L’Amérique en noir et blanc

Là des foules dans des avenues et des personnes flânant sur un trottoir, ici un rassemblement à Central Park ou encore une fête en l’honneur de JFK… Voici quelques-uns des sujets que l’on peut trouver en ce moment exposés au Jeu de Paume à Paris. Sujets privilégiés de Garry Winogrand (1928-1989), photographe new-yorkais de naissance, qui a sillonné le Etats-Unis après la fin de la deuxième guerre pour capter, entre grands événements et détails intimes, ce qu’était la vie des américains à cette époque.

Jamais encore une exposition n’avait fait le travail de proposer une vue d’ensemble de l’œuvre de ce photographe et pour cause : Garry Winogrand n’était pas connu pour apprécier exposer ses photographies. Peu intéressé par la renommée et foudroyé par un cancer à l’âge de 61 ans, Winogrand a laissé derrière lui quelque 6 500 bobines, soit 250 000 images, totalement inédites et pour la plupart non classées. C’est un travail de tri et de sélection qu’ont d’abord dû faire Leo Rubinfien, Erin O’Toole et Sarah Greenough, les commissaires de cette exposition. Avec l’accord de la famille de l’artiste, ils ont choisi d’exposer des tirages d’époque ainsi que des clichés tirés tout spécialement pour cette exposition. Un tiers des œuvres présentent au Jeu de Paume le sont pour la première fois et un petit nombre d’entre elles n’ont même jamais été vues par l’artiste.

Ces tirages transmettent l’ambiance qu’il y avait aux Etats-Unis pendant leur période la plus animée. La joie et l’exubérance dues à la fin de la guerre mondiale (début de l’exposition) y côtoient habillement la désillusion, la tristesse et même parfois la peur qu’a pu engendrer le conflit avec le Viêtnam (fin de la visite). Sans pour autant tomber dans la dénonciation, le photographe s’applique à faire entrer dans ses clichés des détails qui évoquent cette guerre qui a tant marqué la population américaine.

Garry Winogrand, vers 1962 - tirage numérique posthume d'après négatif d'époque.

Garry Winogrand, vers 1962 – tirage numérique posthume d’après négatif d’époque.

Le visiteur suit cette évolution qui est découpée en trois parties : « Du Bronx à Manhattan » présente des photographies prises à New-York de 1950 à 1971 ; « C’est l’Amérique que j’étudie » présente, sur la même période, des œuvres prises pour l’essentiel hors de New-York ; et enfin « Splendeur et déclin » couvre le travail de l’artiste après 1970, quand il décide de quitter New-York.

« Photographe de la rue », Winogrand se balade et capte des scènes de Manhattan à Santa Maria. L’artiste a dit lui-même que « parfois, c’est comme si […] le monde entier était une scène pour laquelle [il avait] acheté un billet». Les scènes que l’on peut voir sur ses clichés (parades, meeting, scènes de rue, fêtes,…) semblent être prises à la volée, observées à la dérobée et capturées par un artiste qui aimait vraisemblablement prendre la vie « sur le fait ». Il saisit des instants (postures, regards, détails, expressions) qui n’existaient pas l’instant avant qu’il ne déclenche son appareil et qui étaient vouées à disparaître l’instant qui suivait.

Loin de la photographie reportage, c’est un témoignage original et plein de vie que Garry Winogrand a laissé de cette période si emblématique de l’histoire des Etats-Unis et qu’il est encore possible d’aller voir jusqu’au 8 février 2015.

Vanille LAMON

Jeu de Paume
1, place de la Concorde – Paris 8
M°Concorde
Mardi (nocturne) : 11h-21h
Mercerdi-dimanche : 11h- 19h
Fermeture le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier
Plein tarif : 10€ / tarif réduit : 7.50€

Source photo : dossier de presse de l’exposition.

Publications : Télérama +Sortir, pages art /pages culture d’un magasine féminin comme Elle ou Madame Figaro. 

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Une réflexion sur “L’Amérique en noir et blanc

  1. e sujet me convient – donc aucun souci à cette question. Mais on manque une source. On balade bien avec vous dans l’expo, mais c’est quoi qui distingue cet article d’un dossier de presse ? On n’a pas de source, une voix humaine qui rend cet article unique. Quand vous avez dit que vous êtes allée à l’expo, j’ai pensé que vous alliez parler avec des gens sur place, non ? Donc il faut penser comment ajouter une source maintenant…Sinon c’est bien écrit et j’aime l’attaque. Une meilleure note vous attend si vous pouvez introduire des sources originales…-BP

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