Interview: Un voyage éducatif en France en tant qu’étudiant étranger

 

 Dans un univers où l’apprentissage de la mondialisation se fait dès le bac en poche, les étudiants du monde entier sont de plus en plus nombreux à s’égayer hors de leurs frontières nationales. On aura, dans le cadre d’un entretien, Tuan, étudiant vietnamien de 20 ans à la Sorbonne Assas qui va nous éclairer sur ses motivations, ses attentes, … vis-à-vis cette aventure éducative.

Quel est votre cursus universitaire en France et comment l’avez-vous choisi ?

Au début, j’étais étudiant en licence universitaire Economie-Droit. Cette branche possède toujours un marché de travail bien prometteur. Ma formation était trop théorique et manque de flexibilité. Elle ne pouvait plus me motiver et je me suis par la suite réorienté vers la Gestion.

 

Venir en France pour vos études supérieures était une volonté de votre part ou c’était la seule option proposée ?

L’idée de venir en France découle de mon amour envers ce pays depuis toujours, d’où la décision d’étudier le français depuis plusieurs années. Il était logique de m’orienter vers la France.

Quelles étaient vos motivations par rapport à ce projet ?

Cette décision est résultante tout d’abord de ma passion envers la France. Deuxièmement, je voulais quitter mon pays natal pour chercher une nouvelle chose dans mes études et la France est toujours connue pour la haute qualité de son éducation. En plus, C’est la meilleure façon pour apprendre à maitriser la langue française, un véritable plus pour mon avenir professionnel.

Savez-vous si d’autres étudiants de votre université d’origine sont venus étudier en France, ou bien votre cas est isolé ?

Mon établissement d’origine avait deux classes de bac Langue, spécialité française et environ 30% sont partis poursuivre leurs études en France. Or, ce n’était pas la seule destination. On se trouvait bien majoritairement dans une même logique, même motivations. C’était plutôt les parents qui nous ont orienté vers la France depuis très jeune âge.

Aviez-vous des attentes particulières en termes d’enseignement en France, des contenus particuliers que vous souhaitiez apprendre ici ?

J’attendais vivement de pouvoir m’échapper de la passivité de l’éducation que j’ai dû endurer pendant mes 12 années d’études au Vietnam. Une autre attente : les expériences professionnelles acquises au cours des études comme les stages, ce qui ne sont pas un point fort de l’éducation vietnamienne.

 

Après presque 3 ans passés en sein de l’éducation française, qu’en pensez-vous ? Est-il conforme avec vos attentes initiales ?

La qualité n’est pas vraisemblablement bonne selon mes attentes. J’attends vivement un changement dans des méthodes pédagogiques : certains profs dépendent trop des outils informatiques qui exercent une influence négative sur le lien entre les professeurs et les étudiants.

En plus, ils restent trop enfermés dans la théorie alors que nous avons besoin beaucoup plus que des théories datées du dernier siècle.

Parlons-nous les diplômes français maintenant. Comment jugez-vous de leur valeur par rapport de celle des diplômes vietnamiens ainsi que d’ailleurs ?

Des diplômes français sont généralement plus appréciés que d’autres issus d’autres pays, grâce à la bonne réputation de l’éducation française. C’est une double garantie : une « meilleure » éducation que ceux ayant poursuivi leurs études au Vietnam et une bonne maitrise linguistique. Mais l’investissement aux études varie selon les individus, la crédibilité n’atteindra jamais 100%.

Si vous aviez la possibilité de changer votre décision, la France resterait toujours votre destination pour les études ou est-ce que vous vous dirigiez plutôt vers un autre pays ?

Si c’était le cas, je choisirais un autre pays qui offrirait un système d’université plus dynamique et plus riche en termes de cursus universitaire comme le Canada ou Pays-Bas.

Quel est votre plan après avoir fini la licence 3 ? Comptez-vous de rester en France ou de revenir au VN ? Pourquoi ?

Je penserais à revenir au Vietnam car la vie en France est un peu stressante et ennuyante pour moi. Je risquerais de me trouver dans un cercle fermé : aller au travail puis rentrer chez moi. Je suis toujours quelqu’un de découverte et d’aventure. Une vie comme telle, pour moi, perdra sa valeur.

Que pensent vos parents de cette décision ?

Comme toujours, ils me supportent de tout leur cœur. La seule chose qu’ils attendent chez moi, ce que je sais d’où je viens et où aller.

Une remarque commune des étudiants locaux et des étrangers, c’est la formation proposée par les facultés universitaires ne parvient pas à répondre au soif de pratiques de la plupart des étudiants. Pour ceux qui s’orientent vers la recherche, les facs françaises se trouvent certainement au top. Or, ce n’est pas le cas des étudiants visant un avenir professionnel « actif » – la plupart des étudiants venant d’autre pays.

 

Ha Phuong Anh PHAN

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