PAUPIETTE : LA STARTUP INTERGÉNÉRATIONNEL

Paupiette. C’est le nom qu’a choisi Enora Goulard, jeune étudiante de 19 ans, pour son beau projet de start-up devenu réalité depuis peu à Bordeaux..

Le site Paupiette, en ligne depuis la rentrée universitaire 2016, rappelle la plateforme Blablacar (site de covoiturage). Il permet la mise en relation des mamies et papis souhaitant cuisiner et profiter d’une bonne compagnie au déjeuner avec les étudiants. Rien de mieux pour favoriser le partage et rapprocher ces deux générations qui ont plus à s’apporter qu’on pourrait le croire.

I : Bonjour Enora , est-ce que vous pouvez vous présenter brièvement ainsi que  nous en dire plus sur votre projet ?

Enora Goulard : Bonjour je m’appelle Enora Goulard ,j’ai 20 ans, j’ai fais un IUT Publicité à Bordeaux ces deux dernières années et je suis actuellement à L’IAE Gustave Eiffel où j’étudie la gestion des entreprises. Paupiette c’est un réseau qui met en relation des étudiants et des séniors sur le temps du déjeuner pour partager un bon petit plat au domicile du senior. Il y a deux missions principales : la première est de lutter contre l’isolement des séniors et la deuxième est de proposer un repas complet et accessible aux étudiants.

Interviewer : Comment l’idée vous est venue ?

Enora Goulard : L’idée m’est venue au lycée où j’avais une une amie qui mangeait tous les mercredis midi chez sa grande mère et cette grande mère était jeune et très seule. Quand je suis arrivée à Bordeaux, j’ai découvert toute cette dynamique sociale et solidaire  puis  je  me suis dis que cette idée pouvait être généralisé sur le territoire français

Interviewer : Quel est le modèle économique de Paupiette ?

Enora Goulard : Le modèle économique de Paupiette est de proposer un service innovant aux mairies pour créer du lien intergénérationnel entre les citoyens. Cela est fondé tout d’abord sur un coordinateur physique qui va mettre en relation les personnes afin de pouvoir les réunir le temps d’un déjeuner. Ce coordinateur physique sera appuyé dans les grandes villes par une plateforme web pour faciliter l’inscription aux repas

Interviewer :  Vous êtes une jeune entrepreneure, quels sont selon vous les facteurs clefs pour réussir un projet entrepreneurial ?

Enora Goulard : Il y a selon moi deux grands pilier la ténacité et l’envie (rires) car sans envie on ne fait rien et la ténacité permet de tenir sur le long terme. Un projet entrepreneurial c’est surtout de l’endurance… Me concernant je ne réponds pas forcément au code de l’entreprenariat pour la réussite d’une start-up en effet je suis une fille, je suis seule et je suis jeune . J’ajouterai un autre facteur clef qui est nulle autre qu’une  bonne dose de culot car personne ne nous ouvre les portes c’est donc à nous de les enfoncer.

Interviewer: Est-ce qu’être une femme est un handicap dans le monde de l’entreprenariat ?

Enora Goulard  : Pas forcément , le tout  c’est de saisir les opportunités qu’on nous offre mais il faut se battre doublement , c’est à dire qu’il faut y mettre deux fois plus de force. Après tout dépend du secteur d’activité , me concernant je suis dans l’économie sociale et solidaire et dans ce secteur il y a beaucoup de femmes qui développent des projets. Être une femme dans le secteur de la finetech (ndr : désigne une start-up innovante qui utilise la technologie pour repenser les services financiers et bancaires) je pense que c’est un frein car on perd en crédibilité encore aujourd’hui

Interviewer : Pensez vous qu’il est difficile de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?

Enora Goulard : C’est difficile de trouver un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle parce que forcément chaque projet nous appartient c’est le prolongement de soi (rires) donc on a parfois du mal à cloisonner ses moments. Je ne peux pas dire aujourd’hui que j’ai une vraie  vie personnelle car je suis constamment dérangé par un mail ou bien un coup de téléphone. A la fois c’est un projet qui est encore personnel car je le fais en dehors de mes études mais c’est également une part de moi désormais.

Interviewer : Qu’est ce que sera  devenue Paupiette dans 5 ans ?

Enora Goulard : Paupiette dans 5 ans sera devenue un véritable réseau intergénérationnel puisque les activités se seront multipliées autour de la cuisine mais le cœur restera le lien intergénérationnel et la transmission. Le réseau sera implanté dans  toutes les villes de France du moins je l’espère mais également dans les zones rurales car c’est un véritable enjeu , il y a beaucoup de séniors et de vraies opportunités à saisir

Interviewer : Merci de m’avoir accordé du temps, une dernière anecdote à nous raconter sur le déroulement d’un repas Paupiette ?

Enora Goulard : Je n’ai pas d’anecdote phare sur le projet car chaque repas est unique ,c’est une véritable invitation au domicile du senior , mais ce que je peux vous dire c’est que les discussions sont toujours tournés vers le positif, c’est à dire qu’on va parler de la société et de ses  évolutions. Par exemple lors de notre premier repas Paupiette on a beaucoup parlé de Blablacar avec Denise ( ndr :la première sénior à avoir participé au projet)   75 ans et qui adore Blablacar , comme quoi il faut pas se fier aux clichés .Ce que je trouve vraiment bien  c’est que c’est un projet qui lutte contre les clichés et qui montre que les séniors ont besoin de la jeunesse pour retarder ce phénomène  de vieillesse.

Entretien réalisé par Merwan Slamani

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