SOLICARE, une association d’étudiants qui vient en aide aux jeunes népalais

Sans titre

Chloé

               Un peu gênée, Chloé commence par m’expliquer qu’elle est ravie de me parler de son expérience, tout en insistant sur le fait que cela n’a rien d’extraordinaire. Chloé, étudiante en troisième année de droit à l’université de Versailles Saint-Quentin, espère devenir un jour avocate en responsabilité médicale ou directrice d’hôpital. Intriguée par cet attrait pour le milieu soignant, elle m’explique que dans sa famille, tout le monde ou presque fait parti du corps médical. Durant son enfance, Chloé a vécu avec de petits enfants africains venus se faire opérer en France, recueillis par ses parents. Confrontée très jeune à la misère, elle m’explique avoir rapidement eu un sentiment de devoir envers les plus défavorisés : « A 12 ans, alors que j’étais au Sénégal, je suis allée dans des villages très pauvres et perdus, loin de tout, avec mes parents pour apporter de la nourriture, du matériel scolaire et des jeux pour les enfants. A 15 ans, en allant voir ma sœur ainée, qui est cancérologue et travaillait dans un hôpital au Cambodge j’ai pu tenter d’apporter mon aide également.  Une de mes autres sœurs alors étudiante en médecine est également allée travailler  dans cet hôpital quelques années après. Mes deux sœurs ainées ont passé deux mois dans un orphelinat en Inde il y a quelques années et ma mère m’a toujours poussée à amener dans mes valises de petits objets que je pourrai donner ensuite. Je pense donc que l’humanitaire, sans être une vocation, est tout de même ancré dans ma famille. »

L’atmosphère semble se détendre, surtout lorsque j’engage la conversation sur le Népal. Chloé m’explique que sa passion ne se limite pas au Népal, mais à l’Asie de manière générale. En fait, me raconte Chloé, « j’ai eu la chance de beaucoup voyager avec mes parents depuis que je suis toute petite ; j’avais six jours lors de mon premier voyage ; et je suis devenue très attachée à l’Asie, sûrement car c’est le continent que je connais le mieux, mais aussi parce que c’est un continent très riche humainement et culturellement ». C’est en parti cet engouement qui a déterminé le lieu de la première mission humanitaire de Chloé, mais pas seulement : « De plus, en faisant nos recherches pour trouver une association avec laquelle partir et un pays qui aurait besoin de notre aide nous nous sommes rendus compte que le Népal est un pays où les associations humanitaires sont nombreuses,beaucoup d’enfants sont abandonnés par leurs parents et ne reçoivent aucune éducation scolaire ». Après quelques secondes où je sens Chloé pensive, elle me raconte que d’ailleurs, cet engouement pour le Népal n’a pas toujours été simple à gérer au sein des membres de SOLICARE. Romain, l’un des trois membres, étudiant en géographie à la Sorbonne, aurait plutôt souhaité partir vers le Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite. C’est ainsi que nous en venons, dorénavant détendues et libérées des gênes des débuts, à parler de l’association elle-même.

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Romain, Chloé, Axel

            Chloé et son équipe profiteront de leurs vacances universitaires, cet été, pour venir en aide, pendant un peu plus d’un mois, aux jeunes népalais. Pour monter une association, trois personnes doivent au minimum s’associer. C’est ainsi que Chloé (désignée comme secrétaire), s’est liée avec deux autres étudiants, Axel, le président, et Romain, le trésorier. Chloé m’explique avoir eu d’abord besoin de rechercher une association afin de les parrainer, et s’est ensuite tournée vers une petite structure, afin de pouvoir réellement se rendre utile : « S’il a été relativement simple de trouver une association avec laquelle partir, nous en recherchions cependant une à taille humaine, qui ne soit pas simplement une usine à bénévoles, car nous nous accordions énormément d’importance aux relations humaines, tant au sein de l’équipe qu’une fois sur place ! » C’est avec ce double objectif que les trois étudiants ont rencontré les dirigeants de l’APEK (Association Pour les Enfants de Katmandou), structure restée modeste bien qu’ancienne. En fait me précise Chloé, « Bien que nous partions dans le cadre de l’APEK, nous avons crée  notre propre association SOLICARE. Etre associé à l’APEK facilite les démarches administratives. En plus, un potentiel donneur de fonds sera plus apte à donner de l’argent à une association qu’à trois étudiants ! ». Les démarches de financement s’effectuent auprès des mairies, des universités, du conseil général de différentes communes. Mais Chloé m’explique, en rigolant, que tous les dons, peu importe leur origine, sont les bienvenus !

« J’ai été confrontée très tôt à la pauvreté de certains pays et la détresse de certaines personnes, je ne peux donc pas faire comme si tout allait bien, alors que je peux apporter mon aide à des gens qui en ont besoin ».

la maison

La maison de Katmandou

            Puis, Chloé, me raconte que les 28 garçons et 10 filles, entre 12 et 18 ans, qu’elle va essayer d’aider ont été abandonnés et recueillis par les services sociaux népalais. Sur place, pendant que les enfants seront à l’école, elle tentera, avec son équipe, de reconstruire leur environnement quotidien, afin de le rendre plus agréable, et quand ils sortiront de l’école, le contact sera plus direct : aide scolaire, divertissements, mise en place de jeux pour favoriser la cohésion. Le week-end des sorties sont organisées : « Nous irons faire un week-end de trek avec les 12-14 ans et un autre avec les 15-18 ans. Les membres de l’APEK ont insisté sur le fait que les enfants n’ont jamais vu la mer ni la neige. Nous essaierons évidemment de remédier à cela ! ». Me sentant stupéfaite, Chloé m’explique que « le système des castes est très présent et rend difficile la construction de l’avenir pour ces enfants, abandonnés. L’APEK tente de recueillir les enfants le plus tôt possible, afin qu’ils passent le moins de temps possible dans la rue, car cela peut avoir des conséquences physiques et psychiques irrémédiables. Seulement, si les loger et les éduquer font déjà beaucoup, leur offrir la possibilité d’élargir leur culture peu contribuer aussi à leur offrir un avenir meilleur ». Chloé, me voyant tellement fascinée par le courage et l’entrain de cette femme si jeune, termine notre rencontre, me disant, sourire aux lèvres : « Mais tu sais, je suis certaine que finalement, ce sont eux qui vont nous apporter plus que nous ! »

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Jennyfer Sensiau

Photos proposées par Chloé Botti elle-même, et prises avec autorisation sur le site Internet de l’APEK

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