8321n ami pour son anniversaire » raconte-t-il avec enthousiasme. Ces dés, il les a trouvés lors d’une de ses expéditions aux puces de St-Ouen. Leur particularité : ils ont été fabriqués par un petit malfrat dans les années 1920.

Antoine connait l’histoire de chaque objet qui peuple son café. « J’ai l’impression de faire de l’archéologie ! […] Métier que je voulais faire étant petit. »

Si vous êtes curieux, fouineurs ou simplement flâneurs, vous saurez désormais où vous rendre ! Le café est ouvert du mardi au vendredi de 12h à 19h et de 13h à 20h en weekend.

Clara Luccarini

 

Adresse : 3 rue Scipion, 75005 Paris

Horaires : mardi au vendredi de 12h à 19h

samedi et dimanche de 13h à 20h

https://www.facebook.com/lecafecurieuxparis/?fref=ts

https://www.instagram.com/lecafecurieuxparis/

https://www.instagram.com/alexismasurelle/

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https://www.facebook.com/lespaniersbioduvaldeloire/?fref=ts

crédit photos : lecafécurieuxparis

Publication envisagée : TimeOut Paris

mots : 660

 

 

 

 

 

 

 

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Momo, humoriste marocain, brûle les planches pour sa première scène parisienne

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Début 2016, dans le « Morning de Momo » sur Hit Radio, l’artiste annonce sur les ondes marocaines, sa venue à Paris pour rencontrer son public et lance la promotion de son spectacle.

C’est le début d’une épopée fantastique, mais néanmoins réelle qui signe la propulsion de l’artiste au-devant des plus grands de la scène marocaine et souligne sans conteste, sa prouesse dans l’écriture et son travail de longue halène.

Durant des semaines, Momo confie son impatience à ses auditeurs marocains qui comptent parmi ses plus grands fans. Il explique les raisons qui l’ont poussé à monter sur scène. Le public au Maroc suit sa saga, intervient au téléphone, tout tourne autour de cette fameuse date du 20 février 2016. Une date charnière. Un événement. Un tremplin certain.

Sa page Facebook, constitue pour l’artiste une tribune qui retrace ses répétitions, les encouragements de ses fans au Maroc, son arrivée à Paris une semaine avant sa date. Il s’imprègne de l’ambiance des rues, prend connaissance de l’environnement et fait la promotion de son spectacle avec des journalistes télévisés et radiophoniques français.

Nous sommes à deux heures de la prestation, les spectateurs s’agglutinent autour du théâtre Le République : « il est à guichets fermés depuis deux jours ! », « On est venu voir s’il est aussi marrant qu’à la radio ». Un public en attente tout en étant sondeur, un brin septique.

C’est dans l’effervescence que l’assistance s’installe, David Elmaleh se mêle aux spectateurs et incarne un message subliminal de la présence de son fils, Gad Elmaleh dans les coulisses pour soutenir Momo.

Noir dans la salle, lumière sur la scène, clameur du public, entrée de Momo sur scène. Ainsi commence ses confidences. Il nous raconte son enfance, ses débuts à la radio, nous met dans le secret d’anecdotes liés à sa notoriété. Il ponctue le tout avec un florilège de personnages non sans un zeste d’interaction active avec le public ; et conclut mélancoliquement avec ses aspirations.

Tollé d’applaudissement du public, le public se presse pour rencontrer l’artiste. Les avis divergent: « on sent qu’il a travaillé son spectacle », « c’est la radio qui m’a donné envie de venir, et c’est l’humoriste qui me donne envie de le revoir ». Les flashs crépitent, avalanche de selfies et d’autographes par Momo pour ses fans. L’humoriste est encerclé chaleureusement par son public conquis.

Après le succès de sa tournée au Maroc, venir au devant de son public parisien est devenu pour lui une évidence.

Lors d’une interview téléphonique le lendemain de son spectacle au République, Momo fait part de sa remise en question après sa prestation de la veille. Pour lui, cela constituait un véritable challenge quant à la vente des places, la réaction du public, ou encore la pertinence de ses propos auprès d’un tel public. En effet, au Maroc, un spectacle est un événement en soi, là où Paris compte 700 représentations environ par jour. « Le public n’a pas les mêmes attentes, Paris était pour moi, un risque, un challenge ».

Sur ses débuts en tant qu’humoriste, Momo dit: « je suis tombé amoureux de la radio mais maintenant je suis tombé amoureux de la scène ». Il nous confie qu’il prend garde à son image, il se booste à travers son public dans lequel il puise certaines de ses vannes : « je me regarde à travers mon public ». Mohamed Bousfiha s’acharne au travail, il veille à propulser les jeunes aux devants de la scène et à jouer un rôle de catalyseur.

Retour au Maroc

Sur les réseaux sociaux, les auditeurs le pressent de questions sur son expérience parisienne auxquelles il répond avec franchise. Première émission radio. Annonce d’un appel téléphonique urgent en direct. La voix de Gad Elmaleh retentit sur les ondes. Celui que l’on ne présente plus, félicite celui qu’il considère maintenant, avec humilité, comme étant son homologue.

Momo a su mettre en exergue ses talents et réussir son challenge parisien.

Le retour sur les planches parisiennes ne s’est pas fait attendre. En effet, le 4 mars 2016, sur les pages Facebook et Twitter de Momo et Gad Elmaleh, est annoncé le retour de l’artiste au théâtre « Le République » pour un rendez-vous hebdomadaire avec le public parisien à partir du 30 mars 2016.

Meryeme BOUBNANE

 

687 mots 

Publications en France: Huffingpost France /  Parisinfo.com

Publications au Maroc: Huffingpost Maroc / LeMatin Maroc rubrique « culture »

Publication Blog personnel: http://miyeboubnane.wix.com/miyeboubnane

Crédit photo/vidéo: Page Facebook MOMO Officiel

 

Last Train, ou comment avoir un train d’avance sur la musique rock aujourd’hui

Aucun album à leur actif, ni même de prévu prochainement, et pourtant, tous les festivals se les arrachent. Cela va faire près de deux ans qu’ils enchaînent les concerts sans chômer, aussi bien en France qu’à l’international. Récemment en première partie de Johnny Hallyday à l’AccorHotels Arena, ils ouvriront également pour Muse cet été aux Arènes de Nîmes.Mais comment en sont-ils arrivés là ? Ça, c’est la grande question, d’autant plus qu’ils ne sont même pas parisiens.

Jean-Noël, Antoine, Julien et Tim n’étaient alors que des collégiens lorsqu’ils ont décidé de fonder ensemble le groupe Last Train, en 2005. S’ils ne se souviennent plus vraiment d’où leur est venue l’idée de ce nom singulier, ils ont cependant créé le groupe pour « kiffer » et « se faire plaisir » comme ils le disent eux-mêmes.

A cette époque, ils puisaient d’ailleurs leur inspiration dans un peu tout ce qu’ils écoutaient et produisaient alors une sorte de véritable brainstorming musical, sans réelle direction mais pourvu du peps nécessaire et de la fougue de leur jeunesse. En 2013, ils remportent ainsi le concours « Tremplin SFR Jeunes Talents » et jouent au festival « Le Printemps de Bourges » qui les propulse au devant de la scène française. En 2014, ils enchaînent alors une tournée de concerts dans toute la France et se décident à sortir un EP 5 titres aussi détonnant qu’impressionnant, intitulé « The Holy Family ».

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Prenant peu à peu leur marque dans le monde pourtant difficile de la musique, les Last Train décident de s’émanciper totalement et montent leur propre label, « Cold Fame Records », qu’ils inaugurent en janvier 2015. Ce sont eux qui s’occupent de tout: la promo, les clips, la production, jusqu’à l’organisation de leurs tournées dans les moindres détails.

Comme le dit Tim, le bassiste, ils ont voulu faire leurs preuves et montrer ce qu’ils savaient faire: « Au début, lorsque nous n’étions pas encore très reconnus, on faisait déjà tout ça, et on s’est rendu compte que ça nous plaisait plutôt bien, alors on a créé le label pour être au centre de toutes les décisions mais aussi pour pouvoir s’occuper d’autres groupes ». Comme le rajoute Jean-Noël, le chanteur, « ce choix a vraiment été longuement réfléchi, ce n’était pas une décision à prendre à la légère car ça nous donne vraiment beaucoup de travail mais au moins on est complètement indépendant et libre de faire ce dont on a réellement envie. » Un choix plutôt judicieux donc, car ça marche plutôt bien pour eux !

À tout juste la vingtaine, le quatuor tient donc les rênes d’un groupe très prometteur. Ambitieux sans être prétentieux, un brin timide même, ils redonnent un véritable coup de fouet aux jeunes groupes de la scène française actuelle.

Comme beaucoup d’autres musiciens français, ils ont d’ailleurs fait le choix de mettre la langue de Molière au placard et de chanter exclusivement en anglais, qui « sonne vraiment mieux » selon eux. Comme le dit Antoine, le batteur, « les paroles c’est plutôt secondaire en fait, parce qu’on compose toujours l’instrumental avant et ensuite on écrit la chanson ».

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Cependant, ils ont trouvé le moyen de se démarquer des autres groupes, grâce au grain de voix « rugeux », mais pourtant des plus agréables, de Jean-Noël, qui fait tout le charme et l’unicité de leurs mélodies.

Dans la lignée de Black Rebel Motorcycle Club ou encore Band Of Skulls, parfois même aussi envoûtant que les Doors, Last Train sait comment faire vibrer son public dans un dynamisme fulgurant et un son brut qui tendait pourtant à disparaître. Leur secret, c’est la scène. Le live. C’est l’ambiance brûlante, l’émotion partagée avec le public, l’adrénaline procurée par la foule en délire. Sur les planches, rien à dire, ils savent ce qu’ils veulent !

Après une Maroquinerie à guichet fermé le 10 Mars dernier, ils joueront ce lundi 4 Avril au Festival Chorus à La Défense. Après un été sur les routes pour leur tournée internationale « The Holy Family », que vous pouvez retrouver ici, ils termineront l’année en beauté avec trois dates parisiennes. C’est donc le moment d’aller les voir, avant qu’ils ne remplissent des salles comme l’AccorHotels Arena à eux-seuls. Ces gars-là ne sont décidément pas près de s’arrêter ! Et c’est tant mieux.

Courtois Melody

697 mots

Crédit photos article: Yann Orhan  &  crédit photo image à la une: Bobby Allin
Source: Tim Gerard, Jean-Noël Scherrer, Antoine Bashung, Julien Peultier (Last Train)

Site Internet

Page Facebook

Publications envisagées: Les Inrockuptibles, Rock & Folk

Penser la place du corps dans l’art avec Helena Almeida

Jusqu’au 22 mai 2016, le musée parisien du Jeu de paume met à l’honneur l’artiste portugaise Helena Almeida en lui consacrant la rétrospective « Corpus » qui réunit ses dessins et ses photographies peintes les plus connues. Récit d’une exposition intrigante, quelque part entre l’abstrait, le contemporain et le surréalisme.

A l’occasion de l’édition 2016 du Printemps culturel portugais, Paris découvre Helena Almeida, photographe renommée au Portugal pour avoir représenté le pays à deux reprises à la Biennale de Venise, en 1982 et en 2005.

Tout commence en 1934, à Lisbonne, lorsqu’elle naît en pleine dictature militaire, d’un père sculpteur officiel du régime fasciste et pour qui elle posait souvent étant enfant, durant des heures interminables où elle devait rester immobile et silencieuse. Et puis, un jour, dans les années soixante, la jeune femme a choisi de devenir, elle-même, artiste et de s’émanciper de la tutelle paternelle.

Aujourd’hui, Helena Almeida a passé la barre des quatre-vingt ans et le musée du Jeu de paume a souhaité rendre hommage à sa longue carrière en partageant les œuvres majeures de son corpus dans une exposition éclairante et accessible à tous les publics.

Dans un premier temps, l’organisation chronologique de la rétrospective est agréable car elle permet de mieux comprendre comment le travail de l’artiste a évolué au fil du temps, d’autant plus que celui-ci est installé dans de grandes salles silencieuses qui refusent d’accueillir plus de vingt spectateurs à la fois, pour conserver une certaine solennité.

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Pintura habitada, crédits : Fundaçao de Serralves

Ensuite, les salles dégagent toutes un charme différent, la première est étonnante car elle met à l’honneur le travail expérimental de l’artiste et son jeu avec la toile, qu’elle déchire ou qu’elle porte comme un vêtement. Quant aux autres, elles présentent notamment les inoubliables autoportraits en noir et blanc d’Helena Almeida, recouverts de peinture bleue dans la série Pintura habitada (Peinture habitée, 1976) et accompagnés de dessins et de films réalisés dans son atelier.

Grâce à ce parcours semé de panneaux explicatifs, le spectateur découvre une artiste non conformiste et très originale qui est, en fait, bien plus scénariste et metteuse en scène que photographe étant donné qu’elle n’appuie que rarement sur le déclencheur de l’appareil photo – c’est son mari qui s’en charge – mais préfère réaliser, au préalable, une série de croquis détaillant les postures qu’elle adoptera en tant que modèle.

 

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A gauche : Dentro de mim, crédits : Laura Castro , Caldas et Paulo Cintra A droite : Seduzir, crédits : Coll. CAM – Fundaçao Calouste Gulbenkian

 

Des postures mises en valeur par le musée du Jeu de Paume qui a choisi d’organiser cette rétrospective autour de la place qu’occupe le corps dans l’œuvre d’Helena Almeida et en exposant des photographies la représentant recroquevillée dans Dentro de mim (A l’intérieur de moi, 1998) ou vieillie et cambrée dans Seduzir (Séduire, 2002).

Clara a visité l’exposition et elle semble apprécier la thématique proposée par le musée : « Je trouve le mélange de la peinture et de la photographie vraiment original et contemporain. J’apprécie aussi le côté ultra féminin : la sensualité, la séduction et le corps féminin sont très présents et son travail est très féministe. »

Le choix du Jeu de paume de se focaliser sur l’importance du corps semble, aussi, concorder avec la philosophie de l’artiste qui tient en quelques mots : « my work is my body, my body is my work », et qui est bien mise en valeur par un agencement des photographies permettant au spectateur de voir le corps de l’artiste prendre de l’âge au fur et à mesure de sa déambulation entre les salles.

Marie, une autre visiteuse de l’exposition, semble ravie de ce qu’elle vient de voir : « J’aime sa façon de mettre en scène le corps qui occupe l’espace, on a l’impression de mouvement. Il y a aussi plein de métaphores, c’est très poétique. En plus, elle nous fait entrer dans son atelier et dans son intimité, elle joue avec la matière et n’a pas peur de se mettre en scène et de s’abîmer aussi, c’est beau. »

C’est donc la beauté de l’œuvre qui marque les esprits des spectateurs à leur sortie du musée, mais aussi l’engagement de l’artiste dont la mise en scène du corps est révolutionnaire et politique dans les années soixante puisqu’il fait écho au mouvement mondial de libération de la femme qui réclamait, dans différents pays occidentaux, un libre accès à la contraception et à l’avortement.

Joao Ribas, co-commissaire de l’exposition, affirme d’ailleurs que « l’utilisation de la photographie et la focalisation sur le corps montre une perspective féministe claire » chez Helena Almeida. Tout un programme, donc, pour une exposition ludique et presque philosophique qui enchantera les petits et les grands, les initiés comme les novices.

 

« Helena Almeida, Corpus »,
Jusqu’au 22 mai 2016,
Musée du Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, Paris 8e
Tous les jours sauf le lundi : 11h-19h, le mardi jusqu’à 21h
Tarif plein : 10€, tarif réduit : 7,50€

 

Anne-Flore Buisson-Bloche.
705 mots.
Publication envisagée : Télérama, L’Obs, M le magazine du Monde.

« Fais gaffe il y a les contrôleurs … Mais chut … Il ne faut pas le dire … »

Depuis quelques temps déjà, afin d’éviter les sanctions ou procès verbaux dans les transports, les fraudeurs s’entraident en signalant la présence de contrôleurs sur les réseaux ferrés et dans les bus notamment. Par le biais d’applications comme Check My Metro ou Un ticket, les resquilleurs localisent les agents de contrôle et permettent aux autres fraudeurs de se munir d’un ticket, ou de prendre un autre chemin.

Le 9 mars dernier, l’Assemblée a validé le projet de loi qui interdit « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, tout message de nature à signaler la présence de contrôleurs ou d’agents de sécurité employés ou missionnés par un exploitant de transport public de voyageurs. » Ce projet de loi, désormais ratifié, (Proposition de loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique, et contre les actes terroristes dans les transports) viserait à combattre la fraude, mais aussi à aider la lutte anti-terroriste, ou en tout cas à empêcher d’éventuels terroristes d’utiliser les signalements de contrôleurs à leurs fins. Bien qu’assez difficile à évaluer, l’intérêt de cette mesure dans la lutte anti-terroriste est donc explicitement souligné dans le titre du projet de loi. En cas de transgression, ce dernier prévoit une peine maximale de deux mois de prison et de 3.750€ d’amende pour le contrevenant. En outre, cette sanction s’avère donc être plus sévère que celle encourue pour la fraude elle-même (amende de 80€).

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Les lourdes peines prévues pourraient bien dissuader les nombreux « signaleurs » d’avertir leurs camarades, et par extension, de frauder. Selon les mots du texte de loi, un message, sur une plateforme telle que Check My Metro, ou même un simple texto avertissant de la présence de contrôleurs, seraient punissables d’une peine de prison. Cette légère disproportion, pour ce délit mineur à première vue, a été relevée et dénoncée par certains hommes politiques, dont François Bonhomme (rapporteur au Sénat – Les Républicains) : « C’est la peine encourue pour agression sexuelle, signale-t-il dans l’hémicycle, Il ne semble pas justifié d’ériger en délit le fait de signaler la présence de contrôleurs effectuant un contrôle ». D’un autre côté de l’Assemblée, selon la plupart des autres parlementaires, la nouvelle mesure répond surtout à des enjeux économiques indéniables : « Nous avons décidé de lutter contre la fraude, rappelle Gilles Savary, député du PS. On s’aperçoit qu’aujourd’hui, cela coûte plus de 500 millions d’euros aux contribuables. »

Si cela permettra sûrement de punir les associations de fraudeurs, et dans le même temps de récolter un peu de fonds supplémentaires dans les caisses de l’Etat, ce projet, désormais concrétisé, compte aussi beaucoup de détracteurs. En effet, certains internautes et journalistes-citoyens s’indignent déjà sur la disproportion et l’atteinte à la liberté d’expression que constituerait cette loi. Parmi d’autres réactions d’internautes sur les forums ; « Complètement idiot. Une amende serait totalement adaptée à ce type de petit délit… » ou encore « On ne se rapproche plus de la dictature, on y est! ». Benjamin Suchar, créateur de Check My Metro, s’y est également ouvertement opposé sur l’antenne de LCI : « C’est une loi complètement disproportionné et liberticide. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme on commence à mettre tout et n’importe quoi… et on fait des lois qui vont vers la sécurité au détriment de notre liberté. » Même si ces propos restent discutables, difficile de nier la tendance sécuritariste du gouvernement, entérinée par la loi Cazeneuve, puis, par l’instauration et la prolongation de l’état d’urgence.

Quant à l’utilité financière de cette réforme, elle pourrait également être remise en question, ou en tout cas recontextualisée. En réalité, il s’avère que la RATP n’a fait qu’augmenter ses tarifs, ainsi que son bénéfice net ces dernières années. Par ailleurs, le préjudice de la fraude s’élève plus exactement à 366 millions d’euros (stats RATP-SNCF) et ne connaît pas de hausse particulière. Et cela n’empêche pas la RATP, entreprise vendant un service public, et ne visant donc pas l’accroissement du bénéfice, de culminer à 302 millions d’euros de bénéfice pour l’année 2015 (298 millions en 2014).

Jordan Philippy

700 mots tout pile (selon word, comme prévu, sans le chapeau)

« Site d’information à contre-courant », Communiqués et Bilans financiers RATP-SNCF-STIF, Interventions politiques (TV : LCI – BFM ), Communiqués Assemblée Nationale et Sénat.

« Persona étrangement humain » l’exposition déconcertante

A l’occasion des 10 ans du Musée du quai Branly, inauguré en 2006, le musée des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques présente plusieurs expositions dont « Persona étrangement humain » du 26 janvier 2016 au 13 novembre 2016. L’exposition nous entraine dans une collection de plus de 230 objets et installations, en passant des poupées vodous, aux puces savantes aux spectres ou encore part la robotique. Elle permet de s’apercevoir que depuis la nuit des temps, l’homme donne des sentiments, des pouvoirs… à de simples objets. Un besoin de les humaniser l’anime. D’ailleurs qui n’a jamais juré face à son ordinateur ou raconté, étant plus jeune, raconter une histoire à sa peluche ?

Dès le début de l’exposition le visiteur est confronté à l’étrange, en effet il est alors accueilli par la vidéo d’un homme qui se veut l’homme invisible anthropologue qui explique la notion de personne. S’en suit alors un parcours divisé en quatre sections : Il y a quelqu’un ? Il y a personne ! La vallée de l’étrange et la maison témoin. Il faut alors se laisser guider par ce parcours où, à chaque pièces, étonnement, curiosité, incompréhension et parfois écœurement viendront intensifier cette visite qui se veut une expérience et une remise en question constante du visiteur. « L’objectif n’est pas seulement de donner à voir ces artefacts, mais de permettre aux visiteurs de se rendre compte par eux-mêmes de la manière dont on peut être conduit à attribuer à des objets une forme de personnalité… » – Emmanuel Grimaud (commissaire de l’exposition et anthropologue chargé de la recherche au CNRS) – dossier de presse

Dans un premier temps, « Il y a quelqu’un ? » plonge le visiteur dans la solitude, la notion d’espace vide. Le constat est que chaque individu ressent rapidement des effets de personnes. En effet dans le vide l’homme cherche des repères et peut être vite amené à la confusion. On retrouve dans cette section une vidéo présentant une expérience où des personnes se sont retrouvées durant 48h seules dans le noir ainsi que diverses statuettes anthropomorphiques. persona 3

La seconde partie de l’exposition « Il y a personne ! » amène le visiteur à se demander qui est donc Personne. Depuis toujours l’humain cherche ces présences qui l’entourent. Il ne peut être seul et déploie de nombreux outils pour rentrer en connexion avec ceux qu’il ne peut voir. Le visiteur est alors emporté dans un monde surnaturel où se côtoient boite à outils pour chasseurs de fantôme, détecteur de présence ou encore poupées divinatoires.

« La vallée de l’étrange » mène en partie dans le monde de la robotique. Entouré d’artéfacts plus ou moins réaliste comme des yeux bioniques, des prothèses… Notre capacité à l’acceptation de l’inhumain est posée. Comme le montre la théorie du roboticien japonais Masahiro Mori, plus une créature artificielle a une forme humaine plus elle est apte à créer de la curiosité et de l’empathie. Cependant ceci est vrai jusqu’à un certain point ou, à contrario, elle créera un sentiment de rejet et d’étrangeté. Un monde complexe où chaque individu est invité à mesurer ses propres limites face à ces objets-personnes.

Pour finir cette visite, « La maison témoin » met alors en interaction le visiteur avec une profusion d’interface et de créature artificielle tel qu’une poupée Love Doll ou encore des robots prédicateurs d’avenir. Chacun est invité à trouver sa propre réponse à la question : « de quoi sommes-nous prêts à nous entourer ? »love doll

« C’était une exposition assez étrange. Je dois avouer que certaines des œuvres exposés m’étaient un peu dérangeantes, mais dans l’ensemble, je pense que c’est la mixité des œuvres qui rend cette exposition intéressante. J’ai particulièrement apprécié le mélange d’origine et d’époques des œuvres présentées » Thibault Meudec étudiant en tourisme.

En proposant un mélange surprenant entre arts premiers et nouvelles technologies cette exposition enrichissante et déconcertante propose un angle de vue différent sur les objets du quotidien. A l’heure des nouvelles technologies et de la recherche d’un nouveau mode de vie, chacun est invité à faire un constat sur ses limites et motivations face à cette technologie devenue omniprésente.

 

 

 

Pauline Radena
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Publication : Télérama

Crédit photo :  Mechanical Avalokitésvara – Marionnette du Vanuatu -Love Doll, photo : Dossier de presse « Persona étrangement humain »

« IceRoll » : Un concept bien roulé !

Concept venu en France par trois amis, Quentin Bourdonnay, Thomas Dieulle et Félix Larchevêque, après un voyage dans l’Asie du Sud Est. C’est une idée culinaire qui rejoint la tendance de manger « original » et pour le plaisir. Cette glace d’origine thaïlandaise et Malaisienne initialement créée dans la rue fait le bonheur des passants et des touristes.

L’« iceRoll » ne se déguste pas n’importe où, la première boutique n’ouvrira que courant mai à Paris. En attendant, elle ne s’apprécie qu’en se rendant à des salons, des « Street Food Parties », mais aussi dans des boutiques éphémères dans des centres commerciaux lors des événements particuliers, dans des bars et cafés, … toute actualité se trouvant sur leur site officiel: http://www.iceroll.fr/ou-manger-une-iceroll

Les étapes de fabrication

Les étapes de fabrication

Le principe est simple et original. Il suffit d’une plaque qui ressemble étonnamment à celle sur laquelle on fait des crêpes, sauf que celle-ci est réfrigérée à – 30°C et congèle en un rien de temps les aliments étalés en couche fine sur sa surface

Chaque glace commence par une base liquide neutre préparée le jour même de sa consommation qui est ensuite mélangée, selon le goût du client, à différentes saveurs toutes issues de produits frais. Au contact de la plaque, en moins de 20 secondes la préparation est transformée en une couche glacée. Vient ensuite le « iceRoller » qui racle à l’aide de sa spatule cette couche sur plusieurs bandes qui s’enroulent. A partir de ses rouleaux le « iceRoller » crée des petites œuvres d’art glacées consommables.

Cette nouvelle gourmandise artistique est en plus réalisée individuellement à la demande et devant les yeux du client. En attendant son « iceRoll » il assiste à un spectacle qui lui met déjà l’eau à la bouche. Pour son créateur, Quentin Bourdonnay, c’est « un show personnalisé, d’où l’importance du design de la glace ». C’est aussi un moyen pour attirer une clientèle, peut-être que de passage, qui se laisse tenter par une nouvelle expérience culinaire.

Selon Quentin Bourdonnay ce qui est particulièrement apprécié par les clients ce sont les goûts atypiques, et « la transparence sur les produits frais et de qualité », mais surtout le fait d’assister à la création de sa propre glace. Pour qu’il ne s’agisse pas que d’une tendance culinaire mais d’un vrai concept qui persiste dans le temps, son créateur insiste sur le fait que ses produits sont de bonne qualité et que cela produit un « effet de bonne marque ».

Pour mieux pérenniser le concept les parfums sont constamment réinventés. Ainsi les clients ne s’en lassent pas et reviendront pour goûter les nouveautés. En plus, le prix d’un « iceRoll » « d’environ 5 euros pour 2 à 3 rouleaux de taille unique » est très attractif.

La glace « iceRoll » se décline en trois catégories, Les Glaces Cocktail, Les Fruitées et Les Gourmandes. Le client n’a que l’embarras du choix, entre des saveurs alcoolisées pour préparer un cocktail glacé à base de Bailey’s, rhum ou champagne, une glace saine comprenant toutes sortes de fruits exotique ou une au caramel ou chocolat pour ceux qui préfère une glace onctueuse.

Ce concept pourrait bien ringardiser le banal cornet de glace. Les rouleaux « iceRoll » bien que servis dans un pot ressemblent pourtant à des petites œuvres d’art qui peuvent en plus être personnalisées par toutes sortes de toppings comme des cacahuètes, noisettes, coulis de fruits, du sirop de caramel et bien d’autres encore.

Là aussi, le concept est ingénieux, les boutiques éphémères ne consistent qu’en un chariot divisé en deux parties, une pour la plaque réfrigérée et l’autre pour les ingrédients et les toppings. Il ne faut donc pas de grands moyens. Chacun doté d’un côté créatif pourrait se lancer dans cette nouvelle tendance culinaire.

Aujourd’hui, après un certain succès, « iceRoll » cherche à se mondialiser et accueille à bras ouvert les jeunes entrepreneurs qui n’ont pas peur d’ouvrir une boutique franchisée même dans les quatre coins du monde. Certains ont déjà sauté le pas, et d’ici peu plusieurs franchisés vont commencer à rouler les œuvres d’arts glacées à Anger, Nice, Barcelone et au Koweït.

Ce dessert est la gourmandise à tester cet été à Paris.

Magali Collay

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Publication : Time out Paris, My little Paris, Femme actuelle

Crédit photo :  Dossier de presse de « IceRoll »