Voix d’Iran en exil

20161124_1900591Assise sur son canapé recouvert d’une toile couleur pourpre, tout droit venue d’Iran, Aida sourit. Arrivée il y a maintenant presque deux ans en France cette musicienne originaire de Téhéran est désireuse de faire partager sa culture musicale avec le public parisien. Chanteuse du groupe Manushan elle s’est exilée accompagnée de son mari pour pouvoir vivre de sa musique.

 

« Cela fait huit ans que je voyage entre la France et l’Iran. C’est seulement l’an dernier que mon époux Babak et moi avons décidé de nous installer en France. Nous avons quitté notre pays avec tristesse mais nous n’avions plus le choix. » confie-t-elle.

Les yeux fermés, Aida chanteuse du groupe Manushan, nous envoûte de sa voix mélodieuse. Ses intonations venues d’ailleurs et sa justesse nous transporte et laisse découvrir son pays au fil des notes.

« J’ai débuté la musique à l’âge de six ans en apprenant la flûte à bec, mais selon mes parents j’ai toujours chanté dans notre maison familiale » raconte elle.

A 10ans, elle débute le violon et à 13 ans elle entre au conservatoire de Téhéran pour compléter sa formation musicale classique. Plus tard, elle est vite attirée par la musique jazz ou gipsy et découvre alors ces nouveaux univers musicaux.

«  Il est normalement interdit d’apprendre le chant traditionnel iranien pour les filles et femmes de mon pays. Le gouvernement ne l’autorise pas. La seule manière que nous avons de nous exprimer vocalement est le chant en duo ou en groupe. C’est pourquoi je n’ai pas pu débuter auparavant. C’est à mes 24 ans, il y a huit ans de ça, que j’ai commencé à prendre quelques cours auprès d’un professeur particulier qui m’a initié à l’art du chant traditionnel perse ».

Plus tard, Aida poursuivra ses études en chant et musique iranien avec d’autres professeurs qui complèteront sa formation.

C’est en 2006, il y a dix ans, que le groupe Manushan, dont elle fait partie, se crée en Iran. Aida et son mari Babak, tous deux compositeurs et interprêtes, commencent l’écriture de plusieurs chansons. Lui joue de la guitare et elle chante en s’accompagnant de son violon. Plus tard, trois autres musiciens se joindront à eux. AU duo harmonieux vient donc s’ajouter une contrebasse, une percussion ainsi qu’une seconde guitare. Leur premier album aux sonorités perses, jazz ou encore gipsy est dévoilé deux années plus tard.

« La musique iranienne comporte deux grandes différences avec la musique française. Premièrement, nos airs sont composés de beaucoup plus d’ornementations (sorte de « fioriture ») mais aussi une musique modale c’est-à-dire pas totalement basée sur l’harmonie mais plutôt sur l’accentuation et la mise en valeur de la mélodie » explique Aida.

Manushan c’est le mélange entre le classique, le flamenco, le jazz, le gypsy et la musique traditionnelle d’Iran. Entre covers, reprise de chants traditionnaux perse ou encore turques et compositions personnelles, Aida et son époux souhaitent faire découvrir leur musique et leur savoir-faire venu d’ailleurs.

«  Notre premier album n’a pas été apprécié à sa juste valeur en Iran. Il nous était interdit de jouer sur scène et de partager notre passion parce que je chantais en tant que femme soliste. Le seul moyen de vivre de notre musique a été de s’exiler en Europe » nous confie Aida.

C’est donc en France que leur carrière musicale débute vraiment. En pleine préparation de leur troisième album, Aida et son époux Babak se produisent depuis quelques mois dans des bars parisiens.

« Chanter devant un public est totalement nouveau pour nous. On peut voir et échanger avec notre auditoire, comprendre leurs réactions et faire connaitre notre culture musicale. Le public français semble réceptif à nos musiques. La nouveauté ne les effraie pas » rit-elle.

Installé depuis peu en France, le groupe n’a pas encore eu l’occasion de se produire dans de grands événements musicaux.

« Notre album sortira le 17 janvier de l’année à venir en attendant nous enregistrons et peaufinons nos morceaux. » Désireuse de partager ses connaissances et son art , la chanteuse iranienne donne des cours particuliers de chant traditionnel iranien à deux étudiantes françaises. «  Elles m’avaient entendue et découverte lors d’un concert que nous avions fait avec Babak à notre arrivée en France. Les airs d’Iran ont semblés leur plaire. Je suis heureuse de pouvoir faire découvrir mon art et de partager ma culture musicale. »

Le sourire aux lèvres, Aida reste optimiste et rêve encore de pouvoir un jour chanter dans son pays. « Je sais que beaucoup de chanteuses iraniennes se battent pour obtenir le droit de s’exprimer vocalement dans des lieux publics et faire des concerts. Je continue à les soutenir depuis la France. »

Aida chante, et son mari l’accompagne. Ils jouent pour leur pays avec l’immense espoir qu’ils y retourneront un jour et pourront y chanter. En outre, leur carrière en France débutera réellement lors du Festival de musiques du monde Aux fils des voix : http://www.aufildesvoix.com/ , au cours duquel ils joueront le 17 janvier 2017.

«  Ce festival est déterminant pour nous car ils nous permettra de nous faire connaître à un public beaucoup plus large et de nous établir sur la scène musicale française. »

D’autres représentations auront lieu avant le festival, pour découvrir ce groupe au son merveilleux dans de nombreux bars parisiens. Leurs actualités sont mises à jour sur leur page Facebook Manushan. Entre musique perse, tango, jazz et musique gipsy Aida et Babak vous transporteront de leurs voix jusqu’en Iran.

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