Shakespeare and Company ouvre son café : « What on earth could be more luxurious than a sofa, a book, and a cup of coffee ? »

Près de la cathédrale Notre-Dame, rue de la Bûcherie, la librairie anglophone Shakespeare and Company, temple atypique dédié à la littérature et à la lecture prisé aussi bien par les Parisiens que par les voyageurs, s’est dotée cet automne de son propre café, attenant à la librairie. L’occasion de se réchauffer à la fois l’esprit et le corps lors de la saison hivernale, le premier grâce à la lecture, le second grâce à une tasse de thé.

« I’ve got to get back the upstairs, and I’m going to open a literary café. Everything will be cooked under my supervision. There’s only one way to make a good lemon pie, you know. […] I’ve got to raise enough money to buy the store behind this one. Then we can knock out a wall, and the store will reach right back into the garden of Saint-Julien-le-Pauvre », déclarait George Whitman en 1969, dix-huit ans après avoir fondé la librairie anglophone Shakespeare and Company.

Désormais, c’est chose faite : si la librairie ne s’est pas transformée en café littéraire, elle s’est néanmoins dotée d’un café adjacent, dont les larges fenêtres donnent à la fois sur la cathédrale Notre-Dame et sur le jardin de l’église de Saint-Julien-le-Pauvre. Faute de nourrir les « starving writers » de Shakespeare and Company, prétendument enfermés sous une calotte de verre recouvrant ce qui semble être un puits creusé dans le sol de la librairie, vous pourrez néanmoins prétendre être des anges venus incognito, se faisant passer pour des étrangers (« Be not inhospitable to strangers lest they be angels in disguise », peut-on lire sur le chambranle d’une des portes au premier étage), et siroter un café ou un thé attablé au café de la librairie, les yeux dirigés vers la cathédrale, écoutant d’une oreille distraite quelques anglophones qui répondent au questionnaire de Marcel Proust imprimé sur les feuillets glissés sur les plateaux, le tout accompagné d’une part de cheesecake, de tarte aux noix de pécan ou de bien d’autres spécialités anglaises et américaines, qui côtoient sur la carte des « madeleines de Proust » ainsi que des bagels et des sandwichs bio réalisés par Marc Grossman.

Et, bien sûr, vous ne manquerez pas de parachever le tout avec un bon roman, déniché dans le café lui-même où l’on retrouve quelques ouvrages destinés à la vente, ou glané dans les méandres de la librairie, conçue comme une espèce de labyrinthe littéraire dont les murs sont entièrement recouverts de livres. Si vous montez au premier étage de la librairie, sorte de parenthèse hors du temps où les livres, anciens, ne sont qu’à consulter le temps d’une lecture dans le creux des banquettes et coussins installés dans des alcôves, peut-être sentirez-vous, à la fois mêlées aux effluves anciennes s’exhalant des pages jaunies et des couvertures ternies des ouvrages sous le poids desquels croulent les vieilles étagères, et entrelacées aux effluves musicales s’échappant d’un piano qui offre ses touches aux doigts des musiciens de passage, les effluves chaudes et sucrées des boissons et pâtisseries provenant du café.

Succombez à leur appel olfactif, c’est sans risque ; et peut-être pourrez-vous ainsi répondre à la neuvième question du questionnaire de Proust, « What is your idea of perfect happiness ? », par une autre question posée par Anthony Trollope : « What on earth could be more luxurious than a sofa, a book, and a cup of coffee* ? ».

* cité sur le site de Shakespeare and Company

Suzy PIAT

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