Harcèlement dans les transports : la réaction du gouvernement

En avril 2015, un rapport alarmant tombait : 100% des femmes auraient déjà été harcelées dans les transports. Le gouvernement a alors réagi en lançant un plan national contre ce fléau. Deux ans plus tard, où en sommes-nous ? Retour sur la lutte quotidienne de milliers de françaises.

Image tirée de la campagne choc contre le harcèlement dans les transports, au Mexique.

Le voile se lève en 2015, quand une enquête [1] révèle que 100% des femmes usagères des transports en communs, ont déjà subi du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle. En juillet 2016 [2], une nouvelle étude démontre que près de neuf femmes sur dix affirment avoir été victimes de harcèlement sexiste. Deux ans plus tard, nous avons cherché à savoir quelles mesures ont été prises. Pour cela, nous avons contacté la RATP, des associations et nous avons réalisé un sondage auprès de 100 utilisatrices des transports sur les réseaux sociaux.

Constat et réaction

En réaction à l’enquête de 2015, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, lançait un plan national de lutte contre le harcèlement dans les transports, en douze engagements (disponible ici). On comptait sur des mesures prometteuses, comme le développement d’une alerte par SMS, d’outils numérique d’alerte et de signalement, un personnel mieux formé, l’expérimentation de l’arrêt à la demande la nuit dans les bus… Des mesures qui devaient-être mise en place dès 2015.

Sondage réalisé auprès de 100 femmes utilisatrices des transports en commun au quotidien. Réalisé sur les réseaux sociaux.

Mais en réalité, aucunes n’a été appliquées. Seul « l’arrêt à la demande » a avancé.Elle prévoit dans les Noctilien, la possibilité de faire arrêter le bus « à la demande », n’importe où sur le trajet afin de faire descendre le voyageur au plus proche de son domicile. Expérimentée depuis mai 2016 à Nantes, c’est un succès. A Paris, rien n’est encore fait. Le 22 mars, le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), annonce que ce service sera disponible « très bientôt ». Notre sondage révèle que 75% des sondés ne sont pas au courant de cette mesure.

Un problème de communication ?

Oui, mais pas que. Il est clair que la RATP et le gouvernement ne communiquent pas assez sur ces nouveautés. Pourtant, les usagers apprécient les initiatives. Par exemple, quand une campagne de sensibilisation est lancée dans les gares en novembre 2015, les usagères s’en souviennent à 74%.

Cette campagne est la seule mesure concrète appliquée depuis. Son but était, par le biais d’affiches et avec le #HarcèlementAgissons, de sensibiliser les usagers. Le problème ? Elle ne restera en gare que quelques mois, avant d’être retirée au profit des standards publicitaires. Pour le responsable du fonctionnement interne de la RATP, c’est :

« Une question d’argent. La RATP est dépendante en partie des revenus générés par les pubs présentes en gare. » [3]

Quand nous l’interrogeons sur la meilleure formation des agents, prévue par le gouvernement en 2015, il ne souhaite pas nous répondre. Un conducteur de train, nous informe qu’en 6 ans passé à la RATP, il n’y a jamais eu de nouvelles formations pour mieux appréhender le harcèlement sexuel. Finalement, il semblerait que rien n’ai changé.

Pour les associations « Osez le féminisme » et « Stop harcèlement de rue », c’était perdu d’avance : l’état n’avait jamais annoncé le financement prévu pour mettre en place ces mesures.

Aujourd’hui…

Il faut compter sur ces associations qui se battent pour faire bouger les choses. Le 4 mars dernier, plusieurs d’entres elles se sont réunies à Toulouse pour réclamer « la mise en place de campagnes permanentes de sensibilisation sur le harcèlement et le sexisme dans les transports ». Autre soutien, l’application HandsAway, qui a été créée récemment afin d’alerter, témoigner, ou échanger sur ces questions.

Déborah Bernard. 

[1] Publié par le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes.

[2] Publié par la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports. 

[3] Seule personne ayant accepté de nous répondre, lors de notre visite dans les bureaux de la station Charles de Gaulle-Etoile.

Publications envisagées : tous les quotidiens/hebdomadaires d’information, la presse nationale et/ou régionale. Support web pour cette version et support print pour la version plus longue.

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