Départ imminent : destination le Cercle Polaire Arctique en voilier

Longtemps impliqué dans la photographie et après deux années passées à Copenhague (Danemark) au service d’une production photo, Arthur, 25 ans, a entamé des études en lien avec la construction, inspiré par le bien-être et l’atmosphère apportés par nos voisins Scandinaves en matière d’architecture. Maintenant professionnel dans ce domaine, Arthur est également fasciné par la voile. L’été dernier, il a eu la chance de pouvoir naviguer pendant 4 semaines en mer. Revenons sur son extraordinaire aventure. 

Comment avez-vous eu l’idée de faire ce voyage en voilier ?

Ce rêve de voyage me ramène 10 ans en arrière puisque j’ai fait mes premiers milles nautiques avec mon grand-père, à l’Ile de la Réunion. J’ai, tout de suite, accroché à l’univers marin et aux valeurs qui s’en dégagent. Fervent globe-trotter depuis mes 18 ans, j’ai surtout été intéressé par cette liberté de voyage que propose la navigation maritime. Cette opportunité de se lever le matin et de se demander : « Où va-t-on ? Aux caraïbes ? En Islande ? ». Tout est presque possible en fonction du caractère de l’Eole (les vents) et de ses caprices météorologiques. Mais, il est impensable de partir en mer sans connaissances accrues des règles de navigation et de sécurité. J’ai ainsi passé mon permis Côtier en 2015 puis celui du Grand Large International en 2016. Il faut savoir qu’il n’y a pas besoin de permis particulier pour prendre la barre d’un voilier, les titres de navigation s’appliquent uniquement aux navires à moteur.

Comment vous vous êtes organisés pour planifier cette aventure ?

Une fois les bases théoriques entièrement assimilées, je me suis dirigé vers des plateformes de cobaturage, elles ont le même fonctionnement que le covoiturage, mais en bateau ! Acheter et entretenir un bateau à l’année demande une somme considérable et favorise donc le partage d’embarcations. Certains font payer la vie à bord et d’autres demandent des services en échange. J’ai dû trier parmi les annonces pour ne retenir que celle qui correspondait à mes convictions et mes rêves de destination : ramener des scientifiques en fin de mission du Cercle Polaire Arctique jusqu’aux Iles Canaries. J’ai répondu à la proposition de monter à bord en Avril 2016 soit 4 mois avant mon embarquement. J’ai passé les semaines suivantes à acheter mon matériel de navigation et à chercher comment rejoindre le Pôle Nord en avion.

Comment s’est déroulé ce voyage alors ?

Nous étions six à bord : trois scientifiques restés deux mois au Svalbard en investigation sur la faune et flore en Arctique, un capitaine détendeur de 15 tours du monde, un jeune homme au parcours similaire au mien, et moi-même. Je ne connaissais personne en mettant le pied sur ce bateau, un Zulu datant de 1910, classé au patrimoine Français et sur lequel nous avons fêté ses 110 ans. Le contact s’est fait très facilement et puis être bloqués sur un navire de 20m² au milieu de l’Atlantique fait que chacun y met du sien pour la cohésion de l’équipage. Après 4 semaines en mer avec escales sur les morceaux de terre que nous croisions, je n’ai pas été déposé aux Iles Canaries faute de vent suffisant, mais sur le Loch Ness en Ecosse. Il est accessible par le Caledonian Canal qui relie Inverness à Oban. Celui-ci offre à de nombreux navires des conditions plus clémentes que l’Atlantique et permet d’éviter des courants parmi les plus périlleux au monde entre l’Ecosse et la Suède.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile ?

Les premiers jours ont été difficiles puisqu’il faut « s’amariner ». La mer puise toute notre énergie et il est difficile de trouver des forces. J’ai passé les deux premiers jours allongé, à lire. Après, le froid reste l’une des plus grandes difficultés de ce voyage.

Cependant, cette aventure a dépassé toutes mes attentes personnelles : un partage avec la nature, autour de la vie. Nous avons traversé l’océan Arctique pour rejoindre l’Atlantique et les côtes de l’Ecosse en trois semaines, soit 2000 km. Il s’agit d’un voyage pouvant être fait en 6-7 jours mais un violent vent venant du Sud-Est accompagné du Golf Stream nous a freinés tout le mois d’Août.

Comptez-vous repartir prochainement ?

Je suis allé la semaine dernière à la librairie Maritime de Paris pour m’accaparer de la carte du SHOM : service hydrographique et océanographique de la Marine (N° 6711) représentant le golfe de Naples. J’embarque fin Avril pour quelques jours de navigation au large de l’Italie autour des îles de Capri, Ischia et Procida.

Propos recueillis par Annie Ek.

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