Rencontre avec l’artiste qui a redonné vie à la plus grande figure du cinéma burlesque

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« If one kid watches a Buster Keaton film after reading my book, I will feel like my job is done. »

Bluffton, my summers with Buster. Dans ce roman graphique pour enfants, un garçon nommé Henry rencontre un jeune Buster Keaton âgé de dix ans qui voyage avec la troupe de vaudeville dont il fait partie avec ses parents. De là naît une amitié qui durera de nombreux été mais ne sera pas toujours rose. Pour les adultes, il s’agit aussi d’une biographie posthume, illustrée et romancée de l’enfance d’un génie du cinéma. Bluffton est donc un livre à destination des jeunes lecteurs qui ne manquera pas de leur donner envie de découvrir un cinéma de cent ans leur aîné.

Après The Storm In The Barn et Around The World, Bluffton est la troisième publication de l’auteur et illustrateur Matt Phelan. L’interview que nous avons fait de lui est l’occasion d’apprendre à le connaître et de découvrir son travail.

Bluffton nous présente donc un jeune Buster Keaton, dans un endroit qui existe et dans des situations qui ont eu lieu, mais il ne s’agissait pas ici pour Matt Phelan seulement d’illustrer une biographie. « Cela faisait des années que j’essayais de raconter l’histoire  du point de vue de Buster, mais ça ne marchait tout simplement pas. ». Phelan a donc construit autour d’éléments biographiques une histoire universelle, ce qui était nécessaire selon lui. « Bluffton était un livre à l’origine sur Buster Keaton mais c’est devenu un livre sur beaucoup d’autres choses: l’amitié, l’envie, la célébrité, l’été, et la construction de soi. ». C’est le personnage de Henry, un enfant qui habite toute l’année dans la petite ville de Bluffton qui a rendu selon l’auteur l’histoire cohérente. Un personnage qui est, dans une moindre mesure, inspiré de lui même: « Je m’identifie totalement à Henry. ça a été un personnage très facile à écrire, tout ce que j’avais à faire était d’imaginer comment j’aurais réagis si j’avais rencontré Buster Keaton à 11 ans. Il me ressemble même un peu physiquement. » . En s’identifiant à son personnage, Phelan assure à ses jeunes lecteurs qu’ils pourront faire de même.

L’enjeu de l’histoire reste ces étés avec Buster. Pour dépeindre le personnage de manière fidèle, l’illustrateur s’est aidé de plusieurs sources. La plus part des anecdotes sont tirées de l’autobiographie My Wonderful World of Slapstick, elles sont donc toutes véridiques. En plus de cet ouvrage, Phelan, en grand fan du travail de Keaton a lu et regardé tout ce qui existait à son sujet, autant qu’il a pu. Son dévouement est tel qu’il nous dit garder une cassette du documentaire Buster Keaton: A Hard Act To Follow, qu’on peut aujourd’hui trouver sur Youtube, mais Phelan note, justement, « Je ne peux pas être totalement sûr qu’il sera TOUJOURS en ligne ». De plus, l’illustrateur a longtemps eu envie de publier un tel livre: « Bluffton est une histoire que j’éssayais d’écrire depuis des années et des années », il a donc eu le temps de se pencher sur la recherche autant que sur la qualité de l’histoire racontée. Il est important, lorsque l’on tient ce genre d’ouvrage entre les mains, de savoir qu’il a été rédigé par un fan, et c’est clairement le cas de Bluffton, le respect de la mémoire de Buster Keaton et l’affection pour son travail se font clairement sentir d’un bout à l’autre de la lecture.

Il est intéressant de noter que Bluffton est un roman graphique, medium culturel aujourd’hui à son apogée, et qu’il raconte l’histoire d’une des plus grandes figures du cinéma muet, medium qui lui est mort. Ce décalage entre le sujet et le support permet d’attirer via l’un l’attention sur l’autre, et particulièrement l’attention d’un jeune public. Matt Phelan nous raconte que c’est autour de l’âge de 5 ans qu’il a commencé à être fasciné par Buster Keaton. Et si son livre déclenchait chez ses jeunes lecteurs la même curiosité ? C’est éspéré, car comme il le souligne, « J’ai conscience du fait que Buster et même Chaplin disparaîssent du paysage public à une vitesse alarmante. Buster Keaton était un vrai artiste, et je pense qu’il est important de le garder vivant dans l’ésprit des nouvelles générations. » il ajoute « Si un seul enfant regarde un film de Buster Keaton après avoir lu mon livre, j’aurais l’impression d’avoir fait mon travail correctement. »

Dans son autobiographie, Buster Keaton dit être reconnaissant qu’en 1982 le monde se souvienne encore de lui, « a little man with a frozen face ». Le travail de Matt Phelan sur Bluffton nous montre qu’aujourd’hui, presque 90 ans après la sortie de The General au cinéma, le monde est toujours reconnaissant.

Myriam Le Cloarec

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source photo: http://mattphelan.comtts

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Une réflexion sur “Rencontre avec l’artiste qui a redonné vie à la plus grande figure du cinéma burlesque

  1. Il faut éviter le question-réponse pour cette exercice; allez voir les portraits et les profils de vos collègues afin de comprendre comment intégrer les réponses de ce monsieur dans un article…mais sinon le reportage est bon! – BP

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