Le métier de tailleur de pierre chez les jeunes

« Maman, plus tard je voudrais devenir tailleur de pierre ». Voilà un projet peu courant. Pourtant, selon Florence Villarecci, une gérante de marbrerie de 53 ans, depuis 2 ans le secteur de l’artisanat semble retrouver un souffle de jeunesse.photo outils marbrerie

    En effet, cette année, elle a reçu quatre demandes d’alternance dans sa marbrerie sans avoir publié d’annonces. Là où auparavant elle devait chercher pour trouver des apprentis, cette fois-ci elle a dû refuser des candidatures. Pour cette entrepreneuse, les jeunes représentent l’avenir et il est très important de pouvoir les former. De plus, avec l’évolution des machines, il est plus facile de former directement des apprentis que de payer des formations pour les anciens salariés, pour qui, il n’est pas toujours facile de travailler avec de nouvelles technologies.

    Malgré ce regain d’intérêt pour l’artisanat, Florence Villarecci déplore encore le manque d’écoles et d’informations dans son secteur. Aujourd’hui, à moins d’être déjà dans une filière technologique, on entend très peu parler des différents métiers de l’artisanat et donc de la marbrerie. La CMA (chambre des métiers de l’artisanat) cherche à promouvoir ce secteur en organisant de plus en plus de salon comme les « Biennales Européenne artisanat » qui s’est déroulé à Lyon du 20 au 23 novembre 2014, mais il manque encore des structures de formation. En Ile de France, il n’y a que les Compagnons du Devoir qui proposent des formations de tailleurs de pierre, les autres écoles, les plus proches de Paris se situent en Bretagne ou en Alsace.

    Pour Cindy Nicoleau, 24 ans, actuellement en apprentissage dans la marbrerie de Mme Villarecci il fut effectivement très difficile de trouver une école. Les Compagnons du Devoir ne prenant que les étudiants de moins de 21 ans, il était impossible pour elle d’y entrer à moins de trouver un contrat de professionnalisation. Mais selon elle, très peu d’entreprises recrutent via ce contrat. Cindy avait donc trouvée trois entreprises prêtes à la prendre en apprentissage, alors qu’elle n’avait pas encore trouvée d’école. Elle l’a finalement trouvée en Alsace. Cependant, pour cette étudiante parisienne cela représente un vrai défi. Son emploi du temps se compose de deux semaines dans la Marbrerie Villa Recci à Morsang-sur-Orge (91) et une semaine dans son école en Alsace. Elle doit donc payer le loyer de son appartement à Paris et le transport pour se rendre à son entreprise ainsi que les longs trajets pour aller en Alsace sans oublier le logement sur place.

Même si son entreprise l’aide pour les frais de transports les fins de mois sont difficiles pour une jeune femme de son âge.

    Au-delà des difficultés financières et logistiques, son choix de métier fut loin de faire l’unanimité dans sa famille. Elle nous explique que si les métiers de l’artisanat ont eu aussi peu de succès depuis plusieurs années c’est en partie à cause de l’image qu’ils véhiculaient. Pour son entourage, les métiers de l’artisanat seraient encore perçus comme des « filières poubelles faites pour les jeunes incapables de poursuivre leur cursus dans l’enseignement supérieur ».

    Cela ne l’a pas découragée et malgré les difficultés et elle est convaincue que sa formation est une réelle opportunité. Son apprentissage lui permet de gagner en autonomie grâce à une rémunération et une expérience acquise rapidement. Même si l’école fut difficile à trouver, les places ne manquent pas car sa classe ne comporte que deux personnes au total. Les entreprises de la taille des pierres et la marbrerie recrutent sans expérience alors que dans d’autres secteurs il est souvent demandé d’avoir une première expérience du métier. Enfin, d’après les anciennes expériences de cette étudiante il est plus facile d’être embauché à la suite d’un apprentissage dans le secteur de l’artisanat que dans d’autres corps de métiers où les stages et les alternances n’aboutissent pas toujours à une offre d’emploi.

    Malgré, un manque d’écoles et certaines mauvaises opinions sur le secteur, les métiers de l’artisanat semblent retrouver une place dans le cœur des jeunes français.

Stéphanie Galindo

Publication possible dans « Métro » ou « 20 minutes »

Source photo : Stéphanie Galindo

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Une réflexion sur “Le métier de tailleur de pierre chez les jeunes

  1. Bien fait. Vous avez bien incorporé un peu de news donc c’est très cohérent et encore plus intéressant. N’oubliez pas votre chapo sur la page d’accueil qui se diffère de votre attaque ! Et quelques paragraphes sont un peu longes, donc vous pourriez les séparez si possible. Sinon, bien écrit, bien recherché, et bien organisé.-BP

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