Femmes pour un métier d’hommes ?

 

 

Le voilier « la Cancalaise ». Bretagne (France). Source : photo d’Orlane G.

Le voilier « la Cancalaise ». Bretagne (France). Source : photo d’Orlane G.

« J’embarque demain matin pour la Norvège » explique la jeune femme avec une pointe d’excitation dans la voix. « Je suis super pressée, mais le fait d’être capitaine pour la première fois me stresse un peu » avoue t-elle. Tout en discutant, je me rends compte que rien ne la prédestinait à devenir capitaine de bateau. Orlane est issue d’une famille nombreuse constituée exclusivement de filles, elle aime se maquiller ou faire du shopping comme la plupart des filles. « Souvent on pense que les filles avec un métier de mec sont obligatoirement des garçons manqués, mais pas nécessairement» m’explique la jeune capitaine. Il est vrai qu’Orlane a suivi une formation dite « masculine ». En fin de seconde elle décide de suivre le BEP d’ostréiculture du lycée maritime de St Malo, plutôt que de continuer dans le système scolaire « normal » qui ne lui correspondait pas. « Même si on était que 10% de filles dans cette branche, j’ai tout de suite su que j’étais à ma place » avoue Orlane. L’étudiante décide d’enchainer avec un bac professionnel « culture marine » à Guérande où elle termine major de promotion. Pendant environ 5 ans, la jeune femme va s’épanouir en travaillant dans une ferme ostréicole, mais une surmortalité de ses huitres l’a poussé à se tourner vers d’autres horizons. « C’est là que j’ai commencé à naviguer et à découvrir de grands voiliers. Ca a été le déclic » explique t-elle avec un sourire. L’ambition de la jeune femme est donc de passer le « capitaine 200 », premier niveau de commandement. Orlane retourne au lycée maritime, où elle suit une formation de 5 mois tout en faisant des « trans-at » en Norvège, en Martinique et en Europe. Ravie, la jeune femme m’explique que ce style de vie imprévu lui plait «  C’est la vie dont j’ai toujours rêvée, ne pas savoir de quoi est fait le lendemain».

Cependant Orlane explique qu’elle a dû faire ses preuves, « en tant que femme tu dois montrer deux fois plus que les hommes que tu es capable et motivée ». Elle m’avoue que certains clients ne la sentaient pas capable, la trouvaient trop jeune, trop petite ou trop « fille». « Certains préjugés ont la vie dure» m’informe la jeune femme. En effet, comme le montre l’article d’analyse de recherche des études et de statistiques (http://femmes.gouv.fr/wp-content/uploads/2013/12/2013-079.pdf) plus de 50% des femmes ayant un emploi se concentrent uniquement sur une dizaine de métiers essentiellement dans le social (assistante maternelle), dans la santé (aide-soignante/infirmière/sage-femme) ou dans l’éducation (enseignante). Les femmes ont donc tendance à se cantonner à certains métiers, il en va de même sur les bateaux comme l’explique la jeune bretonne. « Il y a de plus en plus de filles qui travaillent sur les bateaux, mais la plupart choisissent d’être hôtesses plutôt que matelots ou capitaines… C’est dommage ». Même si d’après une étude récente de l’INSEE la « ségrégation » entre métiers dits masculins et féminins a diminué de 4 pointslors des 30 dernières années, il reste un long chemin à parcourir.« En tant que femme dans un milieu d’homme il faut s’affirmer, ne pas se laisser marcher dessus, sinon c’est foutu » s’enflamme la capitaine. Une autre étude de l’INSEE parue en 2008 « Hommes, Femmes : à chacun son métier » montre que sur 459 000 emplois recensés en Franche-Comté, 46,6 % sont occupés par des femmes. Cela montre bien que les femmes ont trouvé une place dans l’emploi et qu’une répartition s’est faite. Le problème vient donc des mentalités. « Le problème c’est les préjugés des gens, leurs a priori. Je dois donc leur prouver que je mérite ma place… »

Malgré les difficultés et les préjugés, Orlane ne regrette absolument pas d’avoir choisi un parcours atypique, elle envisage même de faire la prochaine course Jacques Vabre et de partir au Groenland. « Les préjugés ne doivent pas entrer en ligne de compte. Il faut faire ce que l’on aime, peu importe ce que les gens disent. Je n’ai jamais été plus heureuse qu’à présent ! ».

 

Rachel FAY

21100350

Publication visée: ELLE

 

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Une réflexion sur “Femmes pour un métier d’hommes ?

  1. Pas mal. J’adore l’idée de cette femme pour le portrait. On peut bien aller un peu plus loin avec le portrait, mais il faut surtout jouer avec la structure. Commencer plutôt avec ces études, par exemple, pour mieux définir l’enjeu (ce qui est « newsworthy ») et puis on parlera de cette fille qui fait quelque chose un peu différente. Et aussi, attention aux paragraphes. Il en faut des plus courts pour faciliter la lecture. -BP

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