L’enjeu Ecole et Cinéma

Qu’elle est la place de l’éducation dans notre société ? L’école encourage-t-elle les inégalités ? La France doit être réinventer l’éducation ? Tant de questions que se posent les politiques, en période électorale, et de français inquiets de l’avenir de leurs enfants. La publication d’étude, telle que PISA, publiée le mardi 6 décembre, rappelle les enjeux éducatifs en pointant du doigt, en France, les inégalités sociales. Si le gouvernement tente aujourd’hui, de par ses réformes, d’atténuer ces inégalités, la France possède toujours une école pensée pour une élite.

L’accès à la culture, à l’éducation aux médias et l’ouverture d’esprit est donc devenue une affaire de professeurs et d’acteurs du monde de la culture. Ensemble, depuis près de 30 ans, ils réfléchissent à un accès à la culture et à l’école pour tous. Le dispositif Ecole et Cinéma, crée par les ministères de la culture et de l’éducation, permet ainsi, de donner aux enfants, accès à des œuvres cinématographiques majeures. Tous les enfants, des quartiers défavorisés, des provinces ou handicapés ont enfin accès au 7ème Art par le biais de l’école.

Les 400 coups - François Truffaut - 1959

Les 400 coups – François Truffaut – 1959

Jackie L. était directrice de l’école maternelle de l’Estaque Gare à Marseille. Son école était la première des quartiers nord à bénéficier de ce dispositif, avec le cinéma l’Alhambra. Elle répond à nos questions :

 

Pendant combien de temps avez-vous été directrice à l’école Estaque Gare ?

Pendant 27 ans. Pratiquement toute ma carrière.

 

A partir de quand et pourquoi avoir mis en place école et cinéma dans votre école ?

Cela s’est fait dès les premières années. La fille du directeur du cinéma l’Alhambra était élève dans notre école. Après avoir sympathisé, nous avons eu l’idée de mettre en place des rencontres, des ateliers et des sorties. Au départ Jean Pierre Daniel – Le directeur du cinéma – avait pour projet de tourner et de projeter le film : La poupée Romaine, sur les jouets de l’antiquité, en lien avec une exposition contemporaine à la Vieille Charité à Marseille. Le but était de montrer ce film aux enfants handicapés de l’hôpital Nord.  De fil en aiguille on a fait intervenir le cinéma et on a emmené les élèves à des séances.

 

 

Comment avez-vous organisé ce dispositif école et cinéma ?

Au départ on a demandé aux parents de participer aux sorties et d’être les accompagnateurs. Les enfants passaient à la caisse, prenaient leur ticket et le donnaient à un membre de l’équipe du cinéma avant d’entrer dans la salle. Je me rappelle avoir vu des enfants pleurer quand on leur déchirait leur ticket.

Pourquoi les impliquer personnellement ?

Les enfants étaient de véritables spectateurs. Ils allaient au cinéma en tant de spectateurs et pas en tant que membre d’une classe. On demandait donc le silence absolu et l’interdiction de parler pendant le film pour ne pas déranger les autres et être un véritable spectateur averti et respectueux : on va au cinéma pour découvrir, voir de nouvelles choses et s’imprégner de l’ambiance d’une salle de cinéma. Je disais souvent aux parents qui contestaient les choix des films : On n’a pas besoin de l’école pour voir des Disney.

 

Quel rôle à le cinéma dans l’éducation ?

Une place aussi importante que toutes les autres formes de cultures. Le cinéma montre la pluralité, la diversité. On ne peut pas se contenter de Disney. On peut adorer Disney, ce n’est pas un problème, mais il ne faut pas voir que ça. Le cinéma permet d’élargir et donne la capacité de choisir. Il forge d’ouverture d’esprit et l’esprit critique.

 

Est-ce que vous suivez une organisation particulière ?

Oui bien sûr, d’abord il y a une pré-programmation pour les enseignants volontaires en dehors des heures de classe. On va voir plusieurs films proposés par le cinéma partenaire et par des instances. Les professeurs choisissent ensuite, après des discussions. On adapte le film à l’âge et l’analyse à la capacité du niveau de lecture.

Comment les instituteurs se préparent et préparent leur classe avant une séance ?

On prépare les classes que sur certains films. Par exemple, on avertit les enfants avec des expositions photos, avant d’aller au cinéma. On montre des photographies du film pour les préparer à ce qui pourrait leur faire peur. Mais pour certains films comme les Chaplin, on leur laisse le bonheur d’être surpris par l’histoire. Les enseignants travaillent surtout sur le film avec les enfants après la séance, avec les livrets pédagogiques. Mais ce ne sont que des pistes de lecture et de réflexion.

Enfin, pensez-vous qu’il faut sortir du cadre « classique » de l’école et du scolaire ?

Il ne faut pas dégouter les enfants, comme on a pu le faire avec la littérature, à force de décortiquer et d’analyser. On en oublie la beauté des mots et de la photo. Il faut garder la beauté du cinéma, leur donner du plaisir et leur donner envie d’y retourner. Le cinéma doit être ouvert à tous et permettre aux enfants de s’ouvrir au monde. Tous les enfants. C’est pour ça que ce genre de projet dans les quartiers populaire est primordial.

 

Pour aller plus loin : Etats généreux de la culture par Telerama :

http://www.telerama.fr/etats-genereux/le-cine-c-est-classe%2C149085.php?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1477659563

Fleurine.D

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