Hérika, journaliste et animatrice auprès des jeunes de banlieue

Hérika, journaliste et chargé de projet à l’Office Municipal de la jeunesse de Tremblay-en-France, nous présente son parcours et sa détermination à devenir journaliste.

Quel est votre parcours?

J’ai d’abord fréquenté l’université catholique de l’Afrique de l’Ouest et l’Unité Universitaire d’Abidjan où j’ai fait ma licence de communication. Je suis encore allée faire une licence Information et Communication à l’université de la Sorbonne-Nouvelle. C’est une suite logique de mon parcours que j’avais déjà suivie en Côte d’Ivoire. Et après j’ai voulu entrer dans une école de journalisme. C’est là qu’on m’a parlé de l’ISFP. Après j’ai réussi le concours d’entrée. J’ai appris tout ce qui été lié au métier de journaliste: l’écriture journalistique à travers la presse écrite, presse web, télévision, radio. On a eu des cours de caméra. On partait sur le terrain pour des reportages. On se mettait dans une vraie situation de rédaction avec des journalistes, des rédacteurs et maquettistes.

J’ai fait un stage de 6 mois à Africa24, une chaîne de télévision africaine à Saint-Cloud. C’est ici, que j’ai réellement appris tout ce que j’avais déjà expérimenté durant ma formation. Là-bas, ça s’est très bien passé. Pendant ce stage, j’étais beaucoup plus journaliste desk, c’est-à-dire que j’étais dans un bureau et j’écrivais des informations qui pouvaient passer au JT. Parce que c’est une chaîne d’information en continue donc il fallait à chaque fois écrire le texte par rapport au sujet que le chef d’édition choisissait. Il faut faire valider son texte, corriger ses erreurs, trouver les bonnes images dans l’entreprise etc. Il faut ensuite faire le montage, enregistrer sa voix off et faire valider sa vidéo par un technicien de la boîte.

Ensuite, j’ai eu 2 CDD. Pour des raisons de budget et de problème économique, je n’ai pas été gardé. Entre temps, je continue à développer mes activités au niveau du journalisme.

Pourquoi avoir choisi ce métier malgré les difficultés économiques auxquelles vous étiez consciente avant même d’avoir débuté?

Le journalisme, c’est un métier dont je rêve depuis l’enfance. Je me suis donnée les moyens grâce aussi à l’aide de mes parents. Je suivais tout ce qui se passait à la télévision que ce soit sur le plan national ou international. Je savais tout de la France et dans d’autres pays. Je n’étais pas limitée. Je suis quelqu’un de très ouverte. Ça m’a plu, j’aimais voir les gens présenter le journal. Les journalistes me fascinaient. Aujourd’hui, c’est un rêve que j’ai réalisé malgré les contraintes liées à la crise que subit la presse.

Que faites vous maintenant dans la vie ?

A l’OMJT où je travaille, c’est un peu de la communication, de l’animation et du journalisme. C’est un rassemblement de tout ça. Je prépare mes ateliers radio des jeunes. J’anime une émission ateliers tous les mercredis pour faire découvrir le métier à des jeunes. C’est aussi pour qu’ils développent leurs sens critique eux-même. Je les amène à concevoir une émission radio. Avant d’enregistrer, je reçois les jeunes pour discuter sur des sujets. Par exemple, la dernière fois, on a fait un sujet sur le lycée Hélène Boucher. Et on a préparé les questions ensemble. On décide ensemble  de qui va prendre la parole et ce qui va être dit. Cette préparation mène à bien l’émission. L’objectif est aussi d’amener les jeunes à s’approprier l’outil radio. L’idée d’apporter un maximum de confiance en eux. Ils débattent, discutent etc.

Comment faites vous pour allier journalisme et animation d’atelier ?

Les deux sont liés. Là, je ne suis pas dans une rédaction classique. On n’a pas l’habitude de travailler avec des jeunes forcément. Ici, on enseigne aussi le métier de journalisme. Je ne pratique plus comme dans une rédaction classique où j’allais sur le terrain, où j’avais des sujets précis à traiter pour un public. Maintenant, j’enseigne mon métier du mieux que je peux. Les jeunes aiment beaucoup ce qu’ils font avec l’OMJT. Je suis une animatrice mais je leur apprend aussi beaucoup d’éléments journalistiques. Tout s’écrit et s’élabore dans les ateliers comme dans les rédactions classiques. C’est différent mais ça se rejoint.

Selon vous, quel est le profil parfait d’un journaliste ?

Il n’y a pas de profil parfait de journaliste. Après il faut beaucoup lire, faire une école et faire la communication. Mais il y a des autodidacte qui apprennent sur le tas. Quand tu es passionné de quelque chose, tu te donne les moyens même si tu ne te donne pas les moyens. C’est pour ça que je dis qu’il n y a pas de profil parfait.

Qu’est ce que vous apporte ce métier ?

Ça me permet de décrypter l’information facilement et rapidement. J’arrive aussi à m’informer de tout ce qui se passe autour de moi. Cela en devient spontanée. Tu te lèves le matin et tu cherches déjà ce qui se passe autour de soi. C’est aussi une satisfaction pour moi. J’appris à écrire même ici à l’OMJT. Ça me permet d’avoir la plume facile, de voir mes faiblesses et mes points forts aussi. Par exemple, à la radio tu entends tes tics de langage et tu t’améliores.

Quels sont tes projets pour plus tard ?

Mes projets, j’en ai tellement: aller plus loin dans ce que je réalise ici. Dans un deuxième temps, je rêve de travailler pour mes propres productions. Après, j’aimerais bien ouvrir ma propre boite de production où je traiterai l’information de manière originale .

Rahma M.

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