Super-héros du quotidien : être mère de famille et reprendre ses études

Penser extraordinaire, c’est penser super-pouvoirs, super-heros. Mais ces super-héros ne sont pas que des personnages de comics. Ils sont à moindre échelles des personnes de la vraie vie. Ils se dépassent pour obtenir ce qui leur semble juste et bien. J’ai rencontré l’une de ces héroïnes. Elle est mère de famille, a 4 enfants et un mari. À 40 ans, elle a repris ses études et ce tout en gardant ses responsabilités de maman.

« J’ai abordé ce projet en sachant que ce n’était que 9mois, le temps d’une gestation, ironise-t’elle, 9 mois dans une vie ce n’est pas grand chose. Il me suffisait simplement de regarder les choses jours après jours, sans penser à la masse qui m’attendait et ses difficultés.« 

C’était en 2005, Sophie-Anne a 41 ans, 3 filles et 1 garçon de 15, 9, 7 et 3 ans et habite à 1 heure de Paris. Néanmoins, elle est déterminée et passionnée par l’univers de la culture. Bien décidée à aller au bout, elle se lance dans une formation d’un an pour devenir administratrice culturelle. Une formation qui se trouve à Nanterre quand toute la petite famille est basée à Vernon, ville à 1h de Paris.

« Je commençais à 10h le matin et je finissais à 17h, ce qui me permettait de prendre des trains raisonnables en terme d’horaires. »

Un projet compliqué mais qui la stimule. C’était d’abord beaucoup d’organisation, des enfants à faire garder, des trajets longs et dépendants d’horaires de trains qui ne sont pas toujours les bons… mais Sophie-Anne tient bon, ses proches la soutiennent et l’encouragent, fiers de sa décision. Elle raconte que ses proches cherchaient à s’adapter et à l’aider.

« J’ai eu le soutien de ma mère qui venait en renfort, arrivait le mardi et assurait le fameux mercredi conservatoire / danse / théâtre / tennis… »

« Il y avait un coup financier, mais mon mari m’a soutenu que ce n’était pas un problème. Il m’encourageait et voyait mes capacités lorsque je n’arrivais plus à les voir »

Au cours de cette année, elle doit trouver un stage. Stagiaire à 41 ans ce n’est pas un statut commun, mais c’est pas le moment de se démonter. Sophie-Anne trouve un stage dans une structure culturelle de la région. Un mauvais souvenir car rien n’était organisé, la compagnie semblait couler et stagiaire la bas c’était assurer à la fois l’administration, la programmation, la communication, l’accueil, et le service en salle aux cours des réceptions. Tant pis, positive elle ne se laisse pas abattre, tire le meilleur de son experience et rebondit.

« Être stagiaire ce n’est déjà pas toujours un rôle  facile mais à 41 ans faire les cafés ça n’a pas le même sens surtout quand ses boss ont 20 ans de moins que toi. J’ai dû accepter les névroses et la jalousie d’une jeune fille, qui n’arrêtait pas de me piéger. »

Il s’agit maintenant d’écrire un mémoire de stage. Gérer les « galères » du quotidien tout en menant de front la rédaction d’un devoir. Pas facile de trouver le courage mais encore plus dur de retrouver la methode. À 41 ans les devoirs universitaires ce n’est plus instinctif. Mais comme toujours Sophie-anne est volontaire. Elle s’attelle à la tâche, s’enferme dans son bureau, et écrit. Parfois jusque très tard. Après avoir couché les enfants, discuté avec son mari, elle reprend ses devoirs. 3 mois à effacer, revenir en arrière, re-rédiger. Des moments de dévalorisation.

« J’écrivais le week-end, je me suis rendue compte que je n’arrivais pas à écrire le samedi. Je passais une journée entière sur une même phrase. Mais le dimanche, les phrases finissaient par avoir un sens et j’écrivais enfin. » 

Quand arrive la dead-line, Sophie-Anne a donné tout ce qu’elle pouvait. Physiquement, elle est fatiguée et amaigrie. Mais c’est fini. Il suffit d’un retour sur image et observer tout le chemin accompli pour être fière. Ses enfants et ses proches s’en rendent bien compte. Cette maman est formidablement courageuse et méritante.

11 ans après, reste pour elle un souvenir sportif et une pleine conscience de ses ressources.

« Ca a été bénéfique, une année qui m’a beaucoup appris. Ca m’a d’abord permis de comprendre ce qui m’intéressait dans la culture. Mais j’ai également appris qu’en persévérant, qu’en ne lâchant rien, on finit par y arriver. Quelque soit l’enjeu et le défis, il faut s’y attaquer et on se rend bien compte que la situation finit par se déboucher. Cette expérience m’a donné confiance. » 

Cette maman est un exemple de détermination et montre bien qu’avec de l’organisation et en faisant certaines concessions : être étudiante à 40ans c’est possible.

Philippine

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