Paul Richar, SDF: « Qu’on s’occupe des gens de chez nous avant de s’occuper des autres! »

Nous savons tous la maxime de la France, liberté, égalité, fraternité. Mais pour Paul  ce ne sont que des mots volatiles comme l’air.

Arrivé en France le 9 décembre 2014 à 55 ans, après avoir été rapatrié du Cameroun à cause du conflit armé avec Boko Haram, Paul avec son âge « avancé » ne put trouver un travail. Rapatrié mais sans aucune aide et sans travail, il se trouve aujourd’hui à la rue.

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Photo par Camilla Navarro

Dû au manque d’un papier, Paul ne peux toucher ni aux aides pour la Sécurité Sociale ni au Revenu de Solidarité Active (RSA). Pour nourrir sa femme et ses enfants qui se trouvent au Cameroun il fait «  la manche », mais avec ce qu’il obtient il ne peut pas vraiment le faire. Il dit repartir en Afrique dès qu’il pourra car en France, il n’obtiendra ni travail ni d’aide pour manger ou se loger.

La seule aide qu’il obtient c’est celle des associations qui donnent « un petit café chaud, une petite soupe au soir, quelques couvertures et puis quelques habits si ils en ont », il avoue.

Le problème du logement

Selon la Fondation Abbé Pierre 3,5 millions de personnes sont mal logées dont seulement en Île-de-France, 950 000. De ceux-là 70 000 sont sans domicile dont 44% des français.

D’après une étude réalisée par l’Institut de Statistiques et d’Etudes Economiques, en début 2012 il y avait 141 500 personnes étaient sans domicile fixe incluant adultes et enfants. Des adultes,  plus de la moitié étaient des immigrants. Ces chiffres ne font qu’augmenter chaque année.

L’OCDE montre de son côté dans son dernier recensement en 2013, que le nombre d’immigrants en France était d’environ 172 000 et de même, ces chiffres ne cessent d’accroître dû aux conflits armés existants dans les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient. Lors une conférence de presse à Genève au Palais des Nations le 17 novembre dernier, la porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR)
« L’immense majorité des personnes qui viennent en Europe fuient des persécutions ou les effets mortels de conflits (…) Beaucoup fuient l’extrémisme et le terrorisme, pratiqués par le même type d’individus que ceux qui étaient liés aux attentats de Paris ».

D’autre part, au mois de novembre de cette année le secrétariat d’Etat a publié le déficit du budget de la France qu’à fin juin était de 58,5 milliards d’euros. Déjà pour l’aide au logement le budget diminue pour 2016 et des mesures ont été prises pour alléger les 400 000 euros qui y sont destinés.

Avec la quantité de personnes à loger et les problèmes budgétaires qui s’articulent, de nombreuses questions et débats apparaissent au sein de la société française. Puis encore plus après les attentats du vendredi 13 dernier. Faut-il accueillir les familles syriennes qui échappent ce même groupe terroriste ? Faut-il accueillir tant d’immigrants ? Une fois ici, quelles aides devra le gouvernement français leurs donner ? Y a-t-il les ressources nécessaires pour tous les aider ?

« Quand je vois qu’on donne 400 logements a des gens à Calais qui ne sont pas français du tout qui demandent l’asile politique et nous français qui avons 23 de cotisation en France et qu’on me laisse sous un pont à dormir dans le froid, eh bein… ce n’est pas du racisme c’est la réalité. Je ne suis pas raciste du tout, mais ça me rends malade. Je n’ai pas après eux, mais après l’Etat », explique Paul.

La chargée de presse de la Croix Rouge, Céline Mercier de son côté affirme que « Tous ceux que l’Etat n’aide pas, c’est nous qui aidons ».

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Photo par Rémy Henniel

En septembre, la Mairie de Paris a ouvert 10 nouveaux centres d’hébergement, ceux-ci destinés exclusivement aux immigrants. Déjà Paul nous avertit que « les français sont comptés avec les doigts de la main » lors d’être hébergés dans les foyers normaux. Il y en a (des immigrants) qui sont hébergés tous les jours, nous c’est une nuit de temps en temps. Et puis on arrive à un âge où on a besoin de plus d’une nuit la semaine, maintenant je n’y vais même pas. », conclut-il.

Article par Camilla Navarro

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Une réflexion sur “Paul Richar, SDF: « Qu’on s’occupe des gens de chez nous avant de s’occuper des autres! »

  1. Un sujet intéressant et difficile, mais bien traité. Je dirais qu’il faut juste réorganiser le « news » afin de nous préciser plus tôt dans l’article pourquoi on parle de ce monsieur maintenant (la question du budget ? Des nouveaux logements ? C’est quoi la nouveauté pour votre article ?). Sinon c’est bien écrit et facile à suivre, avec une bonne source. Précisez juste le « news » et ce sera encore plus clair. Et attention de ne pas reprendre le chapo dans le texte (sauf si on le met à part). -BP

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