Le proxénétisme: une nouvelle forme d’esclavage moderne ?

Proxénétisme, tourisme sexuel, prostitution, ou « dealer de femmes » … L’exploitation sexuelle des femmes et des hommes est un phénomène en constante augmentation. Strasbourg-Saint-Denis, le bois de Boulogne ou Château de Vincennes, les « quartiers rouges » parisiens ne cessent de se multiplier. D’Escort girl à dame de compagnie, la prostitution est en pleine expansion et un monde en pleine mutation.

Des centaines de français et françaises, en situation précaire, se tournent vers la prostitution pour rembourser les dettes et emprunts de leur foyer. La prostitution est un monde où l’argent est facile, un marché « porteur ». Il y a « les occasionnels » ou « les temps-pleins » qui se battent tous les jours pour pallier la crise, payer les dettes, les factures ou encore pour faire des économies pour la rentrée scolaire 2017-2018 de leurs enfants. Ils existent de multiples et diverses raisons qui poussent ces femmes à se prostituer mais leur point en commun est ce besoin d’argent à combler rapidement.

Rita, une jeune femme de 31 ans que nous avons rencontré en plein cœur de Pigalle, nous explique que ses dettes dépassent les 40 000€. Ces activités lui permettent de gagner jusqu’à plus de 5000€ par mois. Cet argent, elle le dépensera pour régler les factures de son foyer et pour ses enfants. Dans la rue, hôtel ou appartement privé, « les filles de joie » ou encore « les prostitués » exercent des prestations à une clientèle variée, aisée ou pauvre, chef d’entreprise ou VTC. Il n’existe pas de profil type de client. Un marché fructueux qui promet de l’argent rapidement mais à quel prix ?

«  L’impression d’avoir une odeur, une impureté quelque part ».

Certes, la prostitution est un moyen pour ces personnes en situation précaire d’améliorer leur situation financière. Cependant, ces activités ont un réel impact psychologique sur ces personnes, on parle alors de victimes. Certaines jeunes femmes travaillent à leur compte mais d’autres y sont forcées, c’est ce qu’on appelle le proxénétisme. La victime culpabilise, se dévalorise, se drogue, elle peut devenir dépressive ou tenter de mettre fin à ses jours dans le pire des cas. Ces victimes sont en détresse psychologique. Rita nous raconte qu’après chaque prestation : « J ‘ai l’impression d’avoir une odeur, une impureté quelque part, même si je me douche », cette impression de se sentir sale est l’un des effets principaux.

De plus, certaines de ces victimes ont peur car elles sont menacées par des « maquereaux » (Homme qui prostitue les femmes et en tire profit). Ils les séquestrent ou confisquent leurs papiers d’identité. Il arrive même qu’ils manipulent leur victime. Sonia, Nigériane d’origine, nous explique, qu’elle a quitté son pays d’origine pour venir en France et réaliser son rêve : faire des études. Arrivant en France, son « guide », celui qui l’a poussé à réaliser son rêve, lui confisque son titre de séjour et la force à se prostituer. Plusieurs fois, Sonia tenta de se rebeller et de s’enfuir, mais son guide la menace d’avoir recours au Vaudou, si elle ne lui obéit pas. Aujourd’hui Sonia est prise en charge par EACP, l’Équipe d’Action Contre le Proxénétisme, où elle est protégée et ses droits sont défendus devant la justice et contre ses ennemis.

Il n’existe pas uniquement des risques psychologiques, mais aussi des risques physiques, ces femmes sont exposées deux fois plus aux maladies sexuellement transmissibles que la moyenne. Elles peuvent être également violentées par leur client ou leur « maquereaux ».

Cependant, des études scientifiques, montrent que les prostituées sont des femmes ayant déjà vécue des maltraitances, des abus physique ou des viols conjugaux ou des viols durant leur enfance. Aujourd’hui, la prostitution et le proxénétisme touchent environ 37.000 femmes en France, dont la grande majorité officieraient sur internet (62%), dans la rue (30%) et dans les bars à hôtesses ou salon de massage (8%) selon lalibre.be.

Certaines personnes évoqueront la prostitution comme une forme d’« esclavage moderne ». En 2013, 662 personnes ont été mises en cause pour le proxénétisme.

 

Bettina Postec

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