Le retour d’Erasmus, ou le choc des cultures… à l’envers

Méline, jeune étudiante en Marketing International à Paris a expérimenté un choc des cultures… à son retour en France, après 1 an d’échange Erasmus en Finlande. Elle vous raconte.

Bonjour Méline peux-tu te présenter et nous en dire un peu plus sur ton expérience?

Je m’appelle Méline, j’ai 20 ans et j’étudie le Marketing International à Paris. Pendant mon cursus, j’ai eu l’opportunité de partir un an en Erasmus en Finlande afin d’y faire mes études. Si j’ai très rapidement trouvé ma place à Vaasa, la ville où je suis partie, c’est à mon retour en France que les choses se sont avérées un peu plus compliquées.

Quelle a été ta première impression lors de ton retour en France?

A mon retour, j’ai été contrainte de prendre les transports en commun pour me rendre à l’université. Je me souviens avoir versé une larme dans un métro bondé à l’heure de pointe, surprise par le manque de respect ambiant entre les gens. Les finlandais ont un rapport à l’autre complètement différent : malgré leur apparence froide et distante, les gens s’avèrent particulièrement respectueux, polis et toujours prêts à vous donner un coup de main en cas de besoin.


Comment explique tu cette différence frappante?

Leurs habitudes alimentaires, sportives et environnementale leur permet d’avoir un mode de vie plus sain et moins stressant. En Finlande, on trouve un nombre incalculable de vélos attachés devant l’université, des voies cyclables larges et nombreuses ainsi que des associations universitaires de protection de l’environnement très actives.

Beaucoup d’étudiants Erasmus évoque un sentiment de solitude à leur retour dans leur pays d’origine? Comment l’as tu personnellement vécu?

Si j’avais trouvé ma place en Finlande au milieu de toute cette multiculturalité et de ces gens déracinés, j’ai ressenti un fort sentiment de solitude une fois rentrée dans ce qui était pourtant mon pays d’origine. Dans un premier temps, face à mes proches, qui ne comprenaient pas l’intensité de ce que j’avais vécu et aussi face aux autres jeunes, dont je me sentais très éloignée de par mes centres d’intérêts, et mes expériences.

Dans un second temps face à mon université qui n’a rien prévu pour faciliter notre réintégration, alors qu’elle nous avait très bien accompagné avant et pendant le séjour.

Que proposes-tu pour combler à ce manque d’accompagnement universitaire «post Eramus»?

Les universités commencent tout doucement à réagir face à cela. Par exemple, l’université de Nantes a crée depuis trois ans un atelier d’expression artistique, à destination des étudiants tout juste rentrés. L’université incite les étudiants qui le souhaitent à faire un carnet de voyage pour les amener à réfléchir à leur séjour, ce qu’ils en retirent et comment valoriser ce qu’ils ont appris.

Comment as-tu vécu le fait de reparler exclusivement ta langue d’origine à ton retour?

Pendant mon expérience, je parlais quotidiennement en anglais puisque c’était la langue parlée et comprise par tous. J’ai acquis du vocabulaire et amélioré mon accent en très peu de temps. J’ai aussi appris des notions d’italien, d’espagnol et d’allemand au contact des étudiants étrangers. Je me suis rendue compte qu’en parlant plusieurs langues, je gagnais en nuances, en richesse de pensée, je pouvais apprendre à exprimer les choses plus précisément, à l’aide d’un terme qui ne peut exister que dans une seule langue par exemple.
En rentrant en France, je me suis un peu ennuyée, linguistiquement parlant ! J’avais déjà exploré tout les aspects du français, une langue qui me paraissait presque insipide, dénuée de tout le charme d’une langue étrangère et de la saveur des accents qu’on a pas l’habitude d’entendre.

J’imagine que le contexte politique n’a pas contribué à ta réintégration en France?

Effectivement. Les gens que j’ai rencontré pendant mon séjour étaient tous plus ouverts et curieux les uns que les autres, au moins assez pour venir habiter pendant minimum six mois dans un pays étranger. Cette ouverture d’esprit m’a terriblement manqué quand je suis revenue en France, face au FN qui montait dans les sondages, à la xénophobie qui se décomplexait, et à un communautarisme qui s’affirmait.

Quelle solutions as-tu trouvé à cette peine du retour?

Pour ne pas sortir brutalement de cette incroyable expérience, j’ai décidé de m’investir dans mon université dans l’accueil d’étudiants en échange universitaire en France afin de me sentir utile et de côtoyer la multiculturalité au quotidien.
Je suis également en train de préparer mon prochain séjour en tant que jeune fille au pair en Angleterre puisque je n’ai toujours pas guéri du fameux «virus du voyage» que j’ai attrapé en Finlande.

Anaïs KISASONDI.

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