Les prostituées mises à nu.

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Musée d’Orsay – http://www.escapade-paris.fr

 

Jeune et jolie (François Ozon, 2013), Tout sur ma mère (Pedro Almodovar, 1999), ou encore Roxanne (The Police, 1978): dans une société où la notion de genre fait débat, la prostitution, dans un premier temps surtout féminine, s’inscrit dans une logique de représentation(s), et a gagné en présence dans les différents domaines artistiques. Le Musée d’Orsay n’a pas échappé à la tendance. L’exposition Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850 – 1910 proposée par le Musée d’Orsay a débuté le 22 septembre dernier, et est la première exposition de cette ampleur consacrée à la prostitution. L’exposition Masculin/Masculin. L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours (Musée d’Orsay, 24 septembre 2013 – 12 janvier 2014) avait déjà intrigué, recevant un chaleureux accueil de la part d’un large public.
L’exposition se divise en quinze salles, et offre un vaste échantillon des représentations de la prostitution féminine de 1850 à 1910. Chaque salle rassemble différentes œuvres mettant en scène des prostituées, et ce, principalement à travers la peinture, mais aussi grâce aux sculptures, aux photographies, aux saynètes, ou encore à certains objets d’époque, qui montrent comment les artistes ont mis en images ces femmes ; l’exposition amène une lecture chronologique du statut de la prostituée. Ainsi, dans un premier temps, le public apprend que les prostituées, dont l’activité était interdite, évoluaient dans une ambiguïté savamment travaillée. Installées aux terrasses de cafés (leur permettant d’être visibles auprès des clients du même café, mais aussi auprès des passants), ces dernières adoptaient des attitudes discrètes mais aguicheuses, afin de séduire des hommes riches pouvant les entretenir. Henri de Toulouse-Lautrec ou encore Edouard Manet en ont laissé une trace plastique incontournable.
Ensuite, alors que la photographie est inventée, permettant ainsi la réalisation de mises en scène du bordel, des maladies sexuellement transmissibles telles que la syphilis apparaissent. La surveillance de la police s’accroît, des contrôles concernant l’hygiène des prostituées se mettent en place et nombre de ces dernières sont incarcérées à la prison de Saint Lazare. Cette surveillance dont les courtisanes deviennent l’objet, amplifie leur sensation de marginalisation. Puis, dans l’imaginaire collectif apparaît la figure de la prostituée comme une puissance menaçante, une vile tentatrice à laquelle les hommes ne peuvent résister. Enfin, Pablo Picasso, Kees Van Dongen, ou encore Frantisek Kupka, nous proposent une nouvelle façon d’aborder la prostitution, en faisant de la femme un sujet que l’on peut transformer et déformer à sa guise; monstrueuse, imposante…la prostituée s’affirme comme étant un vaste terrain de jeux pour les artistes.
Parmi ces nombreuses salles, deux s’adressent à un public averti, dont le contenu est réservé aux  plus de dix-huit ans. Derrière de grands rideaux, à l’abri des regards, les spectateurs peuvent visionner des courts-métrages et photographies qui abordent davantage l’explicite. La pornographie émerge alors, puisqu’aucun détail de l’intimité n’est caché aux yeux du public, illustrée au moyen de scenarii peu complexes, mais aboutissant sur ledit sujet.

Quand, pour une partie des spectateurs, cette exposition est «  choquante » pour ses contenus jugés « crus », d’autres portent un regard curieux sur ces œuvres d’un autre temps, pourtant si contemporaines, et manifestent une grande soif de découvrir et d’apprendre sur une thématique commune à toutes les sociétés.

Ainsi, la plus grande partie du public s’estime satisfaite de la densité et de la qualité de l’exposition, tout en appréciant le traitement d’un sujet d’actualité à travers une autre époque. L’idéal vers lequel tend le Musée d’Orsay est ici d’intriguer, d’intéresser, et de proposer une lecture artistique de l’histoire (principalement parisienne). « Je n’ai plus l’âge d’être choqué ! », s’exclame joyeusement un spectateur. Pari réussi, donc, puisque grâce à une programmation osée, le Musée d’Orsay, d’où ressort un public majoritairement ravi, officie comme un agitateur d’idées, et montre le signe d’une ouverture d’esprit, ainsi que d’une forme de lucidité sur un sujet qui demeure tabou dans certaines sociétés. Cette exposition permet à Paris de conserver l’image d’une ville où tout peut se dire, tout peut se montrer, accomplissant son devoir culturel : celui de susciter de multiples réactions.

Article rédigé par Vivienne HENRY.

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Une réflexion sur “Les prostituées mises à nu.

  1. Globalement très bien écrit et un sujet bien traité. L’attaque marche bien dans cet exemple, à mon avis. Pas de souci énorme. Quelques détails supplémentaires peuvent nous aider – la fin de l’expo c’est quand, d’où viennent les œuvres dans l’expo, quel était le public « type » quand vous étiez là… ? Il faut surtout organiser le texte en paragraphes plus petits parce que le bloc de texte n’est pas agréable à lire. Je vous que vous avez cité quelqu’un qui a visité l’expo mais c’est un peu léger et la citation n’apporte pas grande chose….juste une remarque, mais c’est à améliorer si possible. -BP

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