Les cataphiles: Une communauté d’entre-aide parisienne

En 2017, notre société est plus individualiste; avec moins de liens communautaires, il serait intéressant de comprendre comment une culture participative perdure. Les réseaux souterrains parisiens,par abus de langage, appelés les « catacombes », et la communauté fréquentant les lieux ne sont pas connus du grand public. Cependant, cette communauté aménage et effectue des travaux collectifs illégalement.

Un cataphile travaille dans la salle Marie-Rose

 

C’est à travers la bouche d’égouts, qu’on arrive dans un lieu plongé dans l’obscurité; il faut une lampe frontale pour se déplacer et voir. C’est étroit, dur d’accès. Il faut souvent se baisser pour passer , faire attention à ne pas tomber dans un creux caché par l’eau accumulée. On entend des gouttes d’eau sans pouvoir identifier la source. Le lieu semble sale, lugubre, abandonné. Muni d’une lampe frontale, on  discerne des structures d’un endroit à priori désert: passages, tunnels, escaliers, tables et bancs. Toutes ces structures pas originalement présentes d’après Ti Mid, notre guide, renseigne sur une activité des cataphiles, des passionnés de carrières et d’exploration arpentant les galeries sans l’aide d’une carte. Dans les souterrains situés vers Porte d’Orléans, dans la salle « Marie-Rose »,  « Marmotte », ancien cataphile dit à notre guide qu’il cherche « à travailler sur la salle Marie-Rose ». A partir de ceci, nous verrons comment les cataphiles s’approprient leur environnement collectivement.

Ti Mid: « Les cataphiles descendent pour une raison, c’est pour être tranquille, passer un bon moment. » Mais pas uniquement car on verra le travail qu’effectuent ces derniers ici bas. Ti Mid prévient: “ les cataphiles n’apprécient pas trop qu’on leur pose des questions…ils sont tous comme ça”. A cela s’ajoute une autre difficulté pour notre découverte: “on ne sait jamais qui on rencontrera à chaque descente. Souvent ce sont des touristes,leurs guides ou des connaissances”, dit Ti Mid.

Sur le sol, il n’y a pas d’ordures et le guide dit: “c’est plus propre qu’à la surface ici”. Il précise qu’il y a des opérations “nettoyage des katas”, et en voyant quelques ordures plus loin, il lance que la dernière fois, lui “et les autres ont ramassé les ordures ici”. Cela remonte à quatre mois.

On commence à entrer dans le fonctionnement de cette communauté: activités collectives.

L’eau arrive jusqu’au buste dans le passage avant la salle « château » comportant un magnifique château et une sculpture-gorgone- et on arrive à salle « plage » avant de passer devant une gigantesque statue de Minotaure. On arrive à côté de « Marie-Rose » où on tombe sur un sexagénaire, « Marathonien »,travaillant avec brouette et outils.

Il consolide une façade ou l’eau commence à s’infiltrer “pour rendre l’endroit mieux, plus sûr pour tous”. Ti Mid ajoute “J’avais fait une consolidation ici avant, après avoir fait les escaliers par où nous sommes arrivés”.

Pour mieux comprendre, on participera à la vie de cette communauté suite à la demande de Marmotte. Ce dernier souhaite “faire des travaux dans Marie-Rose pour améliorer le séjour dans cette salle”.

Il nous dit “je n’ai pas commencé car j’ai besoin d’aide. Il faut commencer à déblayer, retirer les rochers et mettre à niveau pour faire un escalier…voilà ce qu’il faut faire pour commencer. Puis, il faudra s’occuper de la table et des endroits pour s’asseoir”. Tout ça rien qu’avec de la pierre qu’il faut travailler et il n’a besoin de rien d’autre, sauf d’un coup de main pour l’aider.

Un jeune homme de 19 ans, propose de l’aider. Marmotte prend une brouette et tous prennent une pelle et d’autres outils, équipements.

Après ce travail, les participants s’asseyent et Marmotte exprime un souhait, qu’il dira être “l’accomplissement ultime pour un cataphile”, pendant que tout le monde se partage la nourriture du guide. Marmotte offre des  verres en disant: “je veux faire ma propre salle, creuser à zéro, pouvoir y dormir quand on veut. C’est avoir son petit chez soi”. Mais il précise qu’il ne s’agit pas de le garder pour soi mais de le faire découvrir aux cataphiles; « C’est un partage”.

Il est trois heures, six personnes préparent leurs hamacs. Marmotte aide le jeune de 19 ans en lui donnant un accessoire pour qu’il ne se blesse pas suite à une chute du hamac.La visite touche à sa fin. Nous avons vu comment cette communauté s’approprie les lieux à travers une culture d’entraide et participative.

Des visites guidées:https://www.youtube.com/watch?v=KUJc2MU97Rg

                                   https://www.youtube.com/watch?v=-rBdZHZcdQg

                                   https://www.youtube.com/watch?v=n-UPM4i8uzA

                                   https://www.youtube.com/watch?v=3gJmWaPAKWE

Autres articles:

http://www.telerama.fr/monde/23450-ma_nuit_dans_les_catacombes.php

http://www.lefigaro.fr/culture/2016/07/26/03004-20160726ARTFIG00024-les-catacombes-renferment-leur-part-de-mystere.php

http://blog.slate.fr/chasseur-d-etrange/2009/10/15/trouve-t-on-des-punks-des-skinheads-et-des-gothiques-dans-les-catacombes-de-paris/

http://www.neonmag.fr/viree-clandestine-dans-les-vraies-catacombes-de-paris-471108.html

                                                                                                                                                                                        Teen PYANEE

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