LES ROHINGYAS – LE COURAGE D’UN PEUPLE EN BIRMANIE

Camp de réfugiés près de Sittwe

Photo Thomas B.*

Quel espoir pour ce peuple déraciné ?

Un an et demi après le début du conflit opposant les communautés musulmanes aux communautés bouddhistes, les événements récents ne laissent guère présager une amélioration de la situation. En effet, le 14 janvier dernier, selon un communiqué de l’AFP, de nouveaux affrontements dans l’état du Rakhine ont secoué le peuple des Rohingyas, faisant une cinquantaine de victimes dont des femmes et des enfants.

Ce retour de violences survient après les événements du mois de juin et d’octobre 2012 au cours desquels 250 personnes avaient été tuées. Des incendies ayant détruit leurs habitations, plus de 140 000 personnes à forte majorité musulmane avaient dû fuir, abandonnant leurs maisons. Chassés hors des villages par les bouddhistes, les Rohingyas ont trouvé refuge dans des zones rurales à l’ouest du pays.

Privés de liberté, de droits civiques, rejetés par la communauté bouddhiste Birmane qui les considère comme des immigrés du Bangladesh, les Rohingyas s’efforcent de survivre depuis plus d’un an maintenant avec l’aide d’organisations humanitaires. Soucieuses de sensibiliser l’opinion, celles-ci multiplient leurs campagnes d’informations comme l’illustre la démarche d’une photojournaliste auprès de Solidarités International auteur de l’exposition photo « l’Impasse Birmane» dans la mairie du 4ème arrondissement (24 janvier- 8 février). Constance Decorde a tenu à nous faire partager la détresse, le courage et la beauté de ce peuple. On y voit des familles entassées dans des abris de fortune, des visages tristes, souvent résignés. Sous chaque photo, on peut lire le témoignage de la personne photographiée, en voici des extraits :

MOHAMAD Ali, 43 ans

« Les habitants de notre village ont été séparés en groupes. C’était en juin 2012. On nous a tiré dessus. On a mis le feu à notre maison, c’était le chaos….depuis je fais des cauchemars ( …) J’étais ingénieur dans une compagnie de construction. Je veux y retravailler, gagner ma vie pour pouvoir nourrir ma famille… »

Daw MLA HLA May, 40 ans, 4 filles

« Mon mari a été tué. La maison a brûlé, nous avons fui, nous n’avons même pas eu le temps d’enterrer nos morts…Cela fait six mois que je vis seule avec mes filles, nous ne pouvons pas travailler, nous n’avons pas assez de nourriture, pas d’argent, nulle part à aller, plus de chez nous… »

Présent à l’exposition, à peine rentré de Birmanie où il a effectué une mission humanitaire de sept mois dans les camps de réfugiés Rohingyas, Thomas B.*, spécialisé en hygiène et assainissement a bien voulu répondre à quelques questions dont voici un extrait :

Comment expliquez-vous cet acharnement contre les Rohingyas alors que la Birmanie a amorcé des réformes en faveur d’un régime démocratique depuis 2011 ?

« Il est vrai que la Birmanie ouvre ses frontières devenant une destination prisée des « Bag-packers »,  et qu’elle commence à accueillir des investisseurs étrangers, mais le poids des décennies de dictature se fait encore sentir. La pauvreté, le faible accès à l’éducation rendent la population perméable à la propagande du gouvernement Birman qui tend à diviser les ethnies entre-elles et à pointer du doigt les musulmans comme la cause de tous leurs problèmes. »

Sur quoi se fondent les espoirs des Rohingyas ?

«Malheureusement, la situation se détériore de jour en jour, poussant les Rohingyas à fuir. Dans leur désarroi, ils n’hésitent pas à monter sur des embarcations de fortune au péril de leur vie pour la Thaïlande ou la Malaysie au risque d’être exploités à leur arrivée. »

Selon vous qu’elle serait la meilleure solution à adopter pour résoudre le conflit actuel ?

« A court terme, une forte croissance économique grâce à des investissements massifs dans les régions les plus déshéritées comme celle du Rakhine pourrait favoriser l’intégration des Rohingyas, dont le savoir-faire est reconnu, en faisant d’eux les acteurs indispensables au développement du pays. A long terme, une amélioration significative du niveau d’éducation du peuple Birman pourrait mettre un terme aux discriminations entre les ethnies et apporter un début de paix.»

L’avenir seul dira si cette perspective se réalise.

Anne Labatut

Camp de réfugiés dans l'état Rakhine

Emeutes dans l’état Rakhine

Parution : Courrier International

Sources

Communiqué AFP / 24 janvier 2014

The guardian.com Friday 24 January 2014

Journal « The Hindu » 20 November 2013

Exposition Photos « Solidarités international » à Paris (Mairie du 4ème)

Témoignage  et photos de Thomas B.* (il a préféré garder l’anonymat)

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Une réflexion sur “LES ROHINGYAS – LE COURAGE D’UN PEUPLE EN BIRMANIE

  1. Très très intéressant comme article! Au niveau de reportage, il ne nous manque rien. Il faut juste réorganiser l’article un peu afin que tout soit cohérent et fluide. On commence avec le « hard news » et puis on passe aux citations dans l’expo puis aux questions/réponses avec votre source. Je pense qu’il faut tout intégrer dans un article, sans des questions/réponses. Il n’y a pas grande chose à changer, juste une re-organisation de paragraphes peut-etre.. -BP

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