Entre douleur et joie, le long chemin de la reconstruction mammaire

Léa David Concours estée Lauder pink ribbon photo award

Photographie de Léa David à l’occasion du concours Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award

Une femme sur huit déclare un cancer du sein au cours de sa vie. C’est le cas de Céline, maman de 36 ans qui a subi il y a un an et demi une ablation de son sein atteint d’un sarcome, un cancer très rare.

Céline nous raconte qu’elle a fait le choix de l’ablation bien qu’elle avait la possibilité de ne pas la faire car elle désirait guérir : « Le retrait de la tumeur suffisait mais j’ai préféré qu’on m’enlève mon sein plutôt que de vivre avec l’épée de damoclès au-dessus de la tête que le cancer revienne ». Pour elle, cette mastectomie fut un traumatisme, « toute ma vie je me suis vue avec un certain physique et d’un seul coup ça change, tu subis ça sans avoir rien demandé ».

Elle avait du mal à se voir « amputée tous les jours », la reconstruction mammaire lui parait alors évidente. Un an et demi après avoir porté une prothèse externe qu’elle glissait dans des sous-vêtements spécialisés, elle était motivée par l’envie de « retrouver une impression de décolleté naturel que ne pouvait procurer la prothèse externe ». Seconde motivation, celle de se sentir femme, pour elle, mais aussi pour son fils de trois ans. Elle souhaitait « qu’il en ressente les effets positifs lui aussi ». Sans son fils elle déclare qu’elle aurait « surement eu moins le courage de retourner au bloc opératoire au bout de si peu de temps ».

La prothèse externe dont elle a bénéficié dans l’attente de la reconstruction n’a pas « compensé sa féminité perdue ». Elle l’a toutefois aidé à se tenir droite, à se sentir femme lorsqu’elle était habillée, mais dès qu’elle se « retrouvait dans la salle de bain, face au miroir » et qu’elle voyait son torse plat « la réalité refaisait surface et ce n’était pas toujours facile à supporter ». Céline affirme alors que « c’était aussi un choix esthétique de passer par l’opération et ne pas se contenter de la prothèse externe ».

Plusieurs techniques existent pour effectuer une reconstruction mammaire. Après avoir étudié son dossier, les chirurgiens ont préconisé l’implant d’une prothèse. Céline explique alors qu’il « fallait placer la prothèse sous le muscle ce qui fait extrêmement mal ». Elle ajoute que « la peau est tendue sur la poitrine suite à l’ablation » et qu’il est alors « nécessaire que la peau soit assez souple pour placer l’implant en dessous ». La douleur l’a accompagné de manière régressive pendant cinq jours, « heureusement tous les jours c’était de mieux en mieux ». Elle précise également qu’elle a eu « plus de mal à se remettre de la reconstruction que de l’ablation ». Concernant l’ablation les médecins se sont rendu compte que les patientes se remettaient mieux lorsqu’elles bénéficiaient d’une anesthésie locale dans le dos en complément de l’anesthésie générale. Cela leur permet d’injecter moins de produits chimiques dans le sang et à inhaler. Céline révèle donc que « l’ablation, contrairement à ce que l’on pense, ne fait pas mal. C’est plutôt les cicatrices et les bleus causés par les mouvements du chirurgiens qui sont douloureux ». Par conséquent, elle ne « s’attendait pas à autant de douleur pour la reconstruction » et elle explique qu’elle a eu l’impression d’un « immeuble qui lui serait tombé dessus ».

Après être passé sur la table du chirurgien, elle reconnaît avoir vécu « un réel changement » avec son nouveau sein, son corps a radicalement changé à nouveau. Mais Céline nuance en exprimant le sentiment étrange qu’elle a eu suite à l’opération, « on ne peut jamais retrouver la poitrine d’avant le cancer, c’est quelque chose qu’il faut oublier ». Ceci explique qu’elle ne s’est pas reconnu malgré la reconstruction bien qu’elle soit « heureuse d’avoir retrouvé une poitrine naturelle ». Elle ne vit plus avec la peur que sa mastectomie se voit à travers ses vêtements et selon ses mouvements.

Céline qualifie sa reconstruction comme « un pied de nez à la maladie », ainsi « la boucle est bouclée ». Pour elle, c’est fini, elle a « retrouvé sa féminité, c’est de la magie ». La reconstruction mammaire a été pour elle une « reconstruction physique » dans le sens où on a « récréer un bout d’elle que la maladie lui avait fait perdre ». Et également une reconstruction mentale en lui « offrant à nouveau un corps de femme ».

Léa PIECHE.

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