Designer graphique freelance, ou comment vivre librement de son métier

A l’occasion de la troisième édition de la Fête du Graphisme, Alice, graphiste de formation, revient sur son parcours et présente les raisons qui l’ont poussée à se lancer en freelance.

Diplômée de l’école supérieure de création numérique parisienne e-artsup en juillet 2015, Alice a réalisé de nombreux stages au sein d’agences de communication tout au long de sa formation. Ces stages lui ont apporté rigueur et professionnalisme. « En agence nous sommes drivés par des supérieurs et devons collaborer avec toutes les composantes de la chaine graphique » explique-t-elle.

En plus de lui avoir donné un aperçu des différentes branches du métier de créatif, ils lui ont aussi permis de mieux cerner ses propres attentes et de se spécialiser dans le graphisme.

Tout comme une grande partie des étudiants, elle s’est longuement interrogée sur son avenir après l’obtention de son diplôme. Créative, curieuse et très sensible au milieu artistique, elle a acquis durant ses études une solide culture graphique et une certaine polyvalence.

alice Beauté Congo 1926 - 2015 Congo Kitoko

Les raisons qui l’ont encouragée à devenir graphiste freelance sont multiples. En plus de pouvoir travailler librement, ce choix lui permet de maîtriser sa part de créativité et de défendre son point de vue personnel directement avec les clients.

« Pouvoir dialoguer avec eux me permet de répondre au mieux à leurs attentes tout en leur fournissant un rendu qui me correspond, esthétiquement et « conceptuellement » parlant », confie Alice.

Si aujourd’hui elle est heureuse de son choix, Alice met tout de même en garde contre certains aspects de la profession libérale : « Avant de se lancer il faut bien se documenter sur toute la partie administrative très spécifique, on s’arrache vite les cheveux si un point est mal compris».

Pour Alice « Il est nécessaire de faire preuve d’une grande autonomie et de se fixer des limites en terme de temps et de réalisation». Un bon free-lance se doit d’être proactif et d’anticiper certaines demandes afin de pouvoir assurer le respect des deadlines.

Lorsque le projet semble trop ambitieux par rapport au budget alloué, il faut parfois se heurter à l’incompréhension du client et entrer dans un jeu d’argumentation pour le convaincre de revoir ses attentes ou son budget. « Ce sont les aléas du métier, il faut simplement y être préparé et ne pas baisser les bras devant la première difficulté» prévient-elle.

Il faut souvent alterner entre des périodes de travail intensif à enchaîner les nuits blanches et des périodes plus creuses, avec des clients qui tardent parfois à payer, c’est pourquoi il est important de travailler avec des personnes fiables et sérieuses. Selon la jeune graphiste « si la collaboration est dynamique alors la magie opère ! ».

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Il est notamment important de se rendre compte de la difficulté à se frayer un chemin dans le milieu.

« Pour ma part, je me suis lancée en free-lance car mon réseau me le permettait vis à vis de plusieurs demandes de contrats qui me sont parvenues à la suite de mes stages ». La meilleure chose à faire pour se créer un réseau est de garder contact et de collaborer avec des personnes qui pourraient proposer un nouveau contrat par la suite. « Il faut vraiment penser sur le long terme » explique Alice.

Par ailleurs, pour gagner de nouveaux contrats, un grand travail de prospection est attendu.

Il est judicieux de se créer une identité visuelle avant de démarcher (cartes de visites, site web, blog, réseaux sociaux…) le plus tôt possible dans sa carrière. Aujourd’hui plus que jamais, il est primordial d’avoir un maximum de visibilité sur internet. Proposer un book en ligne permet d’asseoir son professionnalisme, de mettre en valeur ses créations et son talent.

Participer à des événements tels que la fête du graphisme permet là encore d’aller à la rencontre de professionnels à la recherche de jeunes talents et de leur proposer ses services, ou encore de se faire repérer par l’un d’entre eux en participant à l’une des nombreuses tables rondes.

Selon elle « C’est une occasion unique de rencontrer des professionnels du monde entier, sans oublier les nombreux partenaires programmation, privés, médias, ou encore institutionnels présents sur l’événement.» À noter dans vos agendas donc !

Barbara Rollet

Crédit Photo: Alice Labat-Claret, Barbara Rollet

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Publications envisagées : Le monde Campus : Le Monde des étudiants, Cosmopolitan, Paulette Magazine.

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DROLE DE BORDEL

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Ils s’appellent Adrien Arnoux et Lenny Harvey. Amis, collègues, membres actuels du Bordel Club et animateurs de ses folles soirées, ils monteront tous deux sur scène en 2015 pour leurs premiers spectacles. Dès mars pour Lenny qui jouera son « one man show » au théâtre de 10H et, en septembre prochain pour Adrien. Ces deux humoristes en devenir ont su creuser leur trou et faire leur place au sein de la petite sphère comique de la capitale. L’occasion pour nous de revenir, avec eux, sur leurs parcours peu communs et un concept frais, fou, fun et assurément drôle.

Tous les lundis soirs, la scène du théâtre Michel Galabru accueille un joyeux bazar : celui du Bordel Club. Une fois par semaine, ce collectif d’artistes, fondé il y a cinq ans par Kyan Khojandi et ses compères, vient enchanter un public venu faire le plein de rire par sa malice et ses frasques. Aujourd’hui, ce sont Lenny et Adrien qui organisent et animent ces soirées au théâtre, reprenant le flambeau de la « bande de Bref ».

Au départ, le Bordel Club c’est une bande d’humoristes amateurs, mais aussi et surtout une bande de potes. Une petite dizaine d’artistes – dont le héro de « Bref » Kyan Khojandi et plusieurs de ses futurs collègues de la série – qui se regroupent autour d’un projet commun de promotion du drôle.

Si le Bordel Club existe avant tout grâce aux personnes à l’initiative du projet, il ne serait pas le même sans les idées qui portent son concept. L’idée de faire rire à moindre coût, l’envie de faire découvrir des gens dont on apprécie le talent. Ce sont ces aspirations qui ont forgé le concept des soirées du Bordel Club et initié leur succès. Le format est simple : une programmation différente toutes les semaines, des humoristes qui montent sur scène pour des passages de quinze minutes devant une salle presque toujours comble, une entrée gratuite et une rémunération au choix une fois la soirée terminée. Le résultat est là : des spectateurs conquis, des artistes qui reviennent, une atmosphère décontractée, propice aux échanges.

A mesure que certains partent, de nouveaux  artistes arrivent. Lenny est là depuis 2010, presque depuis la création. Quand la « bande de Bref » se constitue et abandonne le navire, elle le laisse entre les mains de Lenny et Sebastien Mellia. Adrien vient remplacer ce dernier en septembre 2014.

Après avoir longtemps cumulé les petits boulots, les deux amis se consacrent aujourd’hui à leur activité d’humoristes. Si le lundi est consacré au Bordel Club, pour pouvoir vivre de leur humour, Lenny et Adrien jouent tous les autres soirs de la semaine, selon les propositions qui leur sont faites. « On a dépassé le stade où on a besoin d’un travail à côté pour gagner notre vie mais on n’a toujours pas atteint celui qui nous permettrait de vivre de notre humour. Actuellement, on peut dire qu’on survit de notre humour » s’amuse Lenny.

Tous les deux envisagent une fin à leur implication dans le Bordel Club mais c’est une idée qui les réjouit. « Si j’ai moins de temps pour le BC c’est que j’en consacre plus à d’autres projets. Pas forcément meilleurs. Plus intéressants en termes de carrière », explique Adrien. Lenny lui se voit arrêter d’ici un an : « J’espère que j’aurais des opportunités qui feront que je me concentre sur d’autres choses. Là, il faudra que je laisse le BC. Mais pour une bonne raison » Cependant, ils savent qu’ils resteront attachés au concept et au lieu et qu’ils continueront à s’y investir. Dans la joie et le bon humour.

Aziliz Prodomme

Source photo : Facebook

Publication : magasine lifestyle en ligne, avec un public principalement étudiant : Maze par exemple.

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Comment devient-on directeur d’un restaurant?

     Pierre-Baptiste Butel, 23 ans, est devenu il y a deux semaines directeur de La Mangerie, restaurant de tapas très apprécié par les parisiens, situé en plein coeur du Marais.

1939496_779338292079133_2003424297_n     Pierre-Baptiste n’a pourtant suivi aucune formation dans la restauration. Après un bac S, il a effectué deux années en école de comptabilité, et ne possède do
nc pas de diplôme de l’enseignement supérieur. Il a découvert le concept de La Mangerie il y a deux ans, et y est devenu chuteur, c’est-à-dire chargé de faire respecter le silence devant le restaurant. Quelques mois plus tard, Serge, le fondateur de La Mangerie, le fait rentrer comme serveur, où il deviendra ensuite responsable de salle. Mais l’ascension ne s’est pas arrêtée là, car lorsque Serge a commencé à envisager la possibilité d’ouvrir de nouveaux restaurants, il a pensé à Pierre-Baptiste pour devenir directeur de l’un des établissements.

     Cette décision se trouve selon Pierre-Baptiste dans la continuité des choses, de part son implication dans le restaurant et son sérieux. Il est aussi important de préciser que La Mangerie est essentiellement basée autour du rapport au client, celui-ci devant se sentir accueilli comme chez lui et accompagné tout au long de la soirée. Les clients aiment en effet à être connus et reconnus, car ils savent qu’ils seront bien accueillis. Cette connaissance des clients, que Pierre-Baptiste avait pu acquérir au cours de ces deux dernières années, était donc une condition essentielle pour que ce dernier puisse reprendre le flambeau.

     La restauration n’était pourtant pas dans les projets de Pierre-Baptiste. Ingénieux et plein d’initiatives, il se destinait plutôt à un avenir d’entrepreneuriat, ayant déjà fondé sa société de nettoyage de scooters. Ce concept a pourtant cédé le pas à la carrière de Pierre-Baptiste dans la restauration, carrière dans laquelle il a voulu progresser dès qu’il l’a découverte. Si il ne sait pas si il compte passer sa vie dans cette voie, il sait pourtant qu’elle marquera désormais sa vie professionnelle.

     Quand on lui demande cependant s’il regrette de ne pas avoir suivi de formation dans ce domaine, il déclare pourtant que selon lui cela n’était pas indispensable. En effet, la restauration est d’après lui un métier qui s’apprend sur le terrain, en tout cas pour les petits restaurants, le monde du luxe nécessitant plus probablement une formation spécifique. Cependant, il en apprend tous les jours et découvre régulièrement à gérer de nouvelles responsabilités. De plus, il expliquait que même avec une formation, chaque entreprise avait ses spécificités auxquelles il faut s’adapter. 

     Il n’est pourtant pas toujours facile de reprendre le flambeau de la main de celui qui l’a créé. En effet, le concept de La Mangerie dépend au départ énormément de la personnalité flamboyante et chaleureuse de Serge. Comme le résume Pierre-Baptiste: « C’est un peu comme habiter chez lui, et devoir faire avec ses meubles ». Il était donc nécessaire pour les deux hommes de bien se connaitre et de s’apprécier, pour arriver à conserver la clientèle originelle tout en en fidélisa10414606_813624685317160_7259888589738352746_nnt une nouvelle.

     Pour avoir justement la possibilité de s’approprier entièrement les lieux et de reprendre au mieux la gestion, Pierre-Baptiste ne compte pas les heures passées au restaurant. Il reconnait que c’est un métier assez contraignant, qui peut affecter la vie personnelle. L’apport de ce métier est cependant important, Pierre-Baptiste ayant par exemple l’occasion de faire de nombreuses rencontres, et de profiter chaque jour d’une nouvelle soirée.

     De plus en plus de personnes se lancent ainsi dans la restauration sans forcement y avoir été formé, ce qui permet un renouveau des concepts et des pratiques très enrichissant.

Sources images:

Mathilde ILLARET

Publications: journaux d’entrepreneuriats, de restauration ou de lifestyle.

Zoé Cauwet, les premiers pas d’une jeune réalisatrice

Le 14 Novembre dernier, il y avait foule devant le cinéma Le Balzac, situé dans le 8ème arrondissement de Paris, pour l’avant première du moyen métrage de Zoé Cauwet : « Les Vigilantes ». Environ 150 personnes étaient attendues pour découvrir le fruit d’un travail de longue haleine ayant nécessité pas moins de trois années de travail.

Zoé, jeune femme souriante de 29 ans, est apparue très stressée face à un public d’amis et de professionnels :

« Je sais qu’ils ne me feront pas de cadeaux, ils diront vraiment ce qu’ils pensent, ça passe ou ça casse !
Rendez-vous après la projection». 

Cette projection est l’aboutissement d’une passion née dans son enfance. Zoé s’est plongée dans l’univers du cinéma très jeune, son père étant scénariste, elle a toujours baigné dans ce milieu. Après avoir suivi une option audiovisuelle au lycée, et visionné des tonnes de films, elle s’est lancée dans des études universitaires spécialisées dans le cinéma :« J’ai eu une moyenne de 15 : je n’ai passé qu’un seul contrôle. En fait je m’ennuyai beaucoup ! ». Trois mois plus tard, elle quitte l’université pour débuter sa carrière de réalisatrice. Après un premier court métrage, « La Rencontre » récompensé par deux prix du public (Festival Café Lumière et prix cinéslam du Festival du Film Francophone Stuttgart-Tübngen), elle propose aujourd’hui son deuxième projet cinématographique.

BL-AFFICHES« Les Vigilantes » est un film urbain noir porté par deux personnages au tempérament fort : Marie, une jeune comédienne en devenir, vient d’emménager dans une grande ville. Un soir, elle est agressée par un homme dans une cage d’escalier. Perdue elle fait la rencontre d’Eve, une jeune femme marginale aux nerfs à vif qui l’entraîne dans un dédale nocturne et violent. Le temps d’une nuit, elles deviennent « Les Vigilantes ». Marie et Eve,  sont deux personnages que tout oppose à première vue, mais qui constituent deux parties d’un même être ; l’une est pure et entière, l’autre polymorphe, elles se cherchent et ne cessent de changer.

Zoé a voulu représenter à travers son moyen métrage, le malaise lié à la marginalité, à l’exclusion et à la solitude d’une personne qui refuse de jouer un rôle social pré-établi, en le superposant aux questions de la construction sociale de l’identité sexuelle.

Fin de la projection : la salle est debout pour applaudir chaleureusement le travail de la jeune réalisatrice. Les avis sont positifs, Claire âgée de 47 ans nous parle d’un « film très émouvant, la lumière à une grande importance, c’est elle qui donne l’intensité du film, certains plans sont aussi très originaux ». Pour Olivia, 22 ans,« les actrices sont géniales le film fait vraiment très professionnel, il y a juste une scène qui m’échappe, celle où tous les acteurs portent un masque, mais cela doit avoir un sens caché ! ». Enfin Bertrand, 32 ans, nous parle d’un « moyen métrage très intéressant, un joli travail qui j’espère saura être récompensé ».

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Le moyen métrage de Zoé va continuer sa vie en projection dans les festivals, il a déjà été nominé au Portobello Film Festival de Londres et une deuxième projection est prévue le 27 Novembre par la SACEM. Une reconnaissance attendue, compte tenu des deux années d’écriture que lui a demandé « Les Vigilantes » et des nombreuses aides collectées : c’est fin 2013, lorsqu’elle obtient le soutien financier de la Région Bretagne et du Département du Finistère (environ 60 000 €) ainsi que l’aide de la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique), de l’association Beaumarchais et du site de financement participatif Touscoprod (environ 13 500 €), qu’elle envisage le tournage des Vigilantes.

Mais Zoé ne compte pas s’arrêter là : « J’ai pour l’instant un scénario de long métrage écrit, que je mets dans mes tiroirs car tout est en studio, et il coute malheureusement trop cher pour un premier long métrage dans le paysage cinématographique français. Pour l’heure j’attends la réponse de l’ayant droit d’un livre de Jean Genet que je veux adapter en long métrage. Pour 2015 ce sera un documentaire dans une école de Pompes Funèbres ».

Pour avoir un aperçu du moyen métrage, cliquez sur la bande annonce :

http://melocotonfilms.com/les-vigilantes/

Pauline Dutheil

Publications envisagées : Magazine Les Cahiers du Cinéma / Magazine Studio CinéLive / Magazine Première

Sources des photos :
– photo de la projection : Pauline Dutheil
– affiche : créée par la boite de production Mélocoton
– portrait de Zoé : Zoé Cauwet

Entre burlesque et transformisme : Portrait d’une artiste qui n’a pas froid aux yeux !

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Léa Bare, artiste multidisciplinaire, s’épanouit dans la comédie, la danse, et le burlesque. Engagée, elle n’hésite pas à faire transparaitre ses prises de position au sujet de problématiques comme le féminisme et la question du genre, dans ses créations et performance artistiques.

       Les arts du spectacle n’ont pas toujours été une évidence pour Léa Bare. Comédienne-danseuse et performeuse burlesque. Lycéenne, elle voulait devenir styliste designer. Fascinée par le monde de la mode, elle intègre après son bac général, l’ENSAD. Une expérience qui marquera un tournant dans sa vie d’étudiante ; « En fait ils ne parlaient que business : argent, bénéfice… J’étais complètement désillusionnéJ’ai pris conscience que ce n’était pas fait pour moi » explique-t-elle. A cette époque elle n’avait pas vraiment idée de ce que pouvait être le théâtre. Elle intégra une petite troupe et prit des cours d’art dramatique à coté. Ceci en continuant à créer des robes et des costumes pour des évènements. Très vite, elle ressentit le besoin de se consacrer au théâtre, de s’exprimer avec son corps et plus seulement par le biais de ses costumes ; « Je me suis dit qu’il fallait que je me mette en scène moi ! Je me suis rendue compte qu’être sur les planches c’était tellement mieux. Et au fur et à mesure je me suis éloignée de mes dessins tout en continuant de faire de l’art plastique pour moi, pour mon plaisir » confit-elle.

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PRETTY PROPAGANDA : MY FUNNY VALENTINE – Mercredi 12 février 2014

    « A la base je pensais que le burlesque était une pratique féministe »

            Etudiante à l’Université Paris 3 en Master, Léa est comédienne dans plusieurs compagnies, metteur en scène et chorégraphe. A coté de ça, il y a le burlesque, une passion à part entière dans laquelle elle retrouve aussi son goût pour les costumes, « Il y a vraiment une compétition du costume en burlesque. J’y consacre beaucoup de temps, des heures ». Léa a commencé par prendre des cours à l’Ecole des Filles de Joie à raison de huit heures de danse par semaine, des cours de théâtre ainsi que des cours d’effeuillage. A la différence du Strip-Tease, le burlesque est une performance théâtrale ; « Le Strip-Tease appelle vraiment le désir, il y a un peu de ça dans le burlesque mais c’est surtout pour faire rire et faire décomplexer la femme » explique-t-elle. Comme le souligne Léa, le burlesque ne veut censurer personne, « le burlesque c’est remettre en question les stéréotypes établis de la femme». 

Il est vrai que nous vivons dans une société où l’image envahit tous les aspects de notre quotidien. Les références à la sexualité deviennent omniprésentes dans l’espace public : à la télévision, à la radio, sur Internet ect. C’est dans ce contexte que l’on voit réapparaitre des mouvements comme le féminisme, plaidant contre le diktat des médias et la pression des campagnes publicitaires qui conditionnent l’image de la femme. « A la base je pensais que le burlesque était une pratique féministe » indique t-elle avant d’ajouter, « C’était un acte un peu révolutionnaire, voir même politique de me mettre nue sur la scène théâtrale ». Une des politiques du burlesque est en effet de montrer des corps sexy, nus, mais des corps différents, « hors norme ». Il faut tout de même nuancer cette position car on est encore loin d’une libération totale et décomplexée du corps. Selon Léa, les filles s’imposent toujours la même chose, « Alors que les gens en général demandent complètement autre chose, ils demandent à voir de la cellulite, des grosses fesses » affirme t-elle, « On ne cherche pas la minauderie, mais aujourd’hui les codes du burlesque sont souvent détournés et mal interprétés ».

Léa est maintenant diplômée de l’Ecole des Filles de joie où elle retourne pour travailler et animer des cours de danse. Elle commence à être connu dans ce milieu et participe à des revues dans des cabarets à l’étranger : A Londres et Berlin principalement mais aussi au Danemark. 

« Drag King : Découvrez l’homme qui est en vous »

 

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Kabaret Kings – Portrait – Les Petites Gouttes – 05.04.14.

          Léa a participé au premier atelier Drag King qui a eu lieu à Paris en décembre 2013. Cet atelier, animé par Louise de Ville (performeuse Queer et burlesque originaire du Texas) était intitulé : « Atelier Drag King ; découvrez l’homme qui est en vous ». Lors de cette rencontre, Léa a pu apprendre les règles de base du transformisme comme le « Bandage », une technique qui consiste à se bander les seins pour cacher les formes.

« Aujourd’hui je me détache un peu du burlesque et je me concentre dans les créations « Queer », c’est à dire des créations « transgenre » comme le Drag King ». En effet, curieuse de tenter de nouvelles expériences, Léa s’est rapprochée de la communauté « Queer », « Les gender-studies m’intéressent particulièrement ainsi que les questions autour de l’identité sexuelle » explique-t-elle. Etant d’abord comédienne, le Drag King lui a permis d’aborder le jeu d’une autre façon ; «  J’ai pris conscience qu’on pouvait être sur scène l’exacte opposé de ce qu’on est dans la vie, principalement grâce à un travail en amont sur son corps. On peut être une femme extrêmement pulpeuse et jouer un homme. Tout est possible ! C’est ce qui m’a fasciné ». Cette expérience a fait évoluer sa conception du théâtre mais aussi plus généralement sa vision sur l’identité homme/femme ; « C’est une approche très intéressante pour moi en tant que comédienne mais aussi en tant que femme. » confit-elle. Elle dit d’ailleurs se sentir « rassurée », « Je me suis toujours dit que j’étais entre l’homme et la femme » confit-elle amusée. Proche de ces questions autour du genre, il était important pour Léa de réutiliser les codes propres du Drag King au sein de ses numéros burlesques. Elle a donc décidé de créer un duo d’effeuillage inspiré de performance Drag King, qui, avec plus d’une dizaine de représentations, est un de ses shows ayant rencontré le plus de succès.

            Etre performeuse burlesque et performeuse « Queer » lui permet de vivre des expériences enrichissantes qui viennent nourrir ses autres projets artistiques ; « Faire du burlesque c’est une activité complémentaire à comédienne-danseuse, on ne peut pas en faire son métier, c’est important de le préciser » ajoute Léa Bare avant de conclure en souriant, « c’est un caprice en fait ! ».

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Atelier Drag Kings animé par Louis de Ville, organisé au Kat’s Club à Paris, le 25.01.14

 DAMPT Marie Charline

Publications visées : magazines féminins, magazines culturels

1_Photo par Hervé PHOTOGRAFF

2 et 3_Photos par Gilles Rammant – Photographe (http://www.gillesrammant.com/)

 

 

 

Être mannequin aux Etats-Unis à 18 ans: portrait de Mélanie

Qui est elle?

Mélanie Lorenceau jeune fille de 18 ans d’origine franco-hollandaise à grandi la plupart du temps à Paris à l’exception d’avoir vécu aux Etats-Unis de ses 4 à 8 ans ainsi qu’une année de ses 17 à 18 ans. Fille de mannequin, elle se fait photographier dès sa plus jeune enfance grâce aux contacts professionnels qu’a noués sa mère avec de nombreux photographes. Mais c’est lors de sa dernière année aux Etats-Unis qu’un photographe lui demandera de la prendre en photo et qu’après ce shopping, Mélanie intégrera la récente et prometteuse agence RED MODEL MANAGEMENT basée à New York ce qui l’enverra sous le feu des projecteurs et lui permettra de devenir mannequin professionnel.

Ses débuts dans le métier

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Mélanie n’a jamais souhaité forcément marcher sur les pas de sa mère :

“ quand j’avais 14 ans je n’étais pas spécialement intéressée par ce métier car ma mère m’en avait dévoilé la face cachée ; j’ai donc décidé que si je devais être mannequin on viendrait me trouver”

La vie lui a donc souri puisque après avoir intégré l’agence RED MODEL MANAGEMENT, elle enchaînera les shootings photos et les défilés. Le métier de mannequin est connu pour ses difficultés: contraintes alimentaires, horaires difficiles, pression et stress font partie quotidienne de la vie des mannequins et lorsque l’on sait que l’âge moyen est de 16 ans il est parfois difficile pour ces jeunes filles de faire face au poids du milieu :

“ j’ai fait des shootings en robe bustier dans la neige, j’ai attendu des heures dans des couloirs d’immeubles avec 20 filles toutes plus jolies, plus grandes et plus fines que moi les entendant chuchoter et se moquer à propos de mes hanches”

L’une des expériences la plus éprouvante et bien significative du métier est lorsque les mannequins doivent enchaîner une journée de casting:

“je m’étais couchée à une heure du matin alors que le lendemain j’avais un premier casting à 7h00. Après 5 premiers castings le matin à courir dans les rues de NY avec mes talons à la main j’arrive à mon premier casting de l’après midi sans avoir eu de pause déjeuner. Arrivée à celui-ci j’enlève mes 5 couches de vêtements rapidement entourée des 30 autres mannequins entassés dans un couloir. Après avoir rempli la feuille d’enregistrement, je regarde ma montre et j’étais déjà en retard pour mes 5 autres prochains castings qui étaient tous à quatre coins différents de la ville. Après avoir donné mon book au jury ainsi que ma carte de mensurations, ils me regardent, regardent mon book, puis moi pendant que je reste là, debout, telle une poupée en plein jugement. Puis me disent : “ Ok yeah, gimme a walk !” , avant même d’avoir fini mon demi tour, il ferment mon book puis balancent un “NEXT” et tous les castings s’enchaînent sur la même musique”

Le poids, véritable obsession

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Le poids est une question fondamentale pour les mannequins étant donné que leur corps est leur outil de travail, elles doivent toujours s’adapter aux demandes des clients mais également en fonction des pays dans lesquels elles travaillent. Mélanie qui à débuté aux Etats-Unis voit nettement la différence entre le mannequinat aux Etats-Unis et en France.

“Les photographes aux US n’ont pas d’obsession pour les filles sveltes. Ils ont une mentalité assez ouverte (et au pire il y a toujours photoshop). J’étais considérée comme une mannequin dans les normes la bas “ça allait”. En revanche, à Paris, la crème de la crème du mannequinat, je ne peux pas travailler sans perdre les cm recommandés. Rentrée à Paris depuis peu, le métier me manque un peu et malgré mon manque de temps à la rentrée prochaine car je vais intégrer l’école d’art de l’Atelier de Sèvres, je suis donc allée voir Metropolitan Models à Paris.
Ils m’ont dit qu’ils me prendraient si je perds 6cm sur mes hanches dans les 3 prochaines semaines (passer de 96cm a 90cm), à Paris la minceur dans le mannequinat ça marche ! ”.

L’anorexie est une question tabou dans le milieu, après le phénomène d’anorexie mentale “pro-ana”, le dernier mouvement faisant “fureur” est celui du “thigh gap” qui signifie avoir un espace entre les jambes lorsque les pieds sont collés. Véhiculé par de nombreuses stars que les jeunes filles adulent telles que la nouvelle it-girl Cara Delevingne, ce phénomène apparu début 2013 soulève à nouveau la question de l’anorexie.

« Avoir cet espace est en fait quelque chose de très difficile à atteindre », explique à l’AFP Barbara Greenberg, psychologue du Connecticut (nord-est) spécialiste des adolescents, parce que c’est d’abord « une question de structure osseuse » que peu de femmes présentent » ( Huffingtonpost)

Mélanie nous dit d’ailleurs :

 “ Le thigh gap n’a jamais été un problème pour moi vu que j’ai un corps qui en aura un malgré le poids que je fais. Par contre on m’a toujours réprimandé pour mes hanches qui font 96cm alors que la mesure maximale doit être de 90cm”

Sous le feu des projecteurs

Défilé FWNYC for Concept Korea

Malgré les difficultés du métier, être mannequin c’est aussi vivre des choses incroyables et rencontrer de nombreuses personnalités. En tant que mannequin profesionnel, Mélanie a été choisi pour participer à la célébre Fashion Week de New York au Lincoln Center. Véritable point d’honneur dans la vie professionnelle d’un mannequin, défiler pour la Fashion Week est un véritable accomplissement professionnel et personnel. Mais plus qu’une simple participation, la jeune fille à reçu l’honneur d’ouvrir le défilé pour Concept Korea qui est une marque crée par des designers coréens afin de promouvoir la mode à l’effigie de cette culture.

“ c’était MOI, Mélanie qu’ils avaient estimés digne d’ouvrir le plus grand show ce jour là au Lincoln Corner et c’est avec un grand sourire que j’ai démontré aux 30 autres mannequins (qui avaient probablement plus d’expérience que moi) comment il fallait marcher. J’entendais les organisateurs parler de la liste des célébrités présentent au show : Kanye West, Berdof Goodman, Anna Wintour, etc…LE RÊVE! Et pour couronner le tout, Bergdof Goodman avait poster une photo de moi en train de défiler sur son instagram: c’était la journée la plus incroyable que je n’ai jamais vécue”

 

Une chose est sûre, c’est que le métier de mannequin n’aura pas fini de faire rêver mais également de faire parler de lui…

Aurore Mouche

Sources et sites complémentaires:

http://www.conceptkorea.org
http://models.com/agency/Red-Model-Management
http://www.huffingtonpost.fr

Fan Hui: it is never too late to dream

Fan Hui: it is never too late to dream

 by ZHANG Yanqi

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Staring at his computer in a sunny afternoon at the famous Les Deux Magots cafe is not something people usually do. Everyone around was talking, reading or just being in a trance, but Fan Hui was so concentrated on his small screen that he even did not notice my arrival. “I’m so sorry. I was just too busy in my things”, he stood up with a kind of guilty look when I called him after searching the crowded cafe for two minutes. After shaking our hands, we sat down to start the interview.

Fan Hui, if one does not know him as the coach of France national youth Go team (click for more information about the game of Go http://en.wikipedia.org/wiki/Go_(game)), one would probably consider him as an average Chinese who’s either selling things to French people or making food for French people. However, this man who’s in his early thirties is neither of them. He is a professional Go player who has been on the top of the Europe ranking since he came to France 14 years ago.

Now, he already has more than two thousand students in France and last year he finally naturalized in this country of romance. As soon as his naturalization was completed, Fan Hui got the notice that he has been nominated for the first time as the European representative for the 2014’s ChunLan Cup, one of the biggest international Go tournaments in the world. “I have been waiting for this for too long”, he said with a big smile, “I will definitely do my best in the tournament.”

However, the truth is that the past 14 years were not as easy as he described. Fan first came to Paris in 2000, at that time he was just a 19 year old boy who did not know a word in French. Everything he possesses today came from the effort of that brave boy. When being asked about the most difficult period of his life in France, Fan told us a short story which happened on the second day of his arrival in Paris. He said even after 14 years that experience was just like yesterday. “ It was at a Macdonald’s when I pointed at something on the menu”, he has obviously lost in his memory, “the cashier asked me something in French for several times, but I couldn’t understand anything. So I kept pointing at the hamburger and she kept asking me the same question. I got ashamed and I left the restaurant without eating.” It was not until several months later Fan finally got the courage to go to another Macdonald’s after learning some basic French, and he realized that the last time the cashier was just asking if he wanted a big menu or a small menu. It was the first time he felt that he was in a foreign country, all by himself.

At that time, the game of Go saved Fan Hui by opening the door to the French community for him. In the summer of 2002, he decided to move to Toulouse because the rent in Paris was unaffordable for a student like him. In that city, he met some of his best French friends in the Go club. “It was like a big party, people played Go, drank beer, we even sang together. Toulouse is like my second hometown and I will always be grateful to the Go players who accepted me in their circle”. In fact, the Toulouse Go club did not only give him friends, but also some of his first students in France. By teaching Go, Fan finally did not need to worry about the rent and he has never worried about it anymore.

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Fan Hui’s students’ profiles cover nearly all ages and all kinds of work. The youngest of them is only five while the eldest is already more than seventy year old. He told us that most of his students study or work in science subjects such as mathematics, physics and computer science. “You know what? The director of services for aerial navigation with Aviation Organization (ICAO) is also my student.” Anyone can feel his pride of his career. But once he was all alone in his room, he could not help dreaming about the old days as a professional player in China. He wanted to play.

During these 14 years in Europe, Fan has participated in 66 European tournaments and he won 43 of them. Being a champion is no longer a new experience for him. It was at some point he started to have another dream — represent Europe on the international stage. That dream was completely reachable by his Go strenth but the only obstacle was his Chinese nationality. After being officially nominated as the coach of the France youth team in 2005, Fan began his crusade of naturalization. Studying French, making more local friends, paying more tax and filling tons of documents… In 2013, he finally received the first French passport. It was already his thirteenth year in this country and he became a 32 year old man who sometimes misses that 19 year old boy.

This time, Fan accomplished his dream again. He will represent Europe in 2014’s ChunLan International Go Cup in China in the end of March. However, as ambitious as he is, he has developed a new dream. “I want to win at least one game in the tournament,” he said, “There has never been any European representatives who survived the first round. I want to be the first one.”

As if his happiness is not enough to compensate all these years’ hard working, another important milestone is waiting for Fan just several steps away. He will become a father in April. His first child is a little girl who cannot wait more to see her father. Maybe one day this baby who is still in her mother’s womb will be the future female world Go champion. If that day does come, Fan will definitely be the happiest person in the world.

 

Photos: photo provided by Fan Hui

Publications: The New York Times