Zoé Cauwet, les premiers pas d’une jeune réalisatrice

Le 14 Novembre dernier, il y avait foule devant le cinéma Le Balzac, situé dans le 8ème arrondissement de Paris, pour l’avant première du moyen métrage de Zoé Cauwet : « Les Vigilantes ». Environ 150 personnes étaient attendues pour découvrir le fruit d’un travail de longue haleine ayant nécessité pas moins de trois années de travail.

Zoé, jeune femme souriante de 29 ans, est apparue très stressée face à un public d’amis et de professionnels :

« Je sais qu’ils ne me feront pas de cadeaux, ils diront vraiment ce qu’ils pensent, ça passe ou ça casse !
Rendez-vous après la projection». 

Cette projection est l’aboutissement d’une passion née dans son enfance. Zoé s’est plongée dans l’univers du cinéma très jeune, son père étant scénariste, elle a toujours baigné dans ce milieu. Après avoir suivi une option audiovisuelle au lycée, et visionné des tonnes de films, elle s’est lancée dans des études universitaires spécialisées dans le cinéma :« J’ai eu une moyenne de 15 : je n’ai passé qu’un seul contrôle. En fait je m’ennuyai beaucoup ! ». Trois mois plus tard, elle quitte l’université pour débuter sa carrière de réalisatrice. Après un premier court métrage, « La Rencontre » récompensé par deux prix du public (Festival Café Lumière et prix cinéslam du Festival du Film Francophone Stuttgart-Tübngen), elle propose aujourd’hui son deuxième projet cinématographique.

BL-AFFICHES« Les Vigilantes » est un film urbain noir porté par deux personnages au tempérament fort : Marie, une jeune comédienne en devenir, vient d’emménager dans une grande ville. Un soir, elle est agressée par un homme dans une cage d’escalier. Perdue elle fait la rencontre d’Eve, une jeune femme marginale aux nerfs à vif qui l’entraîne dans un dédale nocturne et violent. Le temps d’une nuit, elles deviennent « Les Vigilantes ». Marie et Eve,  sont deux personnages que tout oppose à première vue, mais qui constituent deux parties d’un même être ; l’une est pure et entière, l’autre polymorphe, elles se cherchent et ne cessent de changer.

Zoé a voulu représenter à travers son moyen métrage, le malaise lié à la marginalité, à l’exclusion et à la solitude d’une personne qui refuse de jouer un rôle social pré-établi, en le superposant aux questions de la construction sociale de l’identité sexuelle.

Fin de la projection : la salle est debout pour applaudir chaleureusement le travail de la jeune réalisatrice. Les avis sont positifs, Claire âgée de 47 ans nous parle d’un « film très émouvant, la lumière à une grande importance, c’est elle qui donne l’intensité du film, certains plans sont aussi très originaux ». Pour Olivia, 22 ans,« les actrices sont géniales le film fait vraiment très professionnel, il y a juste une scène qui m’échappe, celle où tous les acteurs portent un masque, mais cela doit avoir un sens caché ! ». Enfin Bertrand, 32 ans, nous parle d’un « moyen métrage très intéressant, un joli travail qui j’espère saura être récompensé ».

zoe-cauwet

Le moyen métrage de Zoé va continuer sa vie en projection dans les festivals, il a déjà été nominé au Portobello Film Festival de Londres et une deuxième projection est prévue le 27 Novembre par la SACEM. Une reconnaissance attendue, compte tenu des deux années d’écriture que lui a demandé « Les Vigilantes » et des nombreuses aides collectées : c’est fin 2013, lorsqu’elle obtient le soutien financier de la Région Bretagne et du Département du Finistère (environ 60 000 €) ainsi que l’aide de la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique), de l’association Beaumarchais et du site de financement participatif Touscoprod (environ 13 500 €), qu’elle envisage le tournage des Vigilantes.

Mais Zoé ne compte pas s’arrêter là : « J’ai pour l’instant un scénario de long métrage écrit, que je mets dans mes tiroirs car tout est en studio, et il coute malheureusement trop cher pour un premier long métrage dans le paysage cinématographique français. Pour l’heure j’attends la réponse de l’ayant droit d’un livre de Jean Genet que je veux adapter en long métrage. Pour 2015 ce sera un documentaire dans une école de Pompes Funèbres ».

Pour avoir un aperçu du moyen métrage, cliquez sur la bande annonce :

http://melocotonfilms.com/les-vigilantes/

Pauline Dutheil

Publications envisagées : Magazine Les Cahiers du Cinéma / Magazine Studio CinéLive / Magazine Première

Sources des photos :
– photo de la projection : Pauline Dutheil
– affiche : créée par la boite de production Mélocoton
– portrait de Zoé : Zoé Cauwet

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Femmes pour un métier d’hommes ?

 

 

Le voilier « la Cancalaise ». Bretagne (France). Source : photo d’Orlane G.

Le voilier « la Cancalaise ». Bretagne (France). Source : photo d’Orlane G.

« J’embarque demain matin pour la Norvège » explique la jeune femme avec une pointe d’excitation dans la voix. « Je suis super pressée, mais le fait d’être capitaine pour la première fois me stresse un peu » avoue t-elle. Tout en discutant, je me rends compte que rien ne la prédestinait à devenir capitaine de bateau. Orlane est issue d’une famille nombreuse constituée exclusivement de filles, elle aime se maquiller ou faire du shopping comme la plupart des filles. « Souvent on pense que les filles avec un métier de mec sont obligatoirement des garçons manqués, mais pas nécessairement» m’explique la jeune capitaine. Il est vrai qu’Orlane a suivi une formation dite « masculine ». En fin de seconde elle décide de suivre le BEP d’ostréiculture du lycée maritime de St Malo, plutôt que de continuer dans le système scolaire « normal » qui ne lui correspondait pas. « Même si on était que 10% de filles dans cette branche, j’ai tout de suite su que j’étais à ma place » avoue Orlane. L’étudiante décide d’enchainer avec un bac professionnel « culture marine » à Guérande où elle termine major de promotion. Pendant environ 5 ans, la jeune femme va s’épanouir en travaillant dans une ferme ostréicole, mais une surmortalité de ses huitres l’a poussé à se tourner vers d’autres horizons. « C’est là que j’ai commencé à naviguer et à découvrir de grands voiliers. Ca a été le déclic » explique t-elle avec un sourire. L’ambition de la jeune femme est donc de passer le « capitaine 200 », premier niveau de commandement. Orlane retourne au lycée maritime, où elle suit une formation de 5 mois tout en faisant des « trans-at » en Norvège, en Martinique et en Europe. Ravie, la jeune femme m’explique que ce style de vie imprévu lui plait «  C’est la vie dont j’ai toujours rêvée, ne pas savoir de quoi est fait le lendemain».

Cependant Orlane explique qu’elle a dû faire ses preuves, « en tant que femme tu dois montrer deux fois plus que les hommes que tu es capable et motivée ». Elle m’avoue que certains clients ne la sentaient pas capable, la trouvaient trop jeune, trop petite ou trop « fille». « Certains préjugés ont la vie dure» m’informe la jeune femme. En effet, comme le montre l’article d’analyse de recherche des études et de statistiques (http://femmes.gouv.fr/wp-content/uploads/2013/12/2013-079.pdf) plus de 50% des femmes ayant un emploi se concentrent uniquement sur une dizaine de métiers essentiellement dans le social (assistante maternelle), dans la santé (aide-soignante/infirmière/sage-femme) ou dans l’éducation (enseignante). Les femmes ont donc tendance à se cantonner à certains métiers, il en va de même sur les bateaux comme l’explique la jeune bretonne. « Il y a de plus en plus de filles qui travaillent sur les bateaux, mais la plupart choisissent d’être hôtesses plutôt que matelots ou capitaines… C’est dommage ». Même si d’après une étude récente de l’INSEE la « ségrégation » entre métiers dits masculins et féminins a diminué de 4 pointslors des 30 dernières années, il reste un long chemin à parcourir.« En tant que femme dans un milieu d’homme il faut s’affirmer, ne pas se laisser marcher dessus, sinon c’est foutu » s’enflamme la capitaine. Une autre étude de l’INSEE parue en 2008 « Hommes, Femmes : à chacun son métier » montre que sur 459 000 emplois recensés en Franche-Comté, 46,6 % sont occupés par des femmes. Cela montre bien que les femmes ont trouvé une place dans l’emploi et qu’une répartition s’est faite. Le problème vient donc des mentalités. « Le problème c’est les préjugés des gens, leurs a priori. Je dois donc leur prouver que je mérite ma place… »

Malgré les difficultés et les préjugés, Orlane ne regrette absolument pas d’avoir choisi un parcours atypique, elle envisage même de faire la prochaine course Jacques Vabre et de partir au Groenland. « Les préjugés ne doivent pas entrer en ligne de compte. Il faut faire ce que l’on aime, peu importe ce que les gens disent. Je n’ai jamais été plus heureuse qu’à présent ! ».

 

Rachel FAY

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Publication visée: ELLE

 

LE CUIR, UN SECTEUR D’ACTIVITÉ PROMETTEUR & PLEIN D’AVENIR

Créations personnelles de Valentin Boniface

Créations personnelles de Valentin Boniface

« Cet élément vivant qui vieilli, s’assouplit, s’use, se patine au fil du temps »

PARIS_ Alors que la côte du chômage ne cesse d’augmenter, nous avons voulu mettre le point via cet article sur un domaine qui ne désempli pas : les métiers du cuir. En effet, à l’heure où le made in France et le fait maison sont très recherchés, les métiers du cuir progressent et ne cessent de charmer. Valentin Boniface, un jeune étudiant Parisien de 19 ans seulement mais pleins d’ambitions, nous confie son ressenti, son savoir mais surtout sa passion.

Un métier de passion

Après sa troisième et son brevet, Valentin, bien que très jeune, savait déjà pertinemment qu’il souhaitait travailler de ses mains. Grand amateur du monde de l’équitation, il se passionna rapidement pour la très noble matière du cuir. C’est pourquoi il entra en classe préparatoire tapisserie, menuiserie, sellerie chez Grégoire Ferrandi, l’école française de la gastronomie et des métiers de l’artisanat. A la suite de cette formation, il débuta un bac pro maroquinerie sellerie qu’il complétera durant sa deuxième et troisième année, par une alternance chez Louis Vuitton en commande spéciale.

Ce stage lui sera très bénéfique et enrichissant. En effet, il lui a permis d’apprendre et de maîtriser de nombreuses techniques telles que les coutures à la main mais également de rencontrer des clients très spéciales avec notamment de folles envies. Travaux et réalisations qui demandent parfois jusqu’à 800 heures de travail pour atteindre une somme exubérante. Mais cela lui a avant tout permis de travailler au sein d’une très belle maison et de toucher à de nobles matériaux. Car c’est avant tout ça aussi les métiers du cuir : partager cet « élément vivant qui vieilli, s’assouplit, s’use, se patine au fil du temps » comme nous le précise avec passion Valentin.

Valentin a également dans son curriculum vitae une expérience au sein d’une entreprise de séries automobiles ce qui lui a permis de retoucher et remettre au goût du jour d’anciennes jaguars et ainsi de découvrir le cuir au sein d’un milieu très différent.

Comme nous l’illustre très bien ce jeune étudiant, les métiers du cuir sont donc très nombreux et dans des domaines très variés : sellerie, maroquinerie, petite maroquinerie, bottier mais encore gainier, fourreur, gantier, etc. Métiers et savoir-faire français donc très bien gardés et, bien sûr, mis en avant dans le domaine du luxe.

Le domaine du luxe qui aujourd’hui marche très bien avec, en autres, les très grands Hermès, Louis Vuitton, Chanel. Un monde qui ne bat pas de l’aile et qui a même une très belle clientèle dans le monde. En effet, la France reste un pays phare du luxe : les marques françaises sont très prisées de la clientèle étrangère.

Les petits artisans, le charme Parisien

« Un beau savoir-faire français à garder et à transmettre ! »

Et bien sûr, à l’ombre de cet empire du luxe français, résistent quelques petits artisans dans Paris ! Valentin a tenu à nous parler de Pierre Corthay qui tient sa boutique au coin de la place Vendôme, une petite maison de taille artisanale fabriquant dans les règles de l’art des chaussures fait-main tout droit inspirés de la tradition bottière. Un lieu donc où il transmet son savoir et dont l’activité principale est la fabrication de souliers pour homme sur mesure. 

Les métiers du cuir sont donc nombreux et riches ; et possèdent une singularité grâce à leur matière d’exception. Savoir-faire artisanal, performance industrielle, recherche & innovation, développement durable assurent pour demain au cuir un véritable futur très prometteur. De plus, la France excelle dans ce domaine, les formations existantes et les entreprises offrent un panel de métiers complets, attractifs, évolutifs et bien sûr passionnants tout comme nous l’a montré avec beaucoup d’ambition Valentin . Le domaine du cuir est donc une tradition française tournée vers la modernité et l’avenir.

Léa DEVAUX

Photographies personnelles de Valentin Boniface

Publication : Le Parisien