Montlhéry, un peu d’air

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Comment ne pas être fatigué de ces destinations pleines de fureur jeuniste, qui soumettent leurs malheureux touristes à des impératifs de clubbing, de shopping, de fooding et d’instragaming permanent ? A bas les capitales bruyantes, les banlieues renferment des trésors et Montlhéry en est.

Une ville d’histoire

Les rétines brûlées par la lumière électrique, le nez calciné d’innombrables remugles, les tympans chargés de pollution, la bouche encore amère des restaurants surgelés : le furieux Paris prend la tête par toutes ses portes. La ville de Dieu est souvent une grosse déception pour les touristes, par nature naïfs, venus trouver les trésors romantiques et raffinés qu’on leur avait méchamment promis. On dit partout que le charme parisien s’évente ; heureusement qu’il reste le charme banlieusard.

A quinze minutes de la porte d’Italie, les artères haussmanniennes de la capitale et les immeubles gris de la petite couronne sont loin. Montlhéry est là, en Essonne. Les historiens connaissent bien cette ville de 7 000 habitants, peuplée depuis le VIIIème Siècle ; sa célèbre tour, classée monument historique, est le vestige bientôt millénaire d’un château dans lequel séjournèrent Louis VII, Henri IV et Jean Sans Peur. Par temps clair, on peut voir Paris de son sommet.

Le pied de la tour, comme il est appelé dans les environs, est une colline trop abrupte et boisée pour être intégralement constructible. Ses chemins de terre sont difficilement praticables, rythmés de racines et de marches moussues ; sur leurs bords, on croise d’étranges rochers plats. On s’y assoit toujours, on y pique-nique, on regarde passer les promeneurs. Quand l’été est lourd, le bois de la tour et sa fraîcheur chargée d’humidité se prêtent parfaitement aux longues balades.

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Les rues pavées du centre-ville s’écoulent autour du bois, silencieuses. Les racines médiévales de la ville y affleurent : accolé à l’Église Sainte-Trinité, la porte et le linteau gravé d’un hôtel-Dieu construit au Xème Siècle. L’une des artères principales de la ville glisse entre les pieds de la lourde Porte Baudry, vestige des fortifications qui délimitèrent jadis Montlhéry. De bien beaux restes qui auront tôt fait d’ennuyer le touriste comme ils ennuient l’autochtone.

Heureusement, il n’y a pas que de jolis cailloux médiévaux à Montlhéry. La ville abrite également l’autodrome, le premier circuit routier à avoir vu le jour en France. Construit en 1924, cet anneau d’asphalte a enregistré des centaines de records de vitesse au cours de ses 90 années d’existence. Aujourd’hui, les courses et les parades automobiles de l’autodrome sont un passage obligé pour les amateurs de sport motorisés ; aux beaux jours, il n’est pas rare de croiser des touristes allemands, italiens et anglais dans ses gradins.

Posé au calme

On est touriste au moins autant par le ventre que par la tête. Par chance, du côté de la place du marché de Montlhéry, on mange et on boit bien. Pour une trentaine d’euros, la carte à la fois classique et surprenante de La Charrette – jarret de porc braisé à la fleur de bière et miel d’épices, saumon cru et tomates confites au citron vert –, encensée par le Gault & Millau, vous satisfera à coup sûr.

A quelques pas de là, le Choko’s remplit les verres des figures locales et des inconnus avec la même générosité. En salle ou en terrasse, les rhums du patron ne vous coûteront que trois petits euros. On y rougit rapidement des oreilles. Toutefois, nous ne serions que trop vous déconseiller de manger sur place, à moins que vous ne cultiviez ce goût si parisien des plats onéreux et mal décongelés.

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Les jambes engourdies par votre périple, l’estomac lourd et les joues chaudes, vous pourrez alors passer le portail du parc de la souche. Assis sur un banc, les yeux posés sur la mairie, captivé par les fontaines et les massifs de roses, vous aurez alors une pensée émue pour le chaos de la capitale. Mais pas de regrets.

 Sébastien Wesolowski

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Une réflexion sur “Montlhéry, un peu d’air

  1. Ici on a un article bien écrit et organisé. L’angle « un peu d’air 15 minutes de Paris » marche bien, donc c’est bien cohérent. Il faut toutefois faire attention d’ajouter la source de votre photo ainsi que la publication envisagée pour cet article. Pour rendre l’article encore plus professionnel, pensons à ajouter une citation ou deux d’un artisan, commerçant, citoyen, ou quelqu’un d’autre qui vit/travaille sur place. C’est ça qui va aider à distinguer votre article des autres au même sujet. -BP

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