Nouvelle vie à Paris : témoignage d’une étudiante marocaine

Oumaima, 20 ans et étudiante étrangère à Paris, elle arrive tout droit d’Agadir du Maroc pour poursuivre des études en droit international dans la très prestigieuse faculté de droit de Panthéon Assas. N’ayant jamais quitté le cocon familial auparavant, elle nous raconte son expérience d’un an et demi loin de sa famille et de son pays, son quotidien parisien entre études, travail à temps partiel et vie étudiante ainsi que les difficultés mais aussi les joies liées à cela.

Tes premiers pas à Paris, tes premières impressions sur la ville ? As-tu senti un dépaysement ?

Paris ou la ville qui m’a enchantée de par sa richesse culturelle et sa beauté architecturale.. Il faut dire que c’était le coup de foudre entre Paris et moi, je n’ai nullement ressenti de dépaysement et c’est d’ailleurs lié à plusieurs facteurs parmi ceux-là je peux citer le fait que j’étais dans un lycée français au Maroc, je n’ai donc jamais eu du mal à m’adapter à la culture française puisque j’y baigne depuis ma maternelle. Il m’arrivait, comme tout le monde, d’avoir des moments de blues et d’avoir envie de rentrer chez moi pour avoir un câlin de ma maman chérie et de mes bien-aimés je l’avoue, mais le dépaysement est un grand mot.

Comment tu gère ta nouvelle vie depuis ton déménagement seule ?

Comme disait un de mes frères : « Oumaima, tu es une assistée de la vie » (rires), ce qui était d’ailleurs vrai car je me faisais faire tout par mes parents. Je savais faire deux choses, étudier et soi-disant profiter de la vie. Même à mon arrivée à Paris, ma mère était là à mes côtés les vingt premiers jours à faire mon linge et préparer mes repas. Mais depuis je m’en sors assez bien, j’ai même eu le courage de faire un rééquilibrage alimentaire, ce qui n’était pas facile au début faute de temps. Tout est question d’organisation mais aussi de volonté. Le fait aussi de vivre dans une résidence universitaire à deux pas de mon université facilite énormément de choses comme le transport par exemple.

Ton quotidien parisien ?

Il est très riche je dirais. Il faut dire que du fait de mes études je n’ai pas énormément de temps libre mais j’essaye tout de même de profiter de la vie et la croquer à pleines dents. J’adore par exemple explorer les lieux insolites de la ville et de la région mis à part les lieux emblématiques de la capitale. J’ai pu d’ailleurs découvrir des quartiers comme Réaumur Sébastopol qui m’a beaucoup rappelé les anciennes médinas marocaines de par leur ambiance populaire très différente du quartier latin où je réside et étudie.

Ton quotidien parisien financièrement parlant ? Tes sources de revenu ?

J’ai eu une bourse d’excellence à l’obtention de mon baccalauréat et je fais un job étudiant de 13 heures par semaine en parallèle. Le loyer de ma chambre est payé par mes parents. Il faut avouer que la vie à Paris est très chère par rapport à ma ville natale. Même avec 3 sources de revenus et une aide au logement j’arrive toujours à me retrouver à découvert en fin de mois (rires). C’est assez drôle car plus on a de revenus plus on dépense, la leçon que j’en tire est que tout est relatif. J’ai vécu un an sans job étudiant et je m’en sortais pourtant très bien.

Et l’université ? Ton ressenti et tes premières impressions ?

Passons aux choses sérieuses (rires). Mon université j’y tenais beaucoup et j’y tiens toujours. Intégrer cette université a été une fierté pour moi car j’ai pu réaliser le rêve d’intégrer la première université de droit de France. Les prémices n’étaient pas très faciles, je me sentais perdue. Personne n’était là pour me dire comment ça se passait réellement. Ca change du lycée ou j’étais encadrée avec des devoirs à rendre et des examens chaque semaine, il y avait un certain suivi par les instituteurs. La grande liberté qui nous est offerte à la faculté peut s’avérer perverse et trompeuse. Il faut donc être à jour, s’y prendre toujours à l’avance et être autonome surtout. Facile à dire (rires). Le deuxième élément qui m’a également marqué c’est la prise de notes sur ordinateur, j’ai toujours écrit à la main et j’ai continué à le faire durant le premier semestre mais je l’ai vite regretté par la suite.

Assas, une faculté de « droite » et de riches? Ton témoignage en tant que non française.

Assas a longtemps cultivé cette image d’université de « facho » et de « bobo ». Il est  vrai qu’initialement c’était une université de droite et il est vrai aussi qu’actuellement les journaux distribués à la faculté sont des journaux de droite en quelques sortes comme Le Figaro ou La Croix, mais ça ne fait pas d’elle uniquement une université de droite ou de riches. Les étudiants de toutes classes sociales et d’orientations politiques sont les bienvenus grâce à l’égalité des chances. Ce que je reproche aux étudiants d’Assas par contre c’est qu’ils ne sourient pas (rires). Je pense que c’est un effet pro cyclique de la réputation de l’université qui pousse les étudiants à se comporter d’un air hautain. Je résume tout cela en disant qu’Assas est avant tout une faculté de Droit.

Par : Sara Belaaichi.

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