DROLE DE BORDEL

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Ils s’appellent Adrien Arnoux et Lenny Harvey. Amis, collègues, membres actuels du Bordel Club et animateurs de ses folles soirées, ils monteront tous deux sur scène en 2015 pour leurs premiers spectacles. Dès mars pour Lenny qui jouera son « one man show » au théâtre de 10H et, en septembre prochain pour Adrien. Ces deux humoristes en devenir ont su creuser leur trou et faire leur place au sein de la petite sphère comique de la capitale. L’occasion pour nous de revenir, avec eux, sur leurs parcours peu communs et un concept frais, fou, fun et assurément drôle.

Tous les lundis soirs, la scène du théâtre Michel Galabru accueille un joyeux bazar : celui du Bordel Club. Une fois par semaine, ce collectif d’artistes, fondé il y a cinq ans par Kyan Khojandi et ses compères, vient enchanter un public venu faire le plein de rire par sa malice et ses frasques. Aujourd’hui, ce sont Lenny et Adrien qui organisent et animent ces soirées au théâtre, reprenant le flambeau de la « bande de Bref ».

Au départ, le Bordel Club c’est une bande d’humoristes amateurs, mais aussi et surtout une bande de potes. Une petite dizaine d’artistes – dont le héro de « Bref » Kyan Khojandi et plusieurs de ses futurs collègues de la série – qui se regroupent autour d’un projet commun de promotion du drôle.

Si le Bordel Club existe avant tout grâce aux personnes à l’initiative du projet, il ne serait pas le même sans les idées qui portent son concept. L’idée de faire rire à moindre coût, l’envie de faire découvrir des gens dont on apprécie le talent. Ce sont ces aspirations qui ont forgé le concept des soirées du Bordel Club et initié leur succès. Le format est simple : une programmation différente toutes les semaines, des humoristes qui montent sur scène pour des passages de quinze minutes devant une salle presque toujours comble, une entrée gratuite et une rémunération au choix une fois la soirée terminée. Le résultat est là : des spectateurs conquis, des artistes qui reviennent, une atmosphère décontractée, propice aux échanges.

A mesure que certains partent, de nouveaux  artistes arrivent. Lenny est là depuis 2010, presque depuis la création. Quand la « bande de Bref » se constitue et abandonne le navire, elle le laisse entre les mains de Lenny et Sebastien Mellia. Adrien vient remplacer ce dernier en septembre 2014.

Après avoir longtemps cumulé les petits boulots, les deux amis se consacrent aujourd’hui à leur activité d’humoristes. Si le lundi est consacré au Bordel Club, pour pouvoir vivre de leur humour, Lenny et Adrien jouent tous les autres soirs de la semaine, selon les propositions qui leur sont faites. « On a dépassé le stade où on a besoin d’un travail à côté pour gagner notre vie mais on n’a toujours pas atteint celui qui nous permettrait de vivre de notre humour. Actuellement, on peut dire qu’on survit de notre humour » s’amuse Lenny.

Tous les deux envisagent une fin à leur implication dans le Bordel Club mais c’est une idée qui les réjouit. « Si j’ai moins de temps pour le BC c’est que j’en consacre plus à d’autres projets. Pas forcément meilleurs. Plus intéressants en termes de carrière », explique Adrien. Lenny lui se voit arrêter d’ici un an : « J’espère que j’aurais des opportunités qui feront que je me concentre sur d’autres choses. Là, il faudra que je laisse le BC. Mais pour une bonne raison » Cependant, ils savent qu’ils resteront attachés au concept et au lieu et qu’ils continueront à s’y investir. Dans la joie et le bon humour.

Aziliz Prodomme

Source photo : Facebook

Publication : magasine lifestyle en ligne, avec un public principalement étudiant : Maze par exemple.

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Thom Trondel nous enflamme sur scène !

Théâtre de La Cible – Il est 20h30 et le One Mad Show de Thom Trondel va bientôt débuter. Installée dans cet ancien peep-show, j’attends avec impatience et curiosité l’entrée en scène de cet humoriste décalé. Après une heure de représentation, Thomas a tout donné sur scène. Entre rires, émotions et acrobaties, il a su faire participer son public pour qu’il en garde un souvenir mémorable.

Thom Trondel durant son One Mad Show

Thom Trondel durant son One Mad Show

Un rêve d’enfant

Enfant, Thomas Trondel aimait déjà jouer des personnages pour divertir sa famille. À 13 ans, il se décide à pousser les portes d’un théâtre, d’abord dans le but de conquérir la jeune fille qu’il convoite. Bien que sa tentative de séduction ait échouée, cela lui a permis d’avoir le déclic : il veut devenir comédien. Fan depuis toujours de Marc Jolivet, il découvre grâce à lui l’humour et le plaisir de faire rire. Cette inspiration va lui permettre de concrétiser ses ambitions. À 17 ans, il joue son premier one man show dans sa ville natale qui lui a donné le goût du spectacle.

Déterminé à réaliser son rêve, il travaille dur pour se construire un nom et une réputation. Son premier one man show, « Thom Trondel s’enflamme » se fait une place dans la capitale et lui permet de trouver des dates dans le reste de la France. Approché également par des professionnels qui l’invitent à se produire dans des galas, il commence à pouvoir vivre de sa passion. Sa détermination lui permet alors d’obtenir le titre d’intermittent du spectacle et d’être officiellement reconnu comme un professionnel du milieu.

« Je n’ai pas la prétention de devenir le nouveau Gad Elmaleh »

Si Thomas a choisi cette voie, c’est tout d’abord pour le contact avec les gens et pour le plaisir de leur faire ressentir des émotions. Il est important pour lui de se surpasser pour surprendre les spectateurs et leur donner envie de revenir. « L’important, c’est de tout donner pour les spectateurs, car ils viennent pour voir un produit fini. On ne doit pas leur montrer qu’on sort de six heures de répétition. Il faut qu’ils ressortent du spectacle avec le sentiment d’avoir passer un bon moment et de ne pas avoir perdu leur temps.»

Thomas garde la tête sur les épaules. Reconnu dans le monde du café-spectacle, il est conscient des réalités. Être comédien est un métier convoité et qui demande beaucoup d’investissement. C’est le rêve de pouvoir vivre au quotidien sa passion et voir les journées défiler sans qu’elles ne se ressemblent. Sa plus grande peur est de voir ce qu’il a accompli lui échapper. Le nombre de personnes qui souhaite faire la même chose rend la notoriété difficile à atteindre. « Moi ce qui m’intéresse c’est de faire ce qui me plaît, et de le faire toute ma vie. Je travaille à poser les fondations solides pour durer. Comme on le dit, plus vite monté, plus vite descendu. Moi je cherche à durer ».

Le jeune humoriste nous confie le secret de son succès. « Il faut avoir une confiance en soi inébranlable pour avoir envie d’avancer tous les jours, mais il faut surtout se remettre en questions ». Sa remise en question, il l’a fait directement auprès des spectateurs. Il reste à l’écoute de leurs attentes sur les réseaux sociaux, mais également à la sortie de ses spectacles. Les critiques lui permettent de toujours s’améliorer.

Les acrobaties et le mélodica servent à le démarquer.

Les acrobaties et le mélodica servent à le démarquer.

Un artiste aux multiples facettes

Désigné en 2012 pour recevoir le Prix du Jury au Festival du rire de Saint Sulpice, cet humoriste a quelque chose qui le démarque des autres. Il ne se contente pas d’enchaîner les blagues. Il s’investit à 100% sur scène. C’est pourquoi, pour rythmer ses mises en situation et ses anecdotes, il s’arme d’un mélodica. Cet instrument de musique hybride, jamais utilisé par les humoristes, lui permet de surprendre le spectateur par du comique sonore.

Pour toucher un plus large public, il prend le tournant du numérique en voulant s’imposer dans les vidéos courtes et humoristiques sur le web. Ainsi, il peut toucher plus de personnes, qui peuvent être amenées à continuer l’expérience avec lui sur scène. En collaboration avec le site Pratiks, ses vidéos avoisinent près de 20 000 vues sur Youtube.

A côté de ses spectacles en solo, il joue dans de nombreuses pièces de théâtre à succès telles que Mars & Vénus ou Ma colocataire est une garce, qui viennent de se terminer en début d’année. En plus d’enfiler son costume de comédien, Thom Trondel se découvre une passion très tôt pour l’écriture et la mise en scène. Auteur de On va vous mettre en pièce!!!, il joue actuellement dans sa dernière création Touche pas à mon mec!.

« Catalogué dans le comique »

Le one man show est son premier amour. C’est un exercice qui se révèle difficile notamment car il se retrouve seul sur scène face à un public qui change tous les soirs et qui s’attend à rire. Faire rire. Voilà la tâche des humoristes qui n’est pas aussi simple qu’on peut le penser. Les spectateurs sont exigeants et l’humour reste très personnel.

Cependant, le comique ne le résume pas. Il a l’ambition de toucher à toutes les émotions, en passant du sérieux à la tristesse. C’est pourquoi il enchaîne les apparitions dans des téléfilms à succès ou dans des séries comme Résistance. « On est catalogué dans le comique. C’est à moi de montrer au fil des années que je sais m’adapter à tous types de textes et tous types de situations ». Pour montrer ses différents talents, il cherche aujourd’hui à réadapter le roman policier de Boris Vian, J’irai craché sur vos tombes.

Laissez vous tenter par cet humoriste à part qui va transformer votre soirée en réel moment de bonheur !

Pour plus d’informations:
-> Site officiel de Thom Trondel
-> Billetteries: One Mad Show et Touche pas à mon mec!

 

Camille COLLIN

Publications visées: magazines ou webzines culturels

Photographies officielles fournies par Thom Trondel

Parce que le web aussi fait naître des talents!

Théâtre Bobino à Paris – le 21 mars prochain sera le jour de la consécration pour cette nouvelle génération d’humoristes 2.0. Sous l’impulsion de Youtube et de W9, la cérémonie des Web Comedy Awards récompensera le talent et l’imagination de ces humoristes qui font trembler le web. Diffusé à la télévision comme sur internet, l’événement se voit attribuer la place rêvée de la grille des programmes, le primetime. « Notre idée est de casser les codes, amener l’énergie du web sur la télévision » explique Frédéric de Vincelles, directeur général de W9, lors de la conférence de presse des WCA.

« Une première mondiale »

Avec Orangina pour parrain, cette cérémonie s’annonce pleine de rebondissements, rythmée par des sketchs inédits, des happenings et de nombreuses récompenses selon les promesses des organisateurs. « C’est une première mondiale » s’enthousiasme Anthony Kavanagh qui endossera ce rôle qui lui est si familier, celui de présentateur de la cérémonie. La plate-forme de vidéos en ligne avait déjà fait preuve d’innovation le 3 novembre 2013 en organisant les Youtube Music Awards pour récompenser les vidéos des artistes les plus regardées, aimées et partagées. Cette fois-ci encore, Youtube nous réserve des surprises en nous offrant un before et un after exclusifs de la soirée, animés par des interviews, des live tweet et des défis en tout genre.

Suricate qui fait partie de la famille Golden Moustache est nommé dans la catégorie de la Meilleur sketch collectif.

Suricate qui fait partie de la famille Golden Moustache est nommé dans la catégorie du Meilleur sketch collectif.

Déjà des stars aux yeux des ados

Norman, Cyprien, Golden Moustache, Mister V, Natoo, autant de noms déjà bien connus par les jeunes. Ils représentent pour eux une nouvelle génération de stars accessibles qui ont une vie proche de la leur. Pour Marie, 16 ans et fan de Norman depuis la première heure, son idole a « toujours les mots pour transformer les moments banals de la vie en situations hilarantes ».

Aller plus loin que le web

Comptabilisant pour certains des millions de « j’aime » sur Facebook – Cyprien vient d’atteindre les cinq millions – ces étoiles du web ont déjà prouvé leurs compétences en dehors de Youtube. Entre les films – Norman dans Pas très normales activités – les collaborations à télévision et le stand-up, les Youtubers montrent qu’ils aspirent à plus de reconnaissance. C’est la chance que les WCA cherchent à leur offrir. C’est une réelle « initiative inédite qui rend hommage à la grande créativité de la nouvelle génération de talents français » se félicite Virginie Courtieu, directrice des partenariats Youtube.

Le woop est un collectif de comédiens du web qui joue au Théâtre de Dix Heures (Paris).

Le Woop est un collectif de comédiens du web qui joue au Théâtre de Dix Heures (Paris).

« Après le cinéma, après la musique, le web a enfin sa cérémonie »

Cet événement est l’occasion pour les Youtubers de voir se concrétiser leur rêve de notoriété. Ils ont eu jusqu’au 21 février pour s’inscrire et espérer concourir dans l’une des dix catégories proposées. Parmi elles, on retrouve les équivalences de celles des Césars, du Meilleurs sketch solo au Meilleur artiste masculin en passant par la Meilleure vidéo étrangère. Les six humoristes sélectionnés dans chaque catégorie sont soumis dès aujourd’hui aux votes des internautes et d’un jury « de guest ». Le public pourra décerner la Vidéo de l’année tandis que les professionnels remettront le Très grand prix du jury.

C’est à vous de jouer!

Vous avez jusqu’au 7 mars pour faire entendre votre voix et soutenir vos humoristes préférés, alors à vos clics et direction le site officiel des WCA.

Rendez-vous le 21 mars devant vos écrans!

Camille COLLIN

Publications visées: Webzine comme Cafe-Powell, Chronicart.

Image vedette: site du M6pubdigital; Photos: Facebook de Golden Moustache et du Woopgang

1ere version

« Une première mondiale »

Théâtre Bobino à Paris – le 21 mars prochain sera le jour de la consécration pour cette nouvelle génération d’humoristes 2.0. Sous l’impulsion de Youtube et de W9, la cérémonie des Web Comedy Awards récompensera le talent et l’imagination de ces humoristes qui font trembler le web. Diffusé à la télévision comme sur internet, l’événement se voit attribuer la place rêvée de la grille des programmes, le primetime. « Notre idée est de casser les codes, amener l’énergie du web sur la télévision » explique Frédéric de Vincelles, directeur général de W9, lors de la conférence de presse des WCA. Avec Orangina pour parrain, cette cérémonie s’annonce pleine de rebondissements, rythmée par des sketchs inédits, des happenings et de nombreuses récompenses selon les promesses des organisateurs. « C’est une première mondiale » s’enthousiasme Anthony Kavanagh qui endossera ce rôle qui lui est si familier, celui de présentateur de la cérémonie. La plate-forme de vidéos en ligne avait déjà fait preuve d’innovation le 3 novembre 2013 en organisant les Youtube Music Awards pour récompenser les vidéos des artistes les plus regardées, aimées et partagées. Cette fois-ci encore, Youtube nous réserve des surprises en nous offrant un before et un after exclusifs de la soirée, animés par des interviews, des live tweet et des défis en tout genre.

Suricate qui fait partie de la famille Golden Moustache est nommé dans la catégorie de la Meilleur sketch collectif.

Suricate qui fait partie de la famille Golden Moustache est nommé dans la catégorie du Meilleur sketch collectif.

Déjà des stars aux yeux des ados

Norman fait des vidéos, Cyprien, Golden Moustache, Mister V, Natoo, autant de noms déjà bien connus par les jeunes. Ils représentent pour eux une nouvelle génération de stars accessibles qui ont une vie proche de la leur. Pour Marie, 16 ans et fan de Norman depuis la première heure, son idole a « toujours les mots pour transformer les moments banals de la vie en situations hilarantes ». Comptabilisant pour certains des millions de « j’aime » sur Facebook – Cyprien vient d’atteindre les cinq millions – ces étoiles du web ont déjà prouvé leurs compétences en dehors de Youtube. Entre les films – Norman dans Pas très normales activités – les collaborations à télévision et le stand-up, les Youtubers montrent qu’ils aspirent à plus de reconnaissance. C’est la chance que les WCA cherchent à leur offrir. C’est une réelle « initiative inédite qui rend hommage à la grande créativité de la nouvelle génération de talents français » se félicite Virginie Courtieu, directrice des partenariats Youtube.

« Après le cinéma, après la musique, le web a enfin sa cérémonie »

Cet événement est l’occasion pour les Youtubers de voir se concrétiser leur rêve de notoriété. Ils ont eu jusqu’au 21 février pour s’inscrire et espérer concourir dans l’une des dix catégories proposées. Parmi elles, on retrouve les équivalences de celles des Césars, du Meilleurs sketch solo au Meilleur artiste masculin en passant par la Meilleure vidéo étrangère. Les six humoristes sélectionnés dans chaque catégorie sont soumis dès aujourd’hui aux votes des internautes et d’un jury « de guest ». Le public pourra décerner la Vidéo de l’année tandis que les professionnels remettront le Très grand prix du jury. Vous avez jusqu’au 7 mars pour faire entendre votre voix et soutenir vos humoristes préférés, alors à vos clics et direction le site officiel des WCA.

Rendez-vous le 21 mars devant vos écrans!

Camille COLLIN

Publications visées: Webzine comme Cafe-Powell, Chronicart.

Image vedette: site du M6pubdigital; Photo: Facebook de Golden Moustach

Paris debout pour le Stand Up à l’Americaine !

Paris – Dave Chapelle, Jerry Seinfeld, Richard Pryor, ou Kevin Hart ce sont autant de noms qui ne vous disent peut être rien en France, pourtant ce sont de véritables emblèmes du Stand up à l’Américaine. Aujourd’hui ce style d’humour, plus jeune et dynamique, traverse les frontières d’outre Atlantique pour atterrir sur la capitale.

Sebastien Marx, avec son spectacle "A New Yorker in Paris"

Sebastien Marx, avec son spectacle « A New Yorker in Paris »

En 2014 de nombreux humoristes du monde entier viennent tenter leurs chances à Paris avec l’ambition folle de faire rire le public français, dans un tout nouveau genre : faire rire avec la langue de Shakespeare. Les bilingues, soyez prêt à rire et accueillir ces humoristes venus tout droit des Etats Unis, pays du  Chewing gum et des hamburgers.

Finis l’humour de situation de Coluche, les jeux de mots de Raymond Devos, ou l’humour politique de Guy Bedos, place à l’humour d’observation sous le nom de «  Stand up ». Ce mouvement, qui signifie  « se tenir debout » en français, est apparu à la fin du 20éme siècle aux Etats Unis avec un principe simple : parler seul sur scène en s’adressant directement au public, sans accessoires, sans costume, en racontant des histoires drôles, assez courtes et sans interruption. Cet humour non conventionnel et sous le signe de l’autodérision, s’inspire de l’humour juif des Etat Unis avec des artistes comme Jerry Seinfeld ou Woody Allen qui ont fait du Stand up un véritable art, suivi ensuite par l’humour afro américain avec des illustres « standupers » reconnus tels qu’Eddie Murphy , ou encore Dave Chapelle. Les spectacles de one-man-show, souvent inspirées du quotidien, sont ainsi mis en scène pour mettre l’accent essentiellement sur l’improvisation et le naturel des humoristes, comme s’ils s’adressaient directement au public.

Depuis ces 10 dernières années le nombre d’humoristes, de chroniqueurs, et de « standupers » n’a pas cessé d’augmenter sur la capitale, avec  l’émergence de comiques tels que Jamel Debbouze, Gad Elmaleh ou Thomas Ngijol qui ont repris ce style d’humour en se produisant dans les plus prestigieuses salles de France, tel que l’Olympia, ou  encore Bercy. En temps de crise le Stand up fait vendre, et ça les cafés théâtres parisiens l’ont bien compris en proposant des centaines de spectacles humoristiques par soir à prix réduit (principe simple : 1 entré = 1 consommation). Dans ce tourbillon infernal de l’humour, entre affiches, flyers, vignettes collées au mur, et publicités dans le métro représentant de nombreux artistes, il fallait à tout prix se démarquer pour se faire une place. C’est pourquoi apparaît aujourd’hui des spectacles d’un genre nouveau, entièrement dirigé par des humoristes Américains, avec des blagues en anglais destinées à un public bilingue. En effet après la délocalisation humoristique des Français aux Etats Unis – Mustapha El Atrassi à Los Angeles ou le Comte de Bourderbala à New York – c’est au tour des américains de venir tenter leurs chances en France. « Great Great British American Comedy Night », « French Fried Comedy Night », « How to become parisian in one hour? », voici autant de nouveaux spectacles hauts en couleurs qui débarquent pour  montrer le contraste des cultures entre Français et Anglo-Saxon.

Robert Hoehn, créateur du French Fried Comedy

Robert Hoehn, créateur du French Fried Comedy

« Les marques utilisent l’humour pour mieux vendre, les hommes utilisent l’humour pour draguer, les enfants utilisent l’humour pour se faire remarquer, moi j’ai choisi l’humour pour en faire mon métier » 

Robert Hoehn, créateur du plateau d’humoriste anglais French Fried Comedy Night en 2013, a voulu reprendre le concept des grandes scènes américaines, comme le Laugh Factory ou le Comedy Strip, qui ont sorti des stars de renoms tels qu’Adam Sandler ou Steve Carell, en pratiquant le Stand up directement à Paris. « Le but premier de mon plateau est de faire découvrir des talents du monde entier, avec la volonté de faire rire les français directement en anglais, ce qui n’est pas chose facile vu le niveau de langue des parisiens » s’amuse ainsi Robert Hoehn qui propose un show avec une heure de vannes percutantes tous les jeudis à 21h15, au Paname Art Café, situé à République. Karim Kachour, le directeur du Paname Art Café, nous indique alors cette volonté prononcée de rammener un goût de fraicheur dans le paysage artistique Français « En France nous avons toujours été marqué par le théâtre et cette esprit assez classique de l’humour, il me semblait alors nécessaire de briser ces codes en revenant à l’essence même du Stand up en proposant des sketches en anglais ». Ce fossé des cultures entre français et américains est davantage mis en valeur par Robert dans ses vidéos sous le ton de l’humour, avec le concept « American Parigot » qui montre que la vie à Paris n’est pas toujours facile.

Mardi dernier à la sortie du spectacle, on observe justement ce clivage des cultures  au sein même du public avec d’une part une communauté d’Américains et d’anglais, touristes ou nouveaux expatriés, et des Français plus ou moins bilingue qui veulent découvrir une nouvelle expérience atypique comme nous le confie une spectatrice « Je n’ai pas tout compris à vrai dire, mais j’ai beaucoup rit, et j’adore le coté border line du Stand Up à l’Américaine : on peut parler de sexe, et de drogue sans aucun tabou. C’est un humour loufoque et j’adore. »

A Paris, capitale de la culture, il y a alors cette ouverture sur le monde avec pleins d’artistes cosmopolites, de tout âge, qui viennent des 4 coins du monde, ce qui permet de voir des spectacles hors du commun comme en témoigne avec ironie Robert « Je me rappel d’un soir assez spéciale, il y’avais trois comiques Américains, un humoriste Australien, un comique Canadien, face à un public moitié espagnol moitié français : c’est ce que j’appelle la vraie mondialisation ».

Il n’est donc pas impossible d’imaginer de voir débarquer dans un futur proche des spectacles d’humour en arabe, en chinois, en espagnol ou même en italien. Bonne résolution pour l’année 2014 : Sortez, buvez, rigolez, et améliorer votre anglais dans les divers spectacles anglophones proposés désormais dans la capitale !!!

Maintenant à vous de rire et vous exercez en anglais, grâce à la vidéo Stand Up du moment poignante et hilarante, d’Aamer Rahman, jeune « standuper » Australien qui parle du « racisme inversé » :

Ryad Hamidouche.

Crédits Photos : https://www.facebook.com/FrenchFriedTV (Facebook).

Publications visées : Le Parisien ou L’Express.

TOONY : de l’humour, de l’originalité et une vraie personnalité.

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Avec 12 115 abonnés sur Youtube, plus de 70 000 vues par vidéos et 1500 abonnés sur Twitter, Toony est dans la lignée d’une jeune génération d’humoristes comme Norman et Cyprien, qui commence à s’imposer grâce à ses vidéos sur des sites de partages et les réseaux sociaux. Portrait d’un jeune garçon au grand talent.

Anthony Cals, de son nom de scène Toony, est un comique toulousain de 21 ans qui affole la toile avec ses vidéos cocasses ayant pour sujet les drôles péripéties de sa vie quotidienne. Depuis son plus jeune âge,  ses journées se résument à se filmer avec sa webcam de son ordinateur. Croyant en ses compétences, c’est au collège qu’il se lance dans l’aventure en participant à un concours sur Dailymotion organisé par l’Education Nationale. Non sans mérite, il décroche la troisième place. Outre une caméra gagnée, sa victoire lui a permis de rencontrer Mister V- célèbre podcasteur – et de créer une web-série « OuaibKameur » diffusée sur la première chaine internet de télévision française.

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Avec déjà un pied dans le monde de la réalisation et de l’audiovisuel, mais aussi grâce à sa « tchatche », Toony décide de se consacrer à la radio en tant qu’animateur pour une radio associative, Booster FM. Il se construit alors au fil des années son identité et son acharnement finira par payer puisqu’il détiendra en 2009 le record de la plus longue émission de radio avec 40 heures, devant Cauet et Arthur. C’est à partir de ce moment là que sa vie bascule. S’enchainent voyages professionnels, interviews et rencontres qui lui ont permis de se créer un nom.

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Voyant le succès des vidéos humoristiques en ligne et poussé par ses amis, Toony décide de faire de même. En février 2012, sa première vidéo intitulée « Le Co-voiturage » recueille rapidement des avis positifs mais aussi négatifs. C’est ce que montre un commentaire laissé par Justicemgmt critiquant la vidéo de « Nul, manque de rythme, trop long, mauvaise intonation et enlève l’effet flou sur l’image !!! ». Mais les critiques reçues lui permettent justement d’avancer et d’affirmer son talent. Ainsi, à ce jour il possède à son compte 26 vidéos recueillant 150 000 vues pour sa plus connue « La chicha »

Cependant, faire des vidéos n’est pas donné à tout le monde et demande de nombreuses heures de travail. Toony s’explique : « Déjà il faut réfléchir à un sujet. Quand je pense à un sujet je veux que celui-ci ne soit pas déjà fait, car beaucoup de Youtuber prennent les sujets de Norman, Cyprien… c’est pas intéressant. Ensuite, une fois le sujet choisi, je prends une feuille où j’écris toutes les idées drôles qui me viennent à l’esprit. Après que j’en est récolté assez je commence l’écriture ». Toony cherche alors à être original et fait figure de personnage qui tend à se démarquer des comiques habituels. Un vrai bosseur !

 Outre un talent pour l’écriture, Toony produit et réalise lui-même ses vidéos. Anaïs a eu la chance de figurer dans l’une d’elles et révèle deux facettes de Toony.

« C’est toujours marrant quand on arrive pas à se concentrer sur une scène et aussi parce que Tony aime tout le temps déconner. Mais ce qui est bien est qu’il sait exactement ce qu’il veut ! Et du coup il sait aussi être sérieux et je dirai même professionnel. Il sait ce qu’il veut sans être trop exigent et il arrive a faire quelque chose avec un mix de ce qu’il nous demande et de ce qu’on lui donne ».

Même en tant qu’amateur, il  a aussi compris que pour réussir dans ce milieu, certains codes sont à respecter. C’est pourquoi, on retrouve à chaque vidéo en arrière plan des posters de la chanteuse pour jeunes adolescentes Lorie. A l’image du fameux « Faux » de Norman, Toony a choisit de commencer ses vidéos par un « Bonjour » répété à deux reprises. Et il termine par un « Legooooo » montrant un petit bonhomme en lego, terme emprunté à l’artiste Chris Brown qui finissait une chanson par « let’s go ». Toony s’est ainsi crée sa propre image, utilisant des codes qui lui sont propres et qui permettent de le reconnaître.

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En revanche, la route pour rattraper les plus grands est encore longue : « ils ont déjà fait beaucoup de route, ils ont trop mangé le gâteau. Alors j’ai beaucoup de choses à rattraper, c’est pour ça que j’essaie d’être original et de choisir de bons sujets ». Même s’il a déjà acquit une certaine notoriété, du moins plus forte dans sa ville natale de Toulouse, il reste humble :

« Je ne suis pas encore au ‘niveau’ pour parler de notoriété. Certes je reçois des messages de fans sur ma page Facebook ou Twitter, des mails et cela me fait énormément plaisir. Je réponds à chacun. »

Le petit truc qui change je dirais, c’est qu’on me reconnais parfois dans la rue, on me demande des photos et c’est vrai que ça fait bizarre ». Toony est alors parfaitement conscient de la difficulté du métier mais il possède un énorme talent qui lui permet d’avancer chaque jour petit à petit, tout en gardant les pieds sur terre.

 Cependant, Toony ne se contente pas de faire seulement des vidéos humoristiques à l’image de ses confrères puisqu’il possède un large éventail de projets professionnels. C’est pourquoi il travaille actuellement avec des personnes de la télé-réalité, mais le projet reste secret. En outre, il est en train de développer des caméra-cachées mais aussi, en cette période de fêtes de Noël, sa générosité l’a emmené à aider les plus démunis. Il est allé à la rencontre de SDF, leur a proposé des gâteaux et autres gourmandises afin de les aider à traverser la période de fin d’année.

Ce jeune toulousain dispose ainsi de toutes les qualités indispensables pour réussir dans le monde artistique du web. Personnage drôle, attachant, professionnel et original, Toony mérite d’être encore plus connu. On ne peut que lui souhaiter de réaliser ses rêves.

Claire Hryhorczuk pour L’Express

Crédit photos : Facebook de Thisis Toony